LE MESSIE ATTENDU DES JUIFS
son éclat était un éclat de sainteté que seuls pouvaient admirer ceux qui savaient son secret.
Ne pas lire : il a été brisé pour nos iniquités : il prie, et à cause de lui Dieu pardonne.
Maintenant c'est le Temple — dont le texte ne dit pas un mot ! — qui est substitué au Serviteur ; il a été prdfaaé à cause des fautes d'Israël ; mais le Messie le rebâtira, et tout ira bien si l'on se conforme à sa doctrine.
Quand le tex^te dit .: « il s'est humilié et n'a pas ouvert la bouche », Jonathan traduit : « il a été exaucé avant même d'ouvrir la bouche pour prier » ; ensuite, au lieu d'être traité comme un agneau conduit à la boucherie, c'es^t lui qui entrajue les peuples au carnage; tous les mots y sont, mais les rôles sont r^enversés.
Que le Serviteur soit enlevé de la terre des vivants, cela veut dire qu'il purgera le sol d'Israël de ses ennemis, de sorte que les peines encourues par les péchés d'Israël retomberont sur les peuples, tant ces bons Juifs «taient disposés à ej;pier pour ies autres!
Nous nous arrêtons là. Cette analyse prouve que les Juifs auraient dû comprendre que le Serviteur était l'aspect le plus religieux et le plus sublime du Messie, mais qu'ils n'y sougeaient même pas (1).
L'accord des ouvrages apocryphes et des écrits rabbinigues est complet : le Messie souffrant eût été pour tous une contradiction dans les termes. Et pourtant ils n'entendaient pas leur Sauveur de la même façon, et, si épris qu'ils fussent de sa gloire, ils avaient abaissé sa vraie grandeur et affaibli la portée des anciens oracles sur son origine divine,
(1) Pas même, semble-t-il, au temps de Trypiion, au milieu du ir siècle av. J.-C. ; cf. Ze Messianisme..., -p. 241 ss.
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