I,ES PSAUMES DE SAIDMQN
xni, '^ On no saurait comparep la correction, des justes dans leur ignorance, et la catastrophe des pécheurs,.
C'est surtout dans les deux psaumes m et xiii, qu'est formulée cette théorie qui constitue l'essence du pharisaïsme : il n'y a que deux catégories d'hommes : ceux qui sont justes et saints et ceux qui sont pécheurs. Les premiers se corrigent eux-mêmes, surtout par l'épreuve que Dieu leur envoie ; il les traite comme des fils, qui n'ont été qu'à la limite du péché, ou, qui ne l'ont franchie que par ignorance. Ils ont les yeux ouverts par les peines que Bien leur envoie, ils s'y soumettent et échappent dès ici bas aux châtiments les plus sévères : marqués d'un signe, ils n'auront rien à souffrir : le psalmiste l'avait peut-être éprouvé lors du sac de Jérusalem par Pompée. Et la vie éternelle auprès de Dieu leur est assurée.
Les pécheurs au contraire, accumulent les péchés comme ^ plaisir, il ont sur le front un signe de perdition : Dieu les punira dès ce monde par répée, la famine, la dent des bêtes, elils périront tandis que lés justes ressuciteront pour la vie éternelle (1). Qui sont donc ces pécheurs? Les commentateurs sont unanimes à répondre : les Sadducéens.
, Cette solution paraît trop absolue. Les Sadducéens sont le plus souvent traités en ennemis, ce sont les ennemis, mais il en est peut-être d'autres.
Et en effet, s'est-on rendu compte exactement de ce qu'était le parti sadducéen à l'époque assignée pour la composition des psaumes, de l'an 69 au plus tôt à l'an kO au plus tard ?
Wellhausen était logique, lorsqu'il voyait, dans ces Sadducéens Alexandre Jannée et ses partisans, car alors ils formaient un bloc parfaitement homogène. Encore le titre de parti de la cour lui convenait mieux que celui de Sadducéens. Il est vrai qu'il a plu à Josèplie de tracer dès la fin du règne d'Hyrcan P"^ quelques traits sur les Sadducéens, qui convenaient au, temps qui a précédé le sien (2).
Mais on ne saurait parler des Sadducéens du temps de Jésus sans les regarder avant tout comme le parti des grandes familles sacerdotales, parti qui avait sa raison d'être sans une allégeance spéciale envers le pouvoir politique. Il est certain que les « Sadducéens « seront plus ennemis d'Hérode que les Pharisiens. Or,, à partir de la mort d'Alexandre, jusqu'à l'avènement d'Antigone, et sauf pendant le règne très court d'Aristobulè II, c'est Hyrcan II qui a été le grand prêtre. Il avait donc sûrement pour lui un très grand nombre de prêtres. En somme le parti sadducéen a dû être divisé, ou plutôt il n'existait pas encore, comme tel. Celui que
(l).PS. XV.
{2) Ant.,xm, X, 6.