‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 59 sur 198 · LES TESTAMENTS, DES EATRIARCUES · texte numérisé non relu

LES TESTAMENTS, DES EATRIARCUES

èsipcessioEL dli dogme. Si semblable an N>T. q^ue soit la morale,, ponii' l'idée et f QUE l'expression,; elle' est censée authentiqiUe,, et comme un pressentiment de la moralechréti&nne, un pont jeté, entre les deux alliances. Le. eritique- anglais envient à dire que « SainÊ Paul semble s'être servi de ce ]mne- comme d'un vade meeiim (1) »., Le boni sens exige aiu contraire; que dans un ouvrage où Les interpolations chrétiennes; évidentes; sont n0na;brQ uses et parfois; assez, longues,, on regarde comme telles ceMfe& qui sont étroitement apparentées au Nouveau Testament.

Ce que Gkarles juge antérieur aux retouches cliré tiennes est encore divisé par lui en deux parties: un éerlt fondamental, du temps de Jean Hyrcan, et des additions du 1"" siècle av. Jv~C.,. liostiles à la dynastie aamanéenne (2). Nous voyons,, en effet, dans le plnss grand nombre (3) de^ morceaux mis à part, des passages qui tcancheni sur le fond et qui ont dû être ajoutés.. Mais qn/ils soient ins;piréft d'une liostilicé spéciale contre les Aamonéens, qu'ils reflètent en particulier les gue^rea initestines d'Hyrcan H et d/Aoïtigone, c'est ce. que nous ne j)OHVons concéder. Nous y reconnaissons encore dés interpAtions chrétiennes; (4), dirigées sans doute contre le sacerdoce lévitique, mais aussi contre Jud^ (5). Et ce que LévL reproche surtout au sacerdoce,; ce n'est pas d' avoir rompu avec les Pharisiens, c'est l'impiété des prêtrea qui ont mis la main sur le. Sauveur du monde (6:), ce qui a causé, l'aveuglement de. la nationl Les J.uils seront réprouvés pour avoir méconnu le Sauveur;, c'est de là que vient, dans le plus grand nombre des cas, la menacé de la dispersion, qui est donc, chrétienne; (7).

Mais cet aveuglement et cette dispersion n'empêcheront pas le salufc final d'Israël : Paul l'avait annoncé, et pour qu'on ne se méprenne pas, c'est le salut dans la foi et dans l'eau (8).

[SPseuclep. p. 292.,

(2) En. voici la liste (TraduGtioa, p. tmj :; Eév.,. x„xiv-x?vt; Jud., xvii, 2 — x.vin, t (?); xxr,,6 — xxiify xxir,.4r6; Zab.„ ix;; Dan, v, 6-7;; vu, 3 (?); Nepht., rr;: Gad., vin, 2; Aser, vu„4-7.

(3) II; faut sans doute réserver son jugement sue un, cerlain nombre de passages où l'auteur: a pu répéter des blàimea et, des menaces traditionnels; en se plaçant par la pensée avant lîiu captivité de Babylone;. cf. Lévi, xvu, 9 s., Juda xxHi.!

(4) Par exemple dans Lévij x, 2 transgression [envers le sauveur dii monde, le ObrJst],. interpolation reconnue par Gliarles, et au v. 3 lé rideau du temple sera fendu 1 Dans Aser vus, 5 on reproelie à la tribu de ne pas observer la loi,, ce qui pourrait être authentique, mais on; ajoute : akV èvToXaïc àv9pwutûv y.axia SiapestpiîjxEvot. Le chrétien s'approprie ici le reproche de Jëisus (Mg. VII, 8): etc., etc.

(5) Dan,, v, 6-7. " -, hy- .

(;6)-Lévi, xiv, 2. ■-' ■■■ ■ ; -•'^- ■ ■■'

(7) Lévi, XV, 2, Trapà -crj; Sixaioxpiaiàç tou 0eo3, 'icf;- Lévi, ilt,. 2 : 'étî; ^[^^^^^ ôixatoxpto-i'a toO Oeoû et Rom. ii, 5 èv -ouépa ôpyïjç xal à7roviaXûJ)î6)« ôrvtaioxpià-faç.xoxj QeôSi.

(8) Lévi,. xvii, 5 : « Tous; serez dispersés, et; maudits parmi les nations, jusqu'à ce qu'il vous visite de nouveau, aie compassion de vous et vous; iîeçpivè [dans la foi et dans l'eau]. Gliarles rej.ette £N tcCotei xai u^ati soutenus par les; deux traditions grecques, une partie de l'arménien et leslavon. Aussi essaie-t-il de L'entendre des purifications des Juifs. Mais celte, visite « de nouveau » marque assez clairement le seconde: a vcnemetit du. Sauveur.

124 Tll. LES PREMIÈRES APOCAIYPSES.

Les choses étant ainsi, nous n'hésitons pas à attribuer à Tèsprit chrétien le sentiment très large d'universahsme qui se fait jour dans les Testaments. Charles préfère admettre que cet ouvrage est sur ce point en complète opposition avec le livre des Jubilés et, l'on peut dire, avec tous ceux qui sont classés à Tépoque macchabéenne. Pour admettre une pareille anomalie, une réaction si étrange contre les tendances du temps, il faudrait des raisons très fortes. Elles n'existent pas. Sans doute l'auteur aurait pu s'inspirer d'Isaïe et associer les Gentils au salut d'Israël. Mais les passages cités dans ce sens s'expliquent beaucoup plus naturellement comme des additions chrétiennes (1). Si on les enlève, il n'y a rien dans les Testaments qui tranche avec l'exclusivisme des Juifs, seuls dépositaires du salut. Leur séparatisme est le même, l'union avec des femmes étrangères rappelle Sodome et Gomorrhe (2),

Les Gentils sont donc toujours traités avec le même mépris.

Fondée sur l'Ancien Testament, la morale des patriarches est solide et élevée; rien n'indique cependant un pas décisif en avant dans la charité pour le prochain. Les deux commandements d'aimer Dieu et le prochain existaient dans la Loi, mais séparés (3). Jésus a révélé le lien qui les unit. On a voulu en faire honneur aux Testaments; pourtant là encore on se fie trop à des interpolations chrétiennes (4), D'ailleurs le prochain de ce livre ne pouvait être qu'un enfant des douze tribus. Toutefois, même en faisant très large l'influence de l'esprit chrétien, on ne saurait l'étendre à ce qui faille fond du livre, l'association de Lévi et de Juda pour assurer les destinées d'Israël, et le devoir des autres tribus de se soumettre à celte

(1) Lévi sera la lumière et la bénédiction d'Israël « jusqu'à ce que le Seigneur visite tous les Gentils dans, sa tendre miséricorde à jamais » (Lévi, iv, 4); Israël n'est même pas nommé. — De même Benj., ix, 5 u Pratiquez les commandements de Dieu, jusqu'à ce que le Seigneur révèle son salut à tous les Gentils ». Pour un juif le salut consistera ù observer la Loi. — Lévi, vin, 14 : « car un roi s'élèvera dans Juda et établira un nouveau sacerdoce, selon le mode des Gentils pour tous les Gentils ». Voir l'épître aux Hébreux. — Charles elle sans plus ^e profit selon nous Sira., n, 5; Aser, vu, 3; Nephtali, vni^ 3; Lévi, ii, 11; Benj., ix, 2; Dan, vi, 7. Mais voici Benj., ix, 2, qui a donné lieu à toute cette dissertation : « Cependant le temple de Dieu sera dans notre portion, et le dernier sera plus glorieux que le premier, et les douze tribus se rassembleront là et toutes les nations, jusqu'à ce que le Seigneur envoie son salut dans la visité du prophète fils unique ». Suit un abrégé de la vie de ce prophète qui vient dans lé temple, y est insulté, élevé sur du bois; le rideau du temple est brisé, l'esprit de Dieu passe aux Gentils. Descente aux enfers, ascension. Cette suite rend le début assez suspect. Si cependant il est authentique, on voit seulement les Gentils rendre hommage au Temple, ce qu'avait fait Antiochus Sidétès.

(2) Lévi, XIV, 6. Il semble d'après ce texte que des lévites croyaient pouvoir éluder la défense au moyen de purifications déclarées illégales.

(3) Deut., VI, 5et Lév. XIX, 18, -

(4) D'après Charles, Jésus a connu cet apocryphe et donc s'en est inspiré. Mais Schùrer a fait remarquer que des quatre passages cités, trois (Issachar v, 2 ; vir, 6 ; Benj., m, 3-5) manquent dans la version arménienne, qui contient moins d'interpolations ; le quatrième est plus probablement lin développement chrétien (Dan, v, 2) ayant été complété au v. suivant par àYainocraTe xov XOptov Iv TrâfTï] T^ Çw^ OfJiûv xai oùXr,lo\Ji èv àXïiOiv^ xïpSt^.

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