‹ Le Jubilé pontifical à l'université Laval [microforme]Chapitre 8 sur 34 · LL S LL LL · texte numérisé non relu

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Parmi la multitude immense qui se presse Afin de t’acclamer, vieillard aux traits sereins, Du monde partageant la commune allégresse, Nous t'avons envoyé de pieux pèlerins.

Dans le vaste horizon que ton regard embrasse, Sur un peuple au berceau daigne jeter les yeux. Etonné de notre œuvre, oh! bénis notre race, Les travaux à venir, le repos des aïeux.

Comme les chérubins qui couvraient de leurs ailes L’arche sainte cachée au sommet du Nébo,

Nos prêtres ont veillé, gardiens toujours fidèles, Sur la religion qui fut notre flambeau.

Et ceux-là qui voudraient de la foi des ancêtres Effacer pour toujours l’empreinte sur ces bords, Devront, fouillant le sol, pour en devenir maîtres, Jeter aux quatre vents la cendre de nos morts :

Semblables à ces Grecs qui, levant chaque pierre Sous laquelle dormait tout un monde éclipsé, Des tombeaux de Délos dispersaient la poussière, Pour enlever au sol les traces du passé.

Bénis-nous ! Nous avons, exempts de défaillances, Accepté vaillamment le sacrifice offert.

Pour conquérir nos droits, défendre nos croyances

Quel peuple a plus lutté? Quel peuple à plus souffert ?

Bénis-nous ! Pendant que les modernes Ninives Voient leurs temples déserts et le Christ insulté, Pour consoler ton cœur, contemple sur ces rives L’antique foi gardant la jeune liberté,

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Bénis-nous ! Quand la France en pleurant te rejette, Tci la foi féconde élève des autels,

Et l’homme de prière avec le pardon jette

Des paroles de paix sur nos restes mortels.

Bénis-nous ! De tes droits nous prenons la défense. Dans le temple grandit le jeune Eliacin,

Et nous accoutumons les lèvres de l'enfance

À prononcer le nom du Seigneur trois fois saint,

Béñnis-nous ! Nous avons par l'Amérique immense, Pionniers sans rivaux et semeurs vigoureux,

À pleines mains jeté l’héroïque semence

D'où surgirent un jour nos martyrs et nos preux.

Bénis-nous ! Nous avons, légende colossale, Un passé qu’on parcourt avec étonnement :

Un monde découvert par l’immortel LaSalle, Et le Christ confessé par Jogue et Lallemand.

Bénis-nous ! Nous avons gravi notre Calvaire. Sans tache est le passé, s’il n’est pas sans défaut, Aux flammes du bûcher notre berceau s’éclaire, Et notre liberté surgit de l’échafaud.

Mais sur nous maintenant plane la paix sereine, Et fidèles au trône ainsi qu’à notre foi,

Hier nous avons dit : Gloire à l’illustre reine ! Aujourd’hui nous crions : Pontife, gloire à toi !

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