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fère de l'œuvre de la veille. Il apaise les passions et les faiblesses humaines, et il compte avec elles, quand il le faut, pour les faire servir au triomphe final de la vérité et à la grandeur de l'Eglise. Il voit autour de lui des gouvernements dont le plus long ev le plus solide épuisera à peine quelques siècles. L'Eglise est en rapport avec eux et s'efforce de vivre en paix avec tous ceux qui respectent son droit. Elle s'intéresse à eux et elle les aide, parce que rien de ce qui intéresse la civilisation ne lui est étranger. Mais elle ne s’inféode à aucune cause politique particulière, parce que la politique est changeante et que l'Eglise est immuable.
L'Eglise est la plus grande force conservat ice de ce monde, et tout naturellement elle est sympathique à la stabilité des empires qui est un des éléments de la paix sociale. Elle aime tout ce qui aspire au bien et à la durée. Mais elle refuse de s'associer à ces politiques à la vue courte qui aiment à se figurer que telle ou telle forme politique est seule compatible avec l'Eglise, et à ces esprits absolus qui confondent la politique avec le dogme. Elle a vu passer beaucoup de ces formes politiques qu’on eût été tenté de croire nécessaires, et elle a poursuivi son cours :
Impavidam feriunt ruinæ,
Voyez plutôt. Lorsque Constantin eut réconcilié l’Empire romain avec l'Eglise, quelle merveilleuse association de ces deux immenses pouvoirs ! Au temps de Théodose, on put croire que la Cité chrétienne avait trouvé sa forme définitive, et reconnaître selon le mot du poète :
« Ces deux moitiés de Dieu, le Pape et l'Empereur
Et quand les barbares envahirent le vieux monde, les politiques furent frappés de consternation. Il semblait que ce fût la fin de la civilisation et que la Chrétienté fût condamnée à s’ensevelir sous les ruines du monde romain. Erreur profonde!
Ces barbares, en se convertissant à la voix de l’Eglise, ailaient apporter au monde un nouvel élément de force, à la civilisation chrétienne une forme nouvelle, plus appropriée à la primauté et à l'indépendance du Pontife romain.
Le Moyen-âge surgit, et avec lui cette république féodale qu’on a appelée la République chrétienne. Le Pape est devenu l'arbitre
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