‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 3 sur 198 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

bon nombre d'apocryphes, et notre conclusion sur le Judaïsme sera que sa divisian même était une cause de faiblesse et le conduisait à un point mort. ^

Mais nous ne voulons pas anticiper ici sur cette conclusion. Nous indiquons seulement que les doctrines, réparties selon les temps, doivent l'être aussi selon les sectes (1).

D'ailleurs ces témérités auront du moins l'excuse de n'être pas avancées sur un ton tranchant. Les questions sont posées, plutôt que résolues, nous l'avouons volontiers; si nous nous sommes risqué, c'est que cette méthode est la seule qui puisse aboutir à des résultats clairs.

Les doctrines ayant été, autant que possible, rattachées aux faits, nous les avons reprises pour constater leur aboutissement d'un coup d 'œil, mais seulement sur les thèmes essentiels de Dieu, de la rétribution future, du Messie, de la piété intérieure, afin de constater si le développement en était organique ou s'il postulait l'existence de greffes empruntées à des essences étrangères. Pour être assurée la ligne de développement devait aborder le problème des influences étrangères suggérées par l'école de l'histoire des religions, Perse, Babylonie, Egypte, Grèce. Il fallait donc la soumettre à une sorte de contre-épreuve, au risque de commettre quelques répétitions.

En un mot, nous avouons d'avance que cet ouvrage n'est point un répertoire complet des faits et des doctrines, soigneusement classés, mais plutôt un essai en va et vient sur le développement des principales doctrines. Des événements et des concepts ont été passés sous silence. D'autres ont été plus discutés qu'on ne le fait d'habitude dans un ouvrage de généralisation. Si ces points ont été bien choisis parce qu'ils importent davantage à l'intelligence des origines du christianisme, nous n'aurons pas à regretter le sacrifice d'une composition mieux équilibrée.

C'est en effet la prédication de l'évangile que nous avons toujours eue en vue, et c'est ce qu'exprime la seconde partie du titre : Avant Jésus-Christ.

Jésus-Christ, que nous adorons comme Dieu, mais aussi véritablement homme, est né en Judée, et y a prêché sa doctrine. C'est de là que ses disciples, tous Juifs, se sont répandus dans le monde. Plus la critique s'applique à l'étude de ce mouvement religieux, plus elle reconnaît son point de départ juif, ce qui pour nous ne nuit nullement à sa divine originalité.

(1) On est étonné de lire dans l'excellent Judaism de Moore (II, p. 280 s.) : « L'opinion proposée par quelques savants de l'origine essénienne de la littérature apocalyptique manque d'évidence ». Soit. Mais l'auteur ajoute : « Si cela était vrai, cela ne contribuerait en rien â notre intelligence des livres eux-mêmes ». Jfitwere true, il would contribute nothing to our under standing of the books themselves. (!)

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