BARRES
Le lierre grimpe aux flancs noircis du Colisée, Les Césars ne sont plus, et leur cendre pesée, O néant ! peut tenir dans la main d’un enfant. Charlemagne endormi voit crouler son empire, Ephémère grandeur, Napoléon expire.
Et, seule, de l’oubli leur gloire les défend.
Mais ainsi qu’au désert les hautes Pyramides, Etonnant le regard par leurs formes splenJiies, 4 Survivent, seuls témoins d’un temps évanoui,
De même, survivant aux plus sombres naufrages, L'Eglise, toujours jeune, à travers tous les âges Luira, phare immortel, sur le monde ébloui.
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Car il est ici-bas, il est une couronne
Que le Très-Haut soutient, que l'amour environne, Qui du temps destructeur n’a pas connu l’affront. Tombé des mains de Dieu, ce noble diadème
Est le seul qu’ici-bas le Christ porta lui-même
Et que des fronts mortels sans faiblir porteront.
O Pontife suprême ! O successeur de Pierre!
Pape des premiers jours ou de l’heure dernière, Toujours rayonnera ton regard paternel.
Tout passe, tout s'effondre, et toi seul tu demeures, Car au cadran du Temps les siècles sont des heures Pour celui qui remplace ici-bas l'Eternel !
Tu n'as ni fiers archers ni puissants capitaines,
Et quand vers d’autres cieux, sur des plages lointaines, Rugissent les canons de nos modernes Tyrs,
O Prince de la Paix, tu n'as pour tous tonnerres
Que les accents émus de tes missionnaires,
Et tes droits sont scellés du sang de tes martyrs.
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Gloire à toi, Léon Treize ! immortelle figure
Qu'un siècle sans rival marque en traits rayonnants, Esprit au vol puissant dont la vaste envergure Plane sans nul effort sur les cinq continents.
Oh ! jette avec orgueil un regard sur ce globe ; Du haut du Vatican que domine la croix, Toi qui portes la paix dans les plis de ta robe, Vois accourir, ému, les peuples et les rois.
A l’aurore, au couchant, des monts et des vallées Un hymne universel s’élance vers les cieux.
Au milieu de la nuit, les cloches réveillées Sonnent par l’univers l’alleluia joyeux.
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