‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 27 sur 198 · LA KELIGION GRECQUE ANCIENNE · texte numérisé non relu

LA KELIGION GRECQUE ANCIENNE

geanee, i'faorpeur du sang versé, même selon la jusiiee, créant pour les mortels ées obligations redoutables, dont on éprouve encore la terreur <lans Eschyle : il les atténue cependant par le droit iiouyeau dont Apollon se fait le défenseur dans toute rjEeïlade.

Cette religion austère, mais puissante, fut battueen brèche parle charme envahissant de la poésie homérique, qui avait recueilli en lonie le souvenir des palais crétois et de leurs cours brillantes.

Mal informés, les maîtres de l'ancienne école, comme notre charmant Fénelon, admiraient dans les récits d'Homère l'aimable simplicité d'un, monde naissant. C'est ce qui vient encore à l'esprit lorsque Nausicaa s'en va avec ses compagnes pour laver les vêtements de ses frères au bord de l'eau. Mais ces vêtements sont riches, ce sont ceux déjeunes seigneurs vivant dans l'opulence, non pas certes blasés comme ceux qui paradaient au xviii^ siècle à Versailles, semblables plutôt aux batailleurs du tenïps de Louis XIII, braves comme eux, passionnés pour les aventures, ardents a^u plaisir, même à celui de la guerre; nés pour la joie, peu soucieux de la vie si elle n'était brillante et heureuse. Tels étaient aussi les dieux qu'ils avaient faits à leur image, leur concédant seulement en plus une vie, e'est-à,-dire une joie, immortelle.

Ce monde enchanté de l' lonie pénétra facilement à Athènes ouvei^te par •son origine aux influences de l'Orient. Il y était acclimaté lorsque la Grèce fut envahie par des cultes qu'elle eut plus de peine à s'assimiler et qui furent longtemps, quelques-uns toujours, tenus pour étpangers. Dionysos- Baechos, avec son cortège d'enthousiastes, ses processions tumultueuses avait des titres lointains. Les Bacchantes d'Euripide ont gardé la trace de la résistance de l'esprit grec. On sait. quelle brillante antithèse a construite Nietzsche sur les thèmes opposés de Dionysos, l'inspiration ardente, et d'Apollon, la mesure et la raison. Au vi^ siècle, quand les poèmes d'Homère prirent pour l'essentiel une forme définitive par les soins de Pisistrate, l'Orphisme arrivait de^ïhrace. Mais tandis que l'élan de Dionysas s'accordait au tempérament des Grecs coaime un élément de vie dans u®e joie plus exubérante avec un transport qui surexcitait le plaisir loiiï d'en combattre les emportements, au contraire, les disciples d'Orphée prêchaient le renoncement, Fabstinence, étant comme accablés par le souvenir d'une faute orginelle qu'il fallait à tout prix expier. La défiance envers la vie librement vécue était si contraire aux aspirations de toutes les tribus établies en Grèce que ce courant demeura Comme souterrain et se réfugia dans des mystères.

Cette sombre doctrine ne pouvait rivaliser dans l'imagination populaire ou dans l'instinct artistique avec les dieux d'Homère; elle aurait provoqué plutôt que comprimé leur rire inextinguible.

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