‹ Le judaisme avant Jésus-Christ [microform]Chapitre 90 sur 198 · X.. DÉRODE · texte numérisé non relu

X.. DÉRODE

an point Je plus éieVé de la cité haute, et ]a tour Antonia qui dominait le Temple, étaient isolés comme des forteresses en état de soutenir un. siège. De même à Jéricho, Et lorsqu'il se bâtit une habitation de plaisance à la campagne, à laquelle il donna son nom, l'Hérodion (1), an sud-est de Bethléem, il la dressa sur une colline artificielle qui la rendit inaccessible. Dans toutes ses résidences tout était accommodé à l'intérieur avec luxe pour une vie fastueuse et facile; l'extérieur était hérissé de fortifications. Telle était aussi la situation du roi. Les étrangers reçus à sa cour le tenaient pour un prince libéral et magnifique, ami des lettres et des arts, un des plus éclairés de son temps, maître d'un pays pacifié et prospère. S'ils avaient parcouru le pays, ils auraient recueilli partout des signes de mécontentement et d'indignation contre cet étranger, contempteur des traditions d'Israël.

B. Hérode et le judaïsme. Ce n'est pas qu'Hérode, si sensible aux louanges des Grecs, ait été indifférent à l'opinion des Juifs. Il les gouvernait avec une main de fer, et pourtant il recherchait leur suffrage. Il croyait avec raison avoir beaucoup fait pour eux en mettant fin à leurs discordes civiles. Le pays pacifié, agrandi ciomme aux temps prestigieux de Salomon et sans doute davantage, c'était quelque chose. Il avait même pris sous sa tutelle les Juifs répandus dans le monde romain. Ceux de l'Asie Mineure, comptant dès lors sur son appui, vinrent exposer leurs doléances à Agrippa, son ami. On les obligeait à ester en justice le jour du sabbat, on ne les laissait pas suivre leurs usages particuliers, on comfisqiiait l'argent qu'ils voulaient envoyer au temple de Jérusalem; ils étaient astreints aux charges publiques et au service militaire, ce qui paraissait très naturel aux gens du pays, à eux intolérable. Hérode plaida leur cause, ou plutôt la fît plaider par Nicolas de Damas et obtint gain de cause (2).

A plus forte raison était-il soucieux de venir en aide aux Juifs de son royaume. Lors de la famine qui succéda à une disette complète, il montra une activité, une prévoyance, une libéralité qui eussent fait honneur à l'administration la plus paternelle (3). Ce fut probablement à cette occasion qu'il fit remise du tiers de l'impôt (4).

(1) Olto après Niese admet un autre Hérodion bâti contre les Arabes dans l'Idumée, d'après Bell., 1, XXI, 10. C'est le seul texte clair. Plusieurs des textes que Niese entend de ce second Hérodion s'appliquent au premier.

(2) Ant., XVI, II, 1 ss., en 14 av. J.-C. Dans cet endroit on dirait que toutes les demandes des Juifs ont élé admises, mais dans les rescrits d' Agrippa {Ant., XVI, vi, 4 s.), il n'est pas question de la dispense des charges publiques et du service militaire; on peut croire avec Otto que cette réticence est un refus. Le second rescrit est relatif aux Juifs de Cyrène, dont il n'est pss dit qu'ils aient eu recours à Hérode.

(3) AnL, XV, IX, 2; en l'an 25 av. J.-C.

(4) Ant.,X\, X, k.

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