‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 122 sur 198 · UI · texte numérisé non relu

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(5) Dissertation très complète sur l'origine du mot dans Odeberc, St EnocU..., p. 125-142. L'auteur préfère (6) {xeTà Opôvov, celui dont le trône est voisin du troue par excellence, cf; Te' Messianisme..., p. 98. '

(6) XLV, 3 ; Ll, 3 ; LV, 4 ; lxi, 8 ; Lxn, 2. 3.

(7) Edité par M. Odebeug, 3 Enoch orthe flebrew Book of Enoch; Cambridge, l'92S.

de gloire, couronné d'un diadème royal sur lequel sont gravées les lettres mystiques, symbole des secrets et des énergies divines, le révélateur de la doctrine divine, le prince de la présence, vraiment un intermédiaire pour le gouvernement du monde, dans le ciel et sur la terre. Mais n'était-il pas trop près de Dieu? Ne serait-on pas tenté de lui rendre hommage? La même difficulté surgissait pour Philon avec son Logos. Il la résolvait en résorbant pour ainsi dire le Logos en Dieu, de façon à ce que le culte et les hommages ne fussent rendus qu'à Dieu. En Judée ce fut la solution contraire qui prévalut. Le grand Assistant fut dépouillé de ses prérogatives, surtout, semble-t-il, lorsque les chrétiens se prévalurent de lui pour forcer les Juifs à admettre une seconde personne en Dieu. Un Min, c'està-dire un non orthodoxe, sûrement un chrétien, disputait sur ce sujet avec R. Idi (1).

, Le Min dit :

« Il est écrit {Ex. xxiv, 1) : il dit à Moïse : Monte vers le Seigneur. 11 aurait dd dire : Monte auprès de moi ». — Il (R. Idi) dit : C'est le Métatron, dont le nom est semblable à celui de son maître. Car il est écrit (Ex., xxm, 21) : Car monnom est en lui. — S'il en est ainsi, adore-le! (2) — Il est écrit (ibid) : Ne l'irrite paS} c'est-à-dire ne me confonds pas avec lui (3).. — S'il en est ainsi, pourquoi est-il écrit : il ne pardonnera pas vos péchés (4). — Il lui dit : Vraiment? Nous n'en voudrions même pas pour vaguemestre, car il est écrit : {Ex., xxxm, 15 : Si ta présetice ne vient pas avec nous (5).

R. Idi avait tenu bon. Un autre rabbin EHcha ben Abouyane sut pas résoudre la difficulté et devint apostat (6). Le Métatron le racontait luimême dans le troisième livre d'Hénoch (7) :

2 Lorsqu'Akher vint pour contempler la vision du Merkaba (8), et fixa les yeux sur moi, il eut peur et trembla devant moi, et son âmé fut effrayée au point de le quitter, par peur, horreur et crainte de moi, quand il me vit assis sur un trône comme un roi avec tous les anges du service debout devant moi comme mes serviteurs et tous les princes des royaumes ornés de couronnes autour de moi. ^Dans ce moment il ouvrit la bouche et dit : « Vraiment, il y a deux pouvoirs dans le ciel! ». -'Après cela la Fille de la Voix vint du ciel de la part de la Chekina et dit : « Revenez (à moi), fils apostats (/i^r., m, 22) excepté Akher! » ^ Alors \'mt ^Âniyel^ le Prince, l'honoré,

(1) Sanh. 38^, cité dans Le Messianisme..., p. 297.

(2) Dans la personne de Jésus-Christ, identifié par saint Justin et d'autres avec l'ange de lahvé. ,

(3) Le Rabbi interprète 13 IDn lH dans le sens de 13 "iJTiDn 7ii ; c'est un jeu de mots sur lés hiphil de ITD « rendre amer », et de llfi « échanger ».

(4) Ce qui indique bien qu'il en avait le pouvoir. Le chrétien prouve par l'Écriture que Jésus n'usurpait donc pas en remettant les péchés, au grand scandale des Pharisiens.

(5) L'ange n'est donc pas la même chose que la présence : Moïse ne veut que Dieu comme conducteur.

(6) D'où son nom HAhker.

(7) 3 Enoch, XVI, 2, trad. Odebergj aussi h. Hag. 15* etc.

(8) Le char divin.

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