‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 140 sur 198 · LA. SECTE DE LA NOUVELLE ALLIANCE AU PAYS DE DAMAS · texte numérisé non relu

LA. SECTE DE LA NOUVELLE ALLIANCE AU PAYS DE DAMAS

L'état actuel de la critique nous oblige à parler ici de cette secte de Damas dont la découverte en 1910 a provoqué tant de discussions. La plupart des critiques sont aujourd'hui d'a,ccord pour fixer cet écrit au temps des Macchabées (2), et dès le début, vers 170 av. J.-G. (3). M. Joachim Jeremias précise que la secte représente l'état de la doctrine et de la jurisprudence dans une communauté pharisienne à Jérusalem au i^^ siècle av. J.-C, si bien qu'il en fait état pour tracer les traits de l'organisation du pharisaïsme ancien.. Bien plus, l'administration de la secte est pour lui le type sur lequel s'est modelé l'épiscopat chrétien (4).

Nous avons donc dû reprendre l'examen de la question, traitée peu après, la découverte (5).

Aujourd'hui comme alors, il nous parait impossible de regarder la secte de Damas comme une communauté pharisienne, qui ne se serait écartée du judaïsme orthodoxe quçs dans son nouvel habitat (6). C'est en Judée qu'a dû s'opérer la discrimination. Nous ne contestons pas la compétence rabbinique de M. L. Ginzberg qui a fait prévaloir le caractère pharisien de la jurisprudence de la secte, mais il semble que cette critique elle-même tombe dans le défaut que Jésus reprochait aux Pharisiens : elle avale le chameau et filtre le moucheron (Mt., xxiii, 24). Il n'est pas douteux que tous les docteurs, pharisiens et sadducéens, ont eu à peu près la même méthode et les mêmes décisions. Admettons que la

(1) Édition princeps : Fragments of a Zadoldte wo7'k, le texte hébreu avec une traduction, une introdulion et des notes, par S. Schechter, Cambridge", 1910; cf. La sec le juive de la nouvelle alliance au pays de Damas {RB., 1912, p. 213-240; 321-360), — Charles, Pseudepigraplia, p. 785-834, 1913). — Ed. Meyer, Die Gemeinde des Neuen Blindes im Lande Damaskus (I9i9). — L. Ginzberg, Eine unbekannte jildische Seeie l, (New- York, 1922). — Hvidberg, Menigheden af den nye payt i Damaskus (Kôbenhavn, 1928). — - 6, Hoischer, Zur Frage nach Alier uni Uerkmift der sogen. Damaskusschrlft (ZntW. 1929, p. 21-46). — Joach. Jeremias, Jérusalem zur Zeîl Jesu, II, B, p. 130-134 (1929).

(2) Bousset-Gressinann, p. 15 et note 5.

(3) Ed. Meyer, L l.

(4) Mebaqqer = èirtoxoTro;, l. l. p. 133.

(5) RB. Articles cités, où l'on peut trouver la justification de ce que nous résuiaons ici. Nous continuons à citer d'après les pages et les lignes du ras., car la partition de Charles en chapitres et versets ne semble pas avoir été adoptée.

(6) Aussi Moore, Judaism, I, 20 i semble adopter l'opinion deL. Ginzberg: Des Pharisiens se seraient enfuis sous Alexandre Jannée à Damas où ils seraient devenus une secte intransigeante qui n'avait plus rien de commun avec les Pharisiens modérés de Judée.

secte était plus rapprochée des Pharisiens. Ce qui importe, ce sont les différences. Et les diiférences dans la doctrine et dans l'esprit entre la secte et le judaïsme ont été précisément le motif de la séparation, si nous en croyons son document, notre seule source d'information. Il est clair dans le texte que si les gens de la nouvelle alliance ont fait sécession, ce n'est pas pour trouver un asile à l'étranger sous la menace du Sadducéen Alexandre Jannée, c'est parce qu'ils étaient déjà constitués en secte, une secte qu'on ne pouvait plus tolérer ou qui ne se sentait plus en état de suivre ses propres principes au sein du judaïsme orthodoxe. Qu'elle se soit distinguée du rabbinisme en refusant d'admettre le mariage de l'oncle avec sa nièce (v, 8 ss.), ou la polygamie (iv, 20 ss.) (1), ce ne sont certes pas là des points indifférents.

Mais voici le plus grave : la secte reconnaît une pleine valeur à des livres apocryphes comme le livre des Jubilés et le Testament des douze patriarches, sans parler d'un livre inconnu, le Hégou (x, 6).

Elle fait autant de cas des prophètes que de la ïorah, en ce sens qu'elle les cite très volontiers, aussi souvent que la Torah elle-même, et elle en tire des solutions obligatoires [halakot), ce que ne faisaient pas les rabbins (2).

Elle attend un Messie d'Aaron et d'Israël et tourne résolument le dos à Juda et à son sanctuaire (vi, 11 ss.). Ce n'est pas à Damas qu'elle a pris le goût pour d'anciens livres apocryphes, fermement rejetés parle rabbinisme, et ce n'est pas non plus dans l'exil qu'elle a renoncé au Messie issu de Juda, auquel toute la dispersion est demeurée si fidèle. C'est à Jérusalem qu'elle est née et a grandi dans sa foi particulière.

Peut-on serrer de plus près la date de son origine? Nous attachons aujourd'hui plus de poids à un texie de Josèphe que nous avions déjà cité, et auquel personne ne prend garde (3).

« l/n certain Judas le Gaulanite, de la ville de Gamala, s'adjoignit un Pharisien, Sadoq »... «Judas et Sadoq, en introduisant et en éveillant chez nous une quatrième secte philosophique... »

Cette secte est celle des Zélotes, révolutionnaires farouches, fanatiques d'extrême droite, ennemis de toutes les compromissions, décidés à tout risquer pour n'obéir qu'à Dieu. Les deux fondateurs étaient sans doute d'accord. Mais il est arrivé que des sectes différentes se soient rattachées à un même homme ; les sensualistes prétendaient être les disciples de Socrate, aussi bien que les cyniques et Platon. A plus forte raison il serait

(Ij Charles ajoute l'interdiclion du divorce, mais il reconnaît que ce n'est pas le sens dû texte!

(2) Hoelscher, l. L, p. 39, retient à tout le moins la halaka de xi, 9, d'après I Sam. xxv, 26.

(3) Ant., XVIII I, 1.

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assez naturel que les Zélotes, ayant deux fondateurs, se soient divisés en deux branches. L'une d'elles aurait pris le nom de Sadoq.

Or c'est précisément le cas de « la nouvelle alliance au pays de Damas », dont le nom particulier prouve que la rupture avec le judaïsme orthodoxe traditionnel fut la raison de son existence, et qui a voulu porter le nom d'un Sadoq.

Comme, en bonne règle, elle devait s'appuyer sur un texte autorisé, elle choisit celui d'Ezéchiel (xliv, 15), qui, lui, faisait allusion aux prêtres de la lignée de Sadoq. Mais l'exégèse n'est ici, comme si souvent, qu'un prétexte, et l'auteur ne s'en cache pas. Ezéchiel avait écrit : « Les prêtres lévites fils de Sadoq ». L'auteur (iv, 2 ss.) explique : « Les prêtres sont les pénitents d'Israël qui sont sortis du pays de Juda, et (les lévites sont) ceux qui se sont joints à eux (1). Et les fils de Sadoq sont les élus d'Israël nommés de ce nom, ceux qui rempliront leur office à la fin des temps. »

On réserve le nom de fils de Sadoq pour les saints des derniers temps, mais les saints du, temps présent, s'ils ne le prennent pas, insinuent cependant qu'ils y ont droit : « Dieu leur a fait connaître par le ministère de son Oint (figure du Messie futur) et il est vérité, et dans le vrai sens de son nom (sont) leurs noms » (iv, 11 ss.); ils sont déjà en espérance fils de Sadoq pour les initiés.

Nous avons ainsi la clef d'une énigme. L'ancienne tradition de Qirqisani (2) a eu raison de retenir ce nom de Sadducéens pour la secte de Damas, mais elle a confondu ces fils de Sadoq avec les Sadducéens de l'histoire. La secte de Damas n'a rien de commun avec eux. Elle serait d'origine pharisienne, mais d'un pharisaïsme intransigeant et fanatique qui avait pour adversaire le parti des Pharisiens, connus par l'évangile et par Josèphe, modérés en politique, conciliants, cherchant dans la Loi elle-même le secret de ces décisions plus indulgentes que les temps semblaient exiger, et par ailleurs multipliant certaines obligations d'après leurs traditions propres. Ceux-là, d'après le porte-parole de la secte, bâtissent le mur et étendent le crépi, expression qui revient plusieurs fois. Leurs murs, ou défenses de forlune, n'étant pas fondés sur la Lettre sont sans solidité : on bâtissait le mur en mauvais matériaux et les faux prophètes dissimulaient les trous par un crépissage. La secte, elle, remonte d'un seul bond à la Loi, cachée depuis le temps de Josué et que David même avait ignorée, mais qui a été révélée à Sadoq. Elle est par excellence la maison de la Loi (Document B, xx, 13).

A quel moment s'est produite la sécession, suivie du départ et de rinstallatiou au pays de Damas?

(1) Juifs delà dispersion,

(2) RB., 1912, p. 334.

Ce n'est pas au temps de Sadoq, le fondateur de la Nouvelle Alliance, car ces soins ont été confiés à un second personnage, « le Docteur de Justice », « l'Unique », « l'Étoile », (1) au moment d'une grande catastrophe. Comme le livre parle du Sanctuaire et du culte comme s'ils existaient encore, on place généralement l'exode et l'écrit vers l'an 70. Nous pensons que c'est une fausse apparence. Les Juifs rabbiniques eut aussi, la Loi étant éternelle, parlaient quelquefois du culte comme si le fait correspondait au droit. Les décisions liturgiques sont rendues comme si elles étaient applicables. De temps en temps on voit qu'il n'en est rien. C'est ainsi que dans notre livre (2) on prescrit « que personne n'envoie à l'autel un holocauste ou une oblation ou de l'encens ou du hois par la main d'un homme impur... car il est écrit... ». Assurément à Damas — et c'est^our la communauté de Damas qu'est écrit le livre — personne n'offrait d'holocauste et ne pouvait en envoyer à Jérusalem. Voici ce qui était pratiqué : «Et quiconque vient dans la maison de prosternation (3), qu'il ne vienne pas impur » (xiv, 1 et 2). Le droit ancien, toujours vivant, sert de lumière : la pureté exigée par le Temple indique ce qu'on doit pratiquer dans la synagogue ou lieu de prière qui remplace le Temple.

En. fait, au moment où écrit l'auteur, la ruine du Temple est consommée.

Le plus souvent on ne pense qu'à la catastrophe de l'an 70 (4), si bien connue grâce à Josèphe. La révolte de Barcokébas, suivie de la destrution bien plus complète de la ville sainte, puisqu'elle était désormais transformée en ville romaine, est souvent oubliée. Elle nous a paru désignée assez clairement par la hain^, de l'auteur pour « l'homme du mensonge », le sobriquet (Bap Gozêbd) que les rabbins ont appliqué à l'homme de l'étoile [Barcokébas), par un ironique jeu de mots.

Mais si nos sectaires sont des zélotes, et ils le sont du moins dans un sens large, comment n'ont-ils pas été jusqu'au bout du parti de Barcokébas?

Pour l'expliquer nous sommes obligé de recourir à une hypothèse. Peut-être la secte a-t-elle d'abord pris part à la révolte, et la scission s'est-elle produite avant la fin. La guerre dura trois ans et demi d'après la tradition rabbinique; en tout cas deux ans (5). Les monnaies de la première année sont au nom du prêtre Éléazar et de Simon, prince

(1) B, XX, 14. 28. 82. Al, 11; vu, 18 : « et l'étoile, c'est l'interprète de la Loi qui est venu à Damas ».

(2) Hôlscher l.l. p. 28 ss. a imaginé trop subtilement que tous les commandements étaient pratiqués, en lisant « prêtres » au lieu de « sanctuaire », etc.

(3) Non pas nécessairement la mosquée, dont le nom se rattache aussi à l'adoration prosternée ; cf. Zach. XIV, 16, etc.

(4) Encore Hvidberg, mais l'écrit serait antérieur à l'an 70.

(5) Le Messianisme..., p. 317.

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d'Israël. Sur celles de la seconde année, Simon (Barcokébas) paraît seul.

Ne peut-on supposer que nos sectaires de Damas, très attachés att sacerdoce, qui attendaient un Messie d'Aaron et d'Israël, étaient des Galiléens!, comme Sadoq, l'associé de Judas le Galiléen, et du parti -d'Éléazar, si ce n'est pas lui qu'ils regardaient déjà comme le Messie? Barcokébas se donnait comme on sait pour le Messie^ lils de David, incarnant les prétentions de Juda. Dans un temps si agité, on admettra sans invraisemblanee qu'Éléazar n'a pas disparu par une mort naturelle. Le Messie devait être le seul chef. Éléazar, s'il n'a pas été tué, aura été chassé. Nous ne voulons pas en faire le « docteur de justice » (1). Mais l'attachement au Messie, fils d'Aaron et d'Israël, la haine de Juda, suggèrent assez que ces Zélotes se soient affranchis du joug très lourd de Barcokébas, devenu pour eux l'homme des mensonges. Nous voyons un souvenir historique dans cette mention (B,xx, 13 ss.) : a Depuis le jour où a été enlevé le Docteur unique jusqu'à ce qu'aient disparu tous les hommes de guerre qui ont marché avec l'homme de mensonge, il y a environ quarante ans. » On voit ici clairement que l'homme de mensonge, donc un séducteur, était en même temps un chef de guerre. Les soldats, dont les plus jeunes pouvaient être âgés de moins de vingt ans, ont disparu depuis assez longtemps, les plus âgés environ quarante ans après le Docteur de Justice, qui avait lui-même survécu au faux Messie. L'auteur écrivait à une époque sensiblement plus hasse; si nous ne trompons, vers l'an 2Q0. Lui aussi composait sa Michna. Elle mêle dans sa langue quelques traits de syntaïe ancienne et de tournures voisines de l'arabe (2), ce qui a divisé les critiques. Quelques-uns penchaient pour une origine beaucoup plus récente, et descendaient jusque vers le ix° siècle, les manuscrits étant du x^ ou xi^ Mais il ne semble pas que l'archaïsme soit artificiel, et la composition au pays de Damas explique probablement les apparences moins hébraïques.

Le document affirme que la séparation s'est produite à la suite de graves dissidences. Nous devons l'en croire, et il n'y a aucune raison de penser que ces dissidences doctrinales se soient augmentées avec le temps. Il a dû en être tout autrement de l'organisation. Une fois détachés d'un organisme qui les conditionnait, malgré leur caractère sectaire, installés dans un pays étranger où ils étaient libres de se gouverner à leur guise, où

(i) Nous entendrions volontiers d'une sécession des prêtres le passage si torturé qu'on prendrait alors selon son sens naturel (vi, 11 ss.) : a Et tous ceux qui ont été amenés au pacte de ne pas entrer dans le sanctuaire pour allumer son autel, et qui ont fermé la porte, dont Dieu a dit : « qui d'entre vous fermera sa porte, irn'allumera pas mon autel en vain » (Mal. i, 10).

Ainsi des prêtres ont renoncé à un sacerdoce indigne et sont partis en faisant claquer les portes. Désormais ils sont tenus à la plus exacte perfection.

(2) Quelques-unes maintenues par Hôlscher, p. 34 s.

XUI. LES SECTES.

ils étaient même contraints, s'ils voulaient subsister, d'adopter un& discipline sévère, nos gens de la nouvelle alliance ont dû se régler sur un type nouveau. C'est la fatalité qui s'impose à toutes les sectes. L'inspecteur général maintenait l'unité, comme l'évêque chrétien. Seul il avait le droit de recruter de nouveaux membres, de les expulser pour un temps, ou de les retrancher définitivement. En proposant d'admettre que l'épiscopat chrétien s'est formé d'après une secte juive, absolument unique dans le judaïsme de toute la dispersion, M. Jeremias a affronté de gaieté de cœur un paradoxe téméraire. Si l'inspecteur est vraiment très semblable à l'évêque chrétien de la didascalie syrienne, on serait plutôt tenté de dire que c'est le christianisme, déjà répandu partout au temps d'Hadrien et de la dernière catastrophe juive, qui a servi de modèle. On ajouterait que c'est aux chi?étiens que la secte a emprunté son titre de nouvelle alliance, et surtout ses recommandations très instantes pour l'assistance et la charité. Mais la sollicitude des Juifs pour leurs frères existait déjà et ne pouvait que s'accroître dans un petit groupement séparé : ce qui caractérise la charité évang clique, c'est l'universalité/ qui n'apparaît pas dans le document de la secte. Tout s'explique suffisamment sans emprunt de part ni d'autre (1).

Les origines de la société étant anciennes, nous aurions à y insister si ses doctrines avaient été plus développées et plus claires. La jurisprudence ou exégèse de la loi est celle des Pharisiens, sauf les deux points, déjà signalés, de l'interdiction du mariage avec une nièce et de la polygamie. Dieu connaît d'avance ses élus. Au cours de l'histoire, il se réserve toujours un groupe fidèle. On espère la vie éternelle (m, 20), mais il n'est pas question de résurrection. I^a présence du Saint-Esprit dans l'âme est nettement affirmée. Le Messie est attendu; il descendra, nous l'avons vu, d'Aaron et d'Israël, c'est-à-dire de Lévi et d'une des tribus qui ^n'était pas Juda, lequel comprenait probablement Siméon et Benjamin. On entendait sans doute par là que le Messie, étant de la race d'Aaron par son père, aurait pour mère une Israélite *du nord, ce qui revient à dire une Galiléenne, le seul pays où, en dépit du nom de Galilée, « cercle des nations », la race d'Israël était le mieux conservée.

Constitué en hostilité avec tout le judaïsme de la Judée et de la dispersion, la secte de la nouvelle alliance n'avait guère de chances de se main-

(1) Holscher, 1. 1., p. 39 résume ainsi la comparaison avec l'évêque de la Didascalia syrienne (A.chelis et Johan. Flemming, TU, N. F. x, 2, 1904) : Comme le 1p3)3, l'évêque d'après la Didascalie décide sur la réception, l'exclusion et la réadmission dans la communauté; il lie et délie, accorde le pardon, et doit aimer sa communauté comme un père ; il fait fonction de docteur ; il est accusateur et juge, toutes les contestations doivent venir devant son tribunal et non devant une juridiction païenne; il est le président de la cour de justice : il reçoit aussi toutes les oiTraodes de la communauté et les distribue librement.

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tenir. Il est probable qu'elle s'est fondue dans la grande association des Garaïtes, qui prétendaient se rattacher aux Sadducéens de l'histoire, et dont l'hostilité envers les Rabbanites devait attirer ceux qui se croyaient les vrais fils de Sadoq. Rien n'indique que cette Nouvelle alliance, qui était en réalité un retour à la Loi pure, ait été disposée plus favorablement que les, autres Juifs à entrer dans l'alliance vraiment '-''^^^

nouvelle du Christianisme. Il semble cependant que le nationalisme temporel y soit moins accentué que dans beaucoup d'apocryphes et dans le rabbinisme. Elle recherchait des adhérents nouveaux, et il n'est dit pas expressément qu'ils devaient être de la race de Jacob. Peut-être était-ce spus-entendu ; en tout cas les dispositions pour ceux qui n'étaient pas de la société sont très hostiles.

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