ES CATON
&R cFojsM au temps èe la Mehma que l'ée^le d© HiMel adfiaettarfe ciffi»îamS' livres; eomimie-GanoBiqïies'^ tandis- (jue Fécale de Sctra/mmaï: Eté leâ acceptait pas (î). Le; doute portait aurli©ut sur rEGclésiaste el 1© Cantique des! cantiques; pouFtanl! ÊstheT', ÉzeGhié. mèmey fu;i?ent attacpés. La GOîffilPGverse sur ces poifots n'est pa* mne. preuve qiu.'o)iï; a'ait pas abouti à un certain accord dès le temps de BiEel. En toait cas iosèphe était parfaitement fixé sur l'existeneei des livres sacrés et sur- leur niOfm;bi?e (a) :
Il n'existe pas chez nous une infinité de. livres en désaccord et en contradiction (3.). mais Yingt-deux senlemenf qui contiennent les annales de tous les temps et obtiennent une juste créance. Ce- sont d'abord l'es li-vres de Moïse, au nombre âe cinq, qiui Comprennent les l'ois et la tradition, depuis la création des hommes jusqui'à sa propre mort. C'est une période- de; tpois mille ans à peu près. Depuis, la. mort, de Moïse jusqu'à Artaxerxès,, successeur de Xerxès au trône de Perse,, les prophètesi qui vinrent après Moïse ont raconté l'histoire. de leur temps en treize livres. Les quatre derniers contiennent des hymnes à Dieu et des préceptes moraux pour les hommes. Depuis Artaxeïxës jusqu'à nos j'ours, tous les événements ont été racontés, mais on n'accorde pas a ces éerits la mêm®- créance qu'aux précédents, parce; que les pirosphètes. ne se sonli plus exactement succédé (4). Les faits montrent avec quel respect nous appa;o.dion&'nos>propres livres.. Après tant de siècles écoulés,, personne ne s'y est permis aucune addition, aucune coupure, aucun chang-ement. II est naturel à tous les Juifs, dès leur naissance, de penser que ce sont là les volontés divines, de les respecter, et au besoin de mourir pouT elles avec joie.
'"■" Josèphe ne parle que de vingt-deuix livres,^ et la tradition, rabbiniqne s'est arrêtée au cliiifre de vingt-quatre (5)., Mais on convient que ce soïl.6 les mênaes,,, parce qu'il a joint Rutli aux Juges et les Lamentations à Jérémie. Comme il a écrit le « Contre Apion » après l'an 93 (6), et que les Juifs se transmettaient très vite les nouvelles dans l'empire^ il est peut-être l'écho d'une décision qu'on croit avoir été fixée au synode de Jamnfa, en 90, quand Gamaliel 11 fut déposé (7)^ au moment où le Pharisaïsme entra résolument dans sa méthode de concentration et de préservation de la Loi.
« R. Siméonb., Azaï dit : J'ai entendu dire des soixante-douze Anciens au jour où ils ont donné la présidence à R. Éléazar b. Azariya, qu'il avait été décidé que le Cantique et Qoheleth souillaient les mains ». Cette question tranchée — du moins ©n le croyait — tout le Canon était fixé. Cepem-
(1) Muyoêli, V, îf.
(2) Contre Apion, I, 8, 38 ss., Trad. de Léoa Blum, éd. Budé, p. 10, ^3£) Comme ciiez les Grecs..
(4)' Siw Trè [iri: YsvecrQw i;-/jv ttôv npoç yi-Tôiv àxp;tê^ ôiaSox'^V'.. Il n'y at plus eu de suceession; saÏTiie; et en quelque sorte oificielle des piopliètes;.
(5>) ÉnuinéraliiOH dans une baraïta. de Mba batra, 14'' et 15", mais pas envoie dans, la
(6) C'est-à-dire aprës les ântifuiùés>..
(7) laclaîm, m, 5.
'284 XIIL LES SECTES.
dant ce témoignage n'est pas irrécusable. Aussi M. Derenbourg a écrit (p. 297) : « Nous ne trouvons nulle part le récit d'une réunion de Pharisiens qui se serait particulièrement occupée de la question du Canon. »
Si donc on se demande en somme par quelle autorité a été constitué le Canon, il faut distinguer. Les livres qui en font partie ont été d'abord reconnus pour sacrés par l'entente du prophétisme et du sacerdoce. Les docteurs pharisiens ont maintenu les anciens principes, contre le sacerdoce nouveau, pour se conformer à une tradition ancienne. La limitation à vingt-quatre livres est. leur œuvre. Elle excluait tout livre postérieur à Artaxérxès P'", c'est-à-dire à Esdras, type et modèle des scribes, sous prétexte que la prophétie était éteinte. C'était commettre une confusion entre le prophétisme, envisagé comme une institution normale pour diriger le peuple et même ses chefs, institution qui n'existait plus (1), et le pouvoir de l'Esprit qui souffle où il veut, et qui continuait à s'exercer dans Israël. La décision des docteurs est donc empreinte d'un certain pessimisme, elle tend à remplacer l'action vivante de Dieu sur les esprits par l'interprétation des anciens textes.
Si les docteurs pensaient réellement que le prophétisme était suspendu, ils devaient donc attendre l'avènement du prophète fidèle. Rien ne les obligeait à trancher cette question, d'autant que leur exégèse, qu'ils regardaient comme une obligation professionnelle, était concentrée dans l'étude de la Loi, et tout au plus des prophètes. Peut-être ont-ils voulu réagir contre le débordement des livres nouveaiix, surtout des apocalypses, qui devaient à bon droit leur paraître suspects, peut-être même à la fin du i""" siècle étaient-ils en défiance des nouveaux prédicateurs qui croyaient parler au nom de l'Esprit en répandant la doctrine de Jésus- Christ. Quelle que soit l'époque où les Pharisiens ont abouti à une entente sur le point du Canon, les discussions se sont prolongées longtemps encore (2), comme ce fut aussi le cas dans l'Église avant la décision solennelle et précise du Concile de Trente: elle seule possède le pouvoir souverain pour prononcer sur la canonicité des livres même de l'Ancien Testament.
(1) Josèphe semble admettre des écrivains et des prophètes jusqu'au temps d'Antiochus Épiphane; s'il ne s'est pas contredit il aura distingué entre des prophètes isolés et une succession régulière de prophètes; cf. Bell., Prooem. 8: ottou S'oi te toutwv cr\JYYP«?£ïî èixaiSaavTo xal oî •ÔnsTspot upop^Tai, TY)v àpxV èx£î6ev uotv)(ioiAai t^ç auviâ^îw;. En fait il remonte à Anliochus par un résumé rapide.
(2) Saint Jérôme a conservé la mémoire de ces disputes. Quoique l'ficclésiaste passât pour l'œuvre de Salomon, sa doctrine l'avait rendu suspect, et il n'avait prévalu qu'à cause de, son dernier chapitre : Aiunt Hebraei quum inter caetera scripia Salo^nonis quae antiquata sunt nec in memoria duraverunt et hic liber obliterandus videretur eo quod vanas Dei assereret creaturas et totum putaret essepronihilo et cihum et potuni et delicias transeuntes praeferret omnibus,- ex hoc uno capitulo meruisse auctoritatem, ut in divinorum voluminum,
■Il ero poneretur {Comm. in Ecclesiast., xn, 13).