‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 168 sur 198 · IV, 29; VI, 9; X, 4; XIV · texte numérisé non relu

IV, 29; VI, 9; X, 4; XIV

(3) Jer., XXXI, 3, d'après le texte massorétique. Les LXX ont probablement bien lu : « Je t'ai attiré pour te faire miséricorde. »

(4) II, 37; m, 16; IV,' 24. 26; V, 21; VI, 8; Xil, 4; XIII, 11; XV, 15; XVIII, 8-10.

(5) XTII, 44. ,

(6) Probablement l'Ancien, grand prêtre au commencement du nv siècle av. J.-C.

(7) Aboth, I, 3.

(8) La relation entre les deux membres de phrase n'est pas claire. L'auteur a probablement voulu dire : si vous agissez ainsi, c'est une preuve que vous agissez par la crainte de Dieu. [Béer).

Antig-one, — dont le nom est grec — a sans à&nie voulu donner à ee^^te pensée une forme convenable à la retigion jmre où FiMpératif catég-oriqae de la morale est le devoir envers le Maître. EnsGore une fois c'est tpèsbeain, imM à fait dans le sen-s àe Le., xvn, 10 r «^ Noias avons fait ce queniôas' devions faire. » Mais le Maître et la crainte ne sont: pas l'éqaivalent de l'Ami et de l'amour. Telle cfu'elte est, cette maxime parut suspecte au rabbinismev Elle aurait compris sous unie forme dissimulée la négation, de la. vie future. C'est du moins ainsi que l'auraienf enitendue les deux, disciples d'Antigone, Sadoq et Boéthos, chefs des Sadducéens et des Boéthosiens (l). Toutefois le judaïsme; a parfaitement distingué le service par amour et le service par craintev et il* a très, justement décidé que <c plus grand est celui, qui agitpar amour que celui qui agit par crainte (2) » . A plus forte raison l'amour l'emportait en concurrence avec la vanité des. docteurs. Un midvaieh en tirait cette adnitirable conclusion qu'il faut tout faire par amiour. A propos de DL xi, 1.3,. m aimiant lahvé votre Dieu », on lisait; (3) : « Peutr-êtrë serais-tu tenté de penser : Je veux étudier la Torah,^ afin- de devenitr riche et afin d'être nommé liabbi et: aân die ireeevoir un salaire : aussi rÉcrituee enseigne ::pour aimer IHVH votre DieUv Tout cet que vous faites, vous devez le faire par amour. » Il n'y a rien au delà. C'est réelxo sincère dé la parole de Dieu. Malheureusement il est presque; isoM sous cette forme admirable. Les- chefs spirituels avaient d'autres soucis qB& d'exciter le peuple à agir pour l'amour de Dieu. Et la raison a été- donnée par' Maimonidev distinguant le service par crainte elr le service par amour. Le service par crainte est to»ut ce qui a un but intéressé, dans ce monidie ou dans^ l'autre. C'est: le motif religieux des masses ignorantes;, des; femmes et des enfents qui ne sont pas: assez avancés pour servir Dieu par amour (4). Ainsi le goût du pur amour ne réussit jamais à triompher du' privilège des doctes. Ils se le réservent sans vergogne, et sans doute Hiltel lui-même éfeit loin de penser qu'une femme ignorante pouvait être plus avaneée que lui dansd'anïour de Dieu, et: par conséquent dans la eonnaiissance de son secret. Il y a lieu de croire qu'il ne fut pas compris de tous les d^eteurs autorisés^ quand il prononça (5) : « Ce que tu hais ne le fais pas à ton compagnon, c'est toute la

(1) Bans Aboth de Rabbi Nathmi, v, 2; cf. Schûrer, II, 478.

(^) Siinéon b. Éléazar (iii^ s.) dans Sbfah, 31". Il fallait le prouver par un texte; Le maître a comparé Ex., xx, 6 et Dô.j vu, &, qui disent exactement la môme chose, groupant Taimour et l'observance des commaûd«raents. Remarquant cependant que la> faveur de Dieu pour miïle générations était rapprochée tantôt de l'amour, tantôt de l'observance, il a conclu que' le premier texte parlait de milliers de généralionsi Ife- second de- milfë générations seulement (Bâcher, Tann., Il, 425). Ainsi ne savait-on appuyer ce beau dicton que sur une absurdité exégélique.

(3)' Sifvé SUT Bt., XI, l'3.§ 41 (79'*)'.

(4') Dans Eilïiot- Tesfmbah, tOv 1 ss., cité- par Moore, o2>. t., Il, p. 99'note;

(5) Sabb., 31».

l'amour de dieu. 479

Loi entière, le reste est explication. » Car l'attention se portait beaucoup plus sur les applications que sur le principe de la charité, puisque Rabbi Éléazar Hasama a pu dire : « Les nids et les débuts de l'époque mensuelle féminine sont le corps des explications de la jurisprudence (1)... » et là nous sommes très loin du principe de Hillel.

En dépit des écarts de l'esprit; d'école, Ja mort d'Aqiba montre à quel point le grand précepte de l'amour de Dieu dominait certains docteurs, au point de leur inspieer de l'ang-oisse; |% : « Rabbi Aqiba était sur le point d'être exécuté en présence de Tineius Kufiis, l'impie. Vint l'heure de la récitation du Chma. Il commença à réciter le Chmà, et sourit. Il lui dit: « Vieillard, es-tu ua magicien, ou te moques-tu des supplices? » Il lui dit : « Que ton esprit, s'apaise! Je ne suis pas un magicien,; et je ne me moque pas des. supplices. Mais tous les jours où j/ai. récité ce verset^ j'étais inquiet et j,e- me disais :, qnand se réaliseront ces trois choses, : et tu aimeras le Nom,, ton Dieu,, de tout ton cœur et de toute ton âmev; et de toute ta force.. Je l'ai chéri de tout mon cœur, et de toute. ma> force,, mais, de toute mon. âme je! n'en étais pas sûr.. Et maintenant c'est de. toute mon. âme, et le m-onient de réciter le €hma est venu,:, et ma conrfession n'est point partagée. Voilà pourquoi je récite et je suis joyeux.. »* Comme il achevait ces motsy, son esprit &'envola. »

De toute son. âme, signifiait donc pour Aqiba, jusqu'au sacrifice de la vie. D'autres l'ont sui^i, qui ont donné leur vie en confessant l'unité de. Dieu. Dams l'épreuve, dans la souffrance, devant la mort,, le Judaïsme; a retroutvé souvent l'énergie: du temps des Macchabées. En rendant uni hommage de profond respect à. ces. grand ess âmes,. nous> ne pou:vfonsr nousi soustraire au: de voir de constater que les docteurs ne se sont pas ser^vi* Ib plus souveat de: ce levier de l:'amGui?,,et qxi'ilsï se sont, contenté» d'engager; les= JuifSi à supporter le joug; du< royaume de^ Dieu.,

Ce qui nous déroute le plus, c'est de rencontrer dans? leurs écrits à& si admirables maximes et de constater, que toute! leur attention se porte sur uae. réglementation qu'ils s'aicharnent à tirer de la Loi. La critique; moderne ou; plutôt le simple bon sens ne peut se résoiadre à juger Ites démonstrations réussies. Les: principes demeurent, mais leur* pouvroir de' coQivaincre n'est-il pas; obscurci par cette gangue ? La Loi et les prophèles' n'ont rien gagné à ce prétendu comiinentaire. C'est ailleurs qu^'ils ont trouvé; leur perFection.. A tout le^ moins eist-il faeite de constater qire la tendance du judaïsme', surtout pharisaïque, n'était pas^ vers une religiïJiï' plus intérieure, et si l'on peut dire plus mystique.

('l')i Moth, in, ISvLeB^ « nids' », c'est-à-dire^ ce' cfai regarde le sacrifice des colombes.

Ik version duTalmudc plus que sur l'amour.

v»; ^uvvii, iijj j,oi Jjco- IV iiLua- «, a coL-tt-uiic te i|

(2> îfous citons d'àprèsi Je/'-. Berak., 14''. Dans Ik version duTalmud de B'abylbne, BeralL, 6Ï^) l'accent est sur la confession de l'unité de Dieu, ' ■•

QUiTRIÈME PARTIE

LE judaïsme en EGYPTE

Cette vue rapide sur le développement du Judaïsme en Egypte n'envisager que les tendances principales. Le récit des faits ne serait pas sans intérêt. Il n'est pas indispensable de notre point de vue, qui est surtout doctrinal. En Egypte les relations des Juifs avec le pouvoir ont été à peu près les mêmes, surtout au début. Les rois leur ont été favorables, et les vraies difficultés sont venues de la difficulté pour les habitants d'Alexandrie de vivre en bonne harmonie, les Juifs et les Grecs surtout. Ces crises n'ont pas, comme en Judée, exercé une grande influence sur l'attitude religieuse des Juifs.

Le messianisme y était presque en sommeil et n'a par conséquent pas subi les fluctuations qui ont agité les esprits dans le pays où l'on attendait un Sauveur, avec d'autant plus d'impatience que la situation politique était plus intolérable pour un peuple appelé à de si hautes destinées. Nous n'attachons donc pas autant d'importance à suivre un ordre chronologique dans l'examen des doctrines, tout en nous efforçant de les classer selon le temps, avec Philon à la fin qui résume tout et donne à tout le mouvement une incontestable grandeur intellectuelle et morale.

Il ne serait pas sans intérêt de relever un tableau des stations juives en Egypte. Mais le domaine des idées se concentra à Alexandrie.

Nous regardons le judaïsme alexandrin comme une colonie du judaïsme de Judée. Les anciens groupements du temps des Perses n'avaient pas tous disparu. Cependant il serait étrange qu'ils aient tous quitté leurs foyers pour se rendre à Alexandrie. Le gros de la population juive dans cette ville vint donc en Egypte après la conquête d'Alexandre, imbu des idées qui s'étaient lentement enracinées durant la période perse.

C'est dire que nous ne pouvons adhérer à une thèse récente (1) sur le caractère très mélangé des Juifs de la Diaspora, du moins en Egypte.

(1) RosEN, Georg : Juden und Phônizier. Das antike Judentum als Missionsreligion und die Entsteliung der jûdischen Diaspora. Neu bearb. u. erweit. von F. Rosen und. G. Bertram.^ Tûbingen, 1929, que nous ne connaissons que par une recension de Joh. Hempel dans la Theol. Liter-Z., 1930, p. 511 ss.

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