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Tu parles, et ta voix comme le Verbe roule Et confond les projets des plus fiers potentats, Et ta lèvre inspirée enseigne d’où découle L'autorité des rois, le bonheur des Etats.
L'Eglise est sous ta garde, et seule ta main touche Aux tables de la loi que le Christ nous donna ;
Et lorsqu’à l’univers il parle par ta bouche,
Dieu ne fait plus tonner les foudres du Sina.
Quand du monde affolé les nations tremblantes
Voient leurs droits, conservés sur de vieux parchemins, Détruits par le boulet ; que leurs veilles sanglantes Ne font place aujourd’hui qu'aux mornes lendemains,
Ta voix douce leur dit : ‘ Hommes, vous êtes frères | Pour mon cœur paternel vous êtes mes enfants.”
Et s'ils tombent meurtris sous des lois arbitraires, Toi seul tu les soutiens, toi seul tu les défends.
Plus heureux que le Christ au jardin solitaire,
Toi, vieillard sans palais, sans trône et sans soldats, Tu vois tournés vers toi tous les vœux de la terre, Et tu n'as pas subi le baiser de Judas !
Captif au Vatican, étranger dans ta Rome, Epiant dans les cieux l'étoile des beaux jours, Si loin que puisse aller l’activité de l’homme, Ton zèle, Ô grand pasteur, la précède toujours.
Devançant sur les mers les plus fiers capitaines, Enfants de Dominique ou fils de Loyola,
Votre sang répandu sur les plages lointaines Fait dire au voyageur : ‘ L'Eglise a passé là ! ”
CHERE 11) nr
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L'Eglise à passé là, noble consolatrice Semant sur son chemin l'espérance et l'amour. Nuls pleurs qu’elle ne sèche, et nulle cicatrice Que son baume divin ne ferme sans retour.
Aussi, pontife saint, les peuples te bénissent. De partout vois venir les petits et les grands. Dans un vaste concert toutes les voix s'unissent, Se fondent tous les cœurs, se mélent tous les rangs,
Le riche accourt avec ses superbes offrandes, Et le pauvre à tes pieds jette son humble don ; Mais tes augustes mains, ouvertes toutes grandes, Laissent pleuvoir sur tous la paix et le pardon.
Défilant sous tes yeux, la foule recueillie T'acclame en un cortège immense et triomphal. O père, tu parais si grand que Rome oublie Qu'il est un faible roi qui trône au Quirinal.
OUEN PTE NUIT
La couronne de fer des rois de Lombardie Sur son débile front pèse trop lourdement, Et la cendre du père à peine est refroidie Qu'il tremble devant toi, vieillard doux et clément.
Elle n’est plus à toi, la ville aux sept collines,
Elle n’est plus à toi, l’immortelle cité,
Mais pour la contempler quand, le soir, tu t’inclines, De la reprendre un jour tu n’as jamais douté.
Ton esprit reconstruit les siècles en poussière,
Le passé se déroule, et, relevant le front,
Tu vois les vieux Césars succomber devant Pierre, Et tu dis : “ Les nouveaux à leur tour tomberont.”