‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 57 sur 198 · VII, 29; XXII · texte numérisé non relu

VII, 29; XXII

(3) Charles précise de 109 à 105, date de la mort de Jean Hyrcan, parce qu'il pense que Sichem représente Samarie prise environ quatre ans auparavant. Mais les deux conquêtes sont séparées. par un intervalle qu'on peut évaluer à une quinzaine d'années.

lE LIVRE DES JUBILÉS. 121

pas avec celle des Pharisiens enreg-istrée par la Michna (1), mais sûrement enseignée depuis longtemps dans leurs écoles. Il ne suffirait donc pas, pour s'arrêter à un Pharisien, de supposer un état du pharisaïsme antérieur à sa rupture avec Jean Hyrcan. Assurément l'auteur n'a pas rompu avec la dynastie Asmonéenne. Nous avons relevé son enthousiasme pour la race de Lévi. Non seulement il lui reconnaît un droit sacré au pouvoir et au pontificat ; c'est à elle que sont confiés les livres des patriarches (2), et, ce que les Pharisiens n'auraient pas concédé, le privilège de les expliquer (3). Celui qui s'exprimait ainsi était probablement un prêtre. Il était, avons-nous dit, très attaché à l'observance de la Loi, aux privilèges d'Israël, au strict devoir de se séparer des Gentils, en un mot à ce qui caractérisera à jamais l'esprit des Pharisiens.

Mais nous regardons les Esséniens (4) comme des intransigeants de droite par rapport aux observances. Us avaient, comme nous le verrons, un culte spécial pour les anges ; ils s'occupaient de spéculations scientifiques, mais surtout des livres anciens. Enfin, et c'est là le principal, ils envisageaient dans la mort une délivrance de l'âme, sortant du corps comme d'une prison. Il nous semble que ce sont là les traits du livre des Jubilés, et nous n'hésitons pas à en attribuer l'origine à l'un des ancêtres de la secte.

Le zèle de l'auteur pour les observances l'a emporté si loin, que M. Singer a soutenu avec une certaine vraisemblance qu'il avait entendu défendre la loi contre les arguments de saint Paul. L'Apôtre avait distingué la Loi du Sinaï de celle de la circoncision qui était antérieure à Moïse, et ordonnée à Abraham, comme une récompense de sa foi. Les Jubilés mettent la circoncision au-dessus de toute atteinte en la transportant dans les chœurs des Anges les plus élevés.

(1) Ces points, qui ne sont pas de notre sujet, ont été énumérés par Schûrer et par Charles. Notons seulement ce qui regarde la fête de la Pentecôte. D'après Lév. xxm, 15, on comptait sept semaines « à partir du lendemain du sabbat, du jour où vous aurez apporté la gerbe pour être balancée » jusqu'à la fête des semaines. Les Sadducéens entendaient ce sabbat du septième jour de la semaine, de sorte que la Pentecôte tombait toujours un dimanche. Les Pharisiens entendaient par sabbat le premier jour de la fête des Azymes, de sorte que la Pentecôte tombait cinquante jours après le 15 nisan, soit ordinairement le 6 sivan, quel que soit le jour de la semaine. Les Jubilés entendent aussi ce sabbat d'un jour de fête, mais du septième jour des Azymes, soit le 21 nisan, et célébraient donc les Semaines le 15 sivan (xvi, 1). Cette opinion est en harmonie avec le système singulier qui prône une année solaire de 364 jours (vi, 32), probablement afin que les fêtes tombent toujours le même jour de la semaine. Un pharisien n'aurait pas osé proposer ce comput si opposé à l'année lunaire des Pharisiens, car il est diflicile d'admettre qu'il ait accepté en même temps un calendrier lunaire ecclésiastique (cf. Charles, sur vi, 19-30).

(2) xLv, 16 : Jacob lègue à Lévi ses livres et ceux de ses pères, « afin qu'il puisse les garder et les renouveler pour ses enfants jusqu'à ce jour», c'est-à-dire jusqu'au temps de Moïse en apparence, et jusqu'au temps de l'auteur en réalité.

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