‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 5 sur 198 · I. — LES SOURCES · texte numérisé non relu

I. — LES SOURCES

Outre les Écrits inspirés de l'Ancien Testament. (2), les sources principales sont les ouvrag-es de Josèphe et les écrits rabbiniques.

A. Josèphe.

Le texte : Flavii Josepki opéra, recognovit Benedictus Niese (1889).

La recension de Niese peut assurément être corrigée dans certains cas. Mais comme a dit Théodore Reinach (3), « elle est la base de tous les travaux ultérieurs, notamment des éditions de Naber (1896) et de H. St. J. Thackeray », la dernière inachevée. C'est le texte de Niese que nous avons suivi, sauf indications contraires.

Une traduction française « scientifique » et annotée a paru, sous la direction de M. Théodore Reinach, « avec plusieurs collaborateurs ». Depuis la mort de ce savant très compétent comme helléniste et au courant des choses juives, la dernière partie des Antiquités di, paru parles soins de M. Salomon Reinach, Il ne manque plus que les livres IV-VII de la Guerre. Les passages que nous avons cités en français sont empruntés à cette traduction, sauf les cas où une interprétation plus littérale nous a paru indispensable (4).

Josèphe, né en l'an 37/38 ap. J. -G., fils deMathias, appartenait, d'après son témoignage, à une famille sacerdotale par son père; sa mère se rattachait même aux Asmonéens. Définitivement rangé au parti des Pharisiens, qui comptait quelques prêtres, il était modéré en politique

(1) Les documents et les ouvrages généraux sont seuls indiqués ici, en 1res petit nombre, et ordinairement récents. Les sources spéciales et les monographies sont indiquées à l'occasion.

(2) Souvent cités d'après la traduction de Crampon, « La Sainte Bible », éd. de 1928.

(3) Flavius Josèphe contre Apion, texte établi et annoté par Théodore Reinach, Les Belles Lettres, 1930.

(4) Œuvres complètes de Flavius Jos^.phc, traduites en français sous la direction de Théodore Reinach. Antiquités 'judaïques, I-V, traduction de Julien Weill, 1900 ; Vï-X, trad. de Julien Weill, 1926; XI-XV, trad. de Joseph Chamonard, 1904; XVI-XX, trad. de G. Mathieu et de L. Herrmann, avec le concours de S. Reinach et J. Weill, 1929. — De l'ancienneté du peuple juif (contre Apion) trad. de Léon Blum, 1902. Guerre des Juifs, I-IIl, trad. de René Harmand, 1912.

XII ^ BIBLIOGnÀI>HIE.

et très désireux de ne pas rompre avec les Romains. Engagé dans la ^nierre un peu malgré lui, il s'est mal expliqué et même contredit sur les causes de cette aventure; il se tira de ce mauvais pas par une ruse ignoble et passa désormais dans le camp des Romains, s'efforçant d'ailleurs d'éviter à ses compatriotes les derniers malheurs. Après la catastrophe, il accompagna à Rome les vainqueurs et jouit de la laveur avérée de Vespasien et de Titus; c'est de ces patrons qu'il a tenu le nom de Flavius. Ensuite de quoi les Juifs l'ont toujours regardé comme un traître. Cependant, s'opposer à l'insurrection, conseiller la soumission quand il était encore temps, ce n'était point d'un traître. Josèphe comprit que les Juifs ne pouvaient lutter contre les maîtres du monde méditerranéen ; il ne cessa d'être passionné pour les vrais intérêts et la gloire de son peuple, et peut-être même ce sentiment alla-t-il toujours en croissant, surtout lorsque l'hostilité ou du moins l'indifiérence de Domitien l'eurent détaché de son zèle pour l'empire et la maison impériale des Flaviens. Cette faveur l'engagea peut-être à composer son premier livre, mais l'aida sûrement à en faire un document historique des plus précieux.

D'après Thackeray (1), auquel nous devons beaucoup pour cette brève notice, Josèphe composa la Guerre Juive (r.tpl toù 'louSaizou 7roXé[j<ou) pour détourner les Juifs de l'Asie occidentale de se soulever de nouveau contre les Romains.

Dans ce but il l'écrivit en araméen, sa langue maternelle, et le pouvoir lui communiqua des documents de première main, notes de l'état-major, mémoires de Vespasien. Aucune source n'est nommée, selon l'usage littéraire du temps, ce qui permettait de les fondre librement. L'ouvrage, écrit peu après la guerre, fut publié à Rome en grec. Ce grec est en somme très satisfaisant, s'inspirant des bons auteurs attiques sans les copier servilement; on n'y a remarqué aucune trace de sémitisme. Il est donc évident que Josèphe ne fut jamais assisté aussi complètement par ces collaborateurs dont il ne daigna faire mention qu'à la fin de sa vie (C. Ap.j, 50) (2).

L'édition grecque de la Guerre (entre 75 et 79) terminée avant la mort de Vespasien plut tellement au pouvoir qu'on en fit le dépôt dans la bibliothèque publique. Si Tacite, très hostile aux Juifs, n'a pas consenti à consulter Josèphe, conime le veut Thackeray (3), à tort selon nous,

(1) Josephus the Man ani tke Ilistorian, by H, St. John Thackeray, M. A., New-York, 1929.

(2) D'après M. Eisler (dans son grand ouvrage lïjaou; SatnXsu; ou pacrt^Euo-aç, etc. etc. ; cf. ItB., 1930, p. 29-46), la traduction slavonne de la Guerre représente une première édition de la Guerre, qui portait le nom de « Sur la Ruine » (nepî àXwc-stoç) ou Halôsis. Ce n'est qu'une conjecture sans appui; rien n'indique que la Guerre ait eu deux éditions grecques, et l'on est ») )ligé de concéder que lé slavon est traduit du grec.

(3) Cette raison de convenance n'est pas décisive, car elle a pu céder pour un assimilé comme Flivius Josèpho, et ne doit pas l'emporter sur les raisons tirées des textes.

Page 1