‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 103 sur 198 · LE RÉGIME, DES PROCURATEURS · texte numérisé non relu

LE RÉGIME, DES PROCURATEURS

Jiïâée. Là il pouvait affric les jeux qui étaient lia principale joie àe^ Romains : combàtsde gladiateurs, chasses à Fépieu contre les bêtes férocesY, spectacles des humains déchirés par la dent des bêtes, sans parler de» luttes du pancFaceei des courses des chars dans l'hippodrome. Jérusalem Bi'étant; plus la ville de la cour avait repris sa solennité grave de capital© •de k religion dm Dieu Trèsi-Haut. Les documents sont muets, mais on doit imaginer quie les créations d'Hérode tombèrent ea désuétude. Le tyran aivait pour principal public les étrangers qu^il attiraità sa cour. Jls.se firemt de plus en plus rares, et les vrais Juifev heureux de leur isolément,, em profitèrent pour supprimer ces spectaeless qu'ils avaient toujours eus eni ihoTreur, jugeant avec raison. « qu'il était d'une impiété manifeste de jeter des hommes auix bêteS; pour lé plaisir que d'autres trèuvaient à ce spectacle, impie également d'abandonner les mœurs nationales pour en adopter d'étrangèresi » (1).

Les jeux étaient une dépense considérable que les magistrats s'imposaient pour acquérir une popularité qui était à ce prix. A Jérusalem, ils se seraient fait honnir à grands frais.

Le Procurateur laissait donc; les Juifs vivre à leur idée, et ne venait à Jérusalem que pour satisfaire à un devoir ennuyeux, mais urgent, celui de- maintenir l'ordre, lors des grandes fêtes, de la. Pâque: surtout, où l'excitation religieuse d'une foule immense accourue de partout 'risquait de; ss changée en agitation politique. Durant ses séjours, il habitait naturellement l'ancien palais d'Hérode dans la ville haute, et par conséquent comme chef militaire il avait là son prétoire. Mais rien ne l'empêchait, s'il le jugeait à propos, de le transporter à la tour Antonia où nous avons constaté la présence d'au moins une cohorte préposée à la surveillance du Temple.

Étranger au culte des Juifs dont il assurait la liberté, le Procurateur devait être moins suspect aux plus zélés qu'Hérode, qui, sous prétexte de dévotion, et comme adepte lui-même du culte juif, avait été plus tenté d'imposer des innovations condamnables, sauf à accuser de sacrilège ceux qui par exemple avaient abattu l'aigle d'or. Les causes de conflit étaient moins fréquentes, le contact étant non seulement plus rare, mais presque impossible. Les Romains se disaient que les Juifs qui avaient supporté le joug d'Hérode et souhaité leur domination comme un nioindre mal, leur sauraient gré de leurs bonnes intentions. Entre eux cependant le malentendu était perpétuel, parce que les Juifs guidés parles Pharisiens tenaient mordicus à des points dont les magistrats ne comprenaient pas la portée. ïl était donc impossible aux Juifs d'entrer dans ce mouvement de sympa-

(1) Ant., XV, viii, 1.

224 XI. LA JUDÉE APRÈS flÉRODE.

thie croissante, de relations mutuelles agréables et de reconnaissance pour l'ordre et la paix qui groupa les autres pays conquis par un sentiment de solidarité dans l'amour de Rome (1).

Peut-être cependant la situation serait-elle demeurée stable, quoique gênée, sans l'excitation religieuse des sectes. Il faut mettre à part la tentative insensée de Galigala de se faire adorer en personne dans le. Temple de Jérusalem. Cette courte crise passée, la nation, souvent mécontente, parfois houleuse, et prête à se soulever, aurait peut-être attendu la justice de l'empereur qui prit plus d'une fois son parti contre ses propres agents, si elle n'avait pas été entraînée par la coterie des extrémistes.

Nous n'avons pas à dire comment, mais il y aura lieu d'indiquer les traces de cette fermentation qui aboutit à la catastrophe (2).

(1) Les beaux vers de Ciaudien indiquent bien ce qu'était devenue Rome pour les nationsconquises les plus jalouses de leur indépendance, même les Gaulois: seuls les Juifs ont fait exception :

Haec esl in gremium victos quae sola recepît Uuinanumque genus communi nomine fovit Matris, non dominae ritu, civesque vocavit Quos domuit nexuque pio longinqua revinxit [De cons. Stil., III, vers ISO ss.).

La religion ne fui pas le véritable obtascle, caries chrétiens, non moins hostiles au polythéisme, n'ont pas vjquIu rompre le lien politique, mais une religion nationaliste d'un peuple qui désirait être absolument libre, puis dominer.

(2) Sur une intervention, très probablement d'Auguste, voir le rescrit {RB., 1930, p. 568) que M. Garcopino interprète d'une violation de sépulture par les Samaritains (Jos. Ant. XVIH, ii, 2).

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