‹ Le Judaïsme [microform]Chapitre 7 sur 22 · ÉLÉMENTS PERMANENTS DE LA TORA · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS PERMANENTS DE LA TORA

rentes sortes de judaïsme, tenter de définir les éléments stables de son essence doctrinale. On aurait tort, en effet, de conclure des précédentes remarques que la Tora n'a pu créer ou développer en Israël qu'une activité religieuse d'ordre réaliste, ou pragmatique, devenue dans la masse moutonnière dressée à la minutie des pratiques, quasi mécanique et automatique. Nous nous expliquerons plus loin sur le ritualisme de la religion d'Israël. Nous voulons ici mettre en lumière d'abord la richesse des enseignements d'ordre spirituel, religieux, sinon dogmatique, qui lui appartiennent sans conteste et dont elle a réellement nourri l'âme et la conscience juive pendant des millénaires.

Il y a comme un potentiel spirituel immense dans cette Tora, source de la civilisation juive. Confiné d'abord en un coin d'Asie, puis débordant dans le bassin méditerranéen, le judaïsme a été amené à en « expliciter » au dehors le contenu inépuisable, même si une large part de la Tora, qui ne visait que la terre d'Israël, — lois des sacrifices, rituel de pureté sacerdotale et lévitique — s'est trouvée caduque, faute d'applications possible dans la Diaspora.

La religion d'Israël consiste essentiellement, selon Moïse Mendelssohn, dans une « législation révélée)). La Révélation n'a point porté sur des vérités dogmatiques, n'a pas prescrit ce qu'il

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faut croire ou ne pas croire, mais ce qu'il faut faire ou éviter pour plaire à Dieu, lui témoigner obéissance, respect, amour, en un mot, faire preuve à'Emouna, cette foi juive faite de confiance qui est une adhésion du cœur et une tension de la volonté plus encore qu'une affirmation intellectuelle. Le dogme, d'aiUeurs, ne se commande point. Une religion qui fait du dogme l'essentiel est vouée à l'intolérance. Au reste, le judaïsme ne fait que professer, en matière de croyance, les axiomes fondamentaux s'imposant à la raison universelle et composant le patrimoine commun de l'humanité pensante : Dieu, la Providence, l'âme spirituelle, le libre-arbitre, la vie future. On connaît cette théorie célèbre exposée dans Jérusalem par le père du judaïsme moderne à la veille de l'émancipation, en bon juif certes, mais aussi en fils du xviii© siècle qui se figurait que les dogmes du spiritualisme, de la philosophie naturelle, ne sauraient trouver désormais de contradicteurs sérieux et honnêtes et qu'un accord s'établirait définitivement sur une base commune de croyances, sans lesquelles il n'était pas de société humaine viable.

Certes, Mendelssohn avait raison de penser que le caractère original du message d'Israël était de s'exprimer en impératifs, positifs ou négatifs, plus persuasifs d'ailleurs que contraignants, depuis qu'Israël avait cessé d'être un corps de nation, au sens politique du terme. Il n'en accréditait pas moins, sans le vouloir, une opinion fort contestable, à la prendre tout à fait à la lettre, et

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