‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 121 sur 198 · XLV · texte numérisé non relu

XLV

(3) On les a vus désignés comme ceux « qui renient le nom du séjour des saints » (xlv, 1), ce qui est encore plus vrai des païens matérialistes.

(4) Un Essénien serait exclu par li, 1 s'il y est vraiment question de la résurrection. Mais elle ne se trouve pas mentionnée dans un groupe de mss. qui parlent seulement du chéol. Les mots : « la terre rendra son dépôt » pourraient bien être une addition chrétienne, d'autant que la résurrection serait générale, opinion qui n'était pas enseignée par les Juifs avant le chris* tianisme.

^8^ Xffi*- Eâ VfCTie«Kff'fi*?mE^MÏlMïtIE^^^

<fe

même seïts cfite- l'attlettï' de rAsssmptlofW de Moïse

§ 3.. — V&riffine et le dèmtopptment é& la conception dm grand Assistant (2).

Ere nous en tenant à l'Élu des Paraboles, équivalent; dei'ange investi de rAssomptiom de Moïse, nous sommes en présence à'une concepti©» iMp^Etattte diï jiudaïsme,^ qu'on ne peut sas s toufc confondre désigner comme le lilessîiev Ses fonciionâ ne s'exercent qiï'aa moment où le mondetouehe à sa fin : iï brise les ennemis de Dieeï^t délivre les justes, puis il juge les bons et lest méctïânts dont le sort est fixé pour l'éternité. Assurément ce sont là des attributs de Jésus-Christ^ mais lors de son second avènement. C'est son incarnation et sa seconde venue qui ont fondu en sa personne toutes les prophéties. Rien n/ïndiqoé que les anciens auteurs; d'apocalypses aient compris qite le Juge des derniers temps serait lemême que le Messie attendu^ fils de David, roi terrestre d'Israël. Plut6t, ayant désespéré de leur temps, ils ont remplacé l'idéal messianique par l'idéal de celui que nous nommons le grand Assistant, faute d'un terme meilleur. Ce n'est pas seulement un ministre, c'est-à-dire un serviteur,. Selon les idées du despotisme oriental; ce n'est pas tout à fait un vice-roi„ puisque Dieu règne toujours. C'est le chef de ses armées et le chef de sa justice, l'intermédiaire qu'il s'^est choisi pour le mettre en scène au moment voulu, qu'il a fait connaître par Hénoeh pour soutenir l'espérance des croyants fidèles.

D'où est venue cette grande figure? Philon n'aurait pas donné au Logos- Kaison des stoïciens les caractères d'un intermédiaire entre le Dieu, créateur du monde et le monde, entre la Fin de toutes les aspirations e ceux qui prient, s'il n'avait trouvé dans l'Écriture une esquisse de cegrand être, l'ange de lahvé. C'est aussi, croyons-nous, l'ange de lahvé (3),. niais sans aucune combinaison avec le Logos, qui a conduit en Judée à. ridée du gï»and Assistant. Le même être apparaissait tantôt comme un ange, ministre de Dieu, tantôt comme si intimement uni à lui qu'il prenait son nom. De plus, alors que Dieu avait d'abord dit à Moïse qu'il enverrait un ange pour le conduire au pays de Canaan (4), il désignait

(1) A la correction des épreuves je note l'opinion de M. Molzo (Op. L, p. 30) .- « L'autear était. utt contemporain du Baptiste et dit Christ, ttû pharisien qaant â la doctrine théologlqae et an zélote dans les espérances et le programme politique ».

[1) Nôùs aurions pu dire viair, puisque c'est te même sens, mais ce mot a quelque chose detrop technique.

(») BB., 1901, p. 200 S.; 1903, p. 212 Sa.; 1907, p. 497 â9.

(4) B!ù6. xxtti, 20 s. : « Vôîci que j'envoie un ange devant toi... Ne lui résiste pas, car il ne pardonnerait pas votre transgression, parce que mon nom est en lui. » Sam., LXX, Vg. mon ange»

engarte pour cet office sa propre face (l). Sa face étail-ce Itri-même oa une manifestation extérieure (îe sa gloire ?" Isaïe parlait dB sa Facey comme de lui-même, par opposltioii â un an^e (2). Mais la traditibn jmTe a préféré lire « Fange de ma Face » (3).

De même, dans Malachie fit), Fang^e de l'alliance entraîÉ dans le Tèmpfe avec le Seigneur. Il y avait donc un grand ange, autorisé à parler au nom du Seigneur, qui Te représentart si parfartèment, qu'ion lui donnait le même nom.

Tout cela explique Bien le messager ou l'ange établi au sommet dfe l'Assomption de Mofse. Maiis n^y avaif-if pas un abîme entre les anges et leshommes, et l'Élu n'étaît-ïl pasun bomme? Il faudraTf voir. La différence. entrjB Fange et Fltomme, c''est que l'homme est chair; mai=s il n'est chairque par son corps de chair corruptible, et cette chair est simplemeni;; surajoutée à un esprit dans un système où les âmes étaient créées, préexistantes. Qr tel était bien le système de* Esséniens, et dans ce système: &:n pouvait comeevoir un. grand ange y, chef de la société des élus;, élu lui-même pour une foneli©n'*spé'eiale, cetle de Libérateur et de Juge. Était-ce vraiment un homme? Cela n'est dit nulle part. D'arlleurs; les anges eux-mêmes dans l'opinion des Juifs n'étaient point de pursesprits. Les limites étaient beaucoup plus flottantes que pour nous , et Fauteur des Paraboles ne s'est pas soucié de les préciser; on peut même penser qu'il le» a laissées- a dessein d^ns un d'air obscur.

La notion àm grand Assistant s'est développée dans d^autres écrits : c'est la physionomie bien connue du létalron, dont le nom même indique' qu'il siégeait sur un trône à côté de celui de Dieu (5). Or c'est précisément le privilège de l'Élu, des Paraboles (j&J...

Le Métatron ne paralicependant ni: daas le livre d'Eénochi ni. dans celuil des^ Secrets d'Ilênoch'. Mais c^'est le thème principal du troisième- Hénoch (7|. D'après les explications de M. Hugo O'deBerg, on dirait que ce livre est comme un écho des controverses sur le grand Assistant. D'aprèsle thème le plus ancien,,, qui peut dater du, i^" siècle de notre ère, le Métatron est vraiment une sorte de Vicaire de Dieu, le moindre ou le petit lahvé, nommé ainsi d'après le nom de son Maître, revêtu d'un vêtement

(jl), Ex. xxxni, 14 : <c Ma Face ira^ et je te donnerai un repos.. »

(2) LXiii, 8 : « Ce ne fut pas un messager, un ange, mais sa Face cfuï lès sauTa,», Trad'. Cbndamin,, dlaprèSf les LXX.

(3) Angélus facieieiuStJa Vûlg. et te texte massorélique»

Page 1