‹ Le Judaïsme, ses dogmes et sa mission (volume 2)Chapitre 43 sur 52 · XI. Homélitique et Prédication · texte numérisé non relu

XI. Homélitique et Prédication

La prédication, prise dans son acception la plus générale, c'est-à-dire la religion et la morale mises à la portée de tout le monde dans des assemblées publiques, confiée à l'orateur sacré, libre dans ses mouvements, dans ses gestes, dans ses paroles, dans les moyens et les ressources qu'il lui plaît de mettre au service de la cause qu'il défend , affranchi dans une certaine mesure des lisières du texte écrit, appelant à son aide les artifices du langage comme les secrets de l'éloquence, se servant tour à tour, et selon ses convenances, de l'interrogation, de l'apostrophe, du pathétique, de l'invocation à Dieu, de la comparaison et de toutes ces figures qui frappent notre imagination pour de là pénétrer dans les cœurs et y faire vibre* les cordes les plus sensibles de notre être, celte prédication, disons-nous, appartient en toute propriété au judaïsme, et remonte jusqu'à son origine.

(1) Dculcr., XXVI, 13.

(2) Schcmolh Habba, sect. 3G.

Aperçu historique de la prédication.

Depuis Moïse jusqu'à la dispersion, comme depuis la dispersion jusqu'à nos jours, l'action de la prédication a été permanente. Le Deutéronome, contenant les dernières volontés du législateur, n'est pas autre chose qu'un long sermon, parfois interrompu, puis repris et continué jusqu'au bout, et déjà tous les éléments qui constituent l'art oratoire y ont leur expression : le récit, l'interpellation, l'intimidation, la persuasion, les promesses séduisantes de la rémunération, les vastes perspectives d'une noble mission à remplir, de grandes destinées à réaliser (1). En fidèle disciple de Moïse, Josué fait comme lui ; à l'exemple du maître, il convoque tout le peuple avant sa mort, et, dans cette grande réunion, il lui adresse ses dernières exhortations (2). Samuel, le fondateur du prophétisme, en fait la pierre angulaire de son institution ; c'est lui qui élève celle tribune sacrée qui retentit pendant des siècles des plus mâles accents de l'inspiration divine; c'est lui qui prend l'initiative des exhortations et remontrances faites, au nom de Dieu, aux grands et aux chefs d'Israël. On sait avec quelle ardeur il fut suivi dans cette voie , d'abord par les premiers prophètes : — Nathan, Ahia, Élie, Elisée, — ensuite par ces bouches d'or qui se nomment— Osée, Isaïe, Arnos, Michée, Jérémie. — Au début du second temple, et simultanément avec la nouvelle organisation due à Ezra et au grand Synode, nous avons l'institution du Thargoum, que nous avons fait connaître (3), et qui est une prédication régulière, périodique, devenue partie intégrante du culte officiel. A mesure que nous avançons dans l'ordre des temps , nous voyons la prédication gagner du terrain, prendre de l'extension et acquérir plus de prestige. La tradition nous parle de la prédication de Hillel lors de sa pro-

(0 Voir Impartie, I, le Deutéronome.

(2J Josué, chap. 25 et 24.

(5) Voir lie partie, V11I, Institutions du grand Synode.

motion aux fondions de chef spirituel (1); elle nous apprend qu'à la suite de l'apaisement du conflit qui avait surgi entre le second Gamaliel et ses collègues, on jugea à propos de conserver à son intérimaire une des prérogatives du nassi, et Rabbi Eléazar ben Azaria fut mainlenu'dans la fonction de prédicateur officiel, et alterna avec Gamaliel dans l'accomplissement de la prédication sabbalhique (2) ; elle enseigne que c'est une œuvre méritoire de se mettre en mesure, au moyen du eroub (domicile fictif), de pouvoir franchir la limite de la zone sabbathique quand il s'agit d'aller entendre le sermon (3); elle a consigné, en outre, l'expression du dicton populaire : « Il y a foule là où il y a sermon (4). » Enfin , pour donner à la prédication le prestige de la plus haute antiquité, elle en attribue l'institution publique et officielle à Moïse : « C'est Moïse, ditelle, qui institua en Israël l'usage de prêcher à chaque fête sur la solennité du jour (5). » De là l'expression si fréquemment usitée dans le ïalmud du, terme darasch, prêcher; de là encore celle-ci : « prêcher à l'entrée de la demeure du nassi (6), » probablement comme étant un lieu propice aux grandes ràunions et à l'affluence des masses.

La puissance et l'influence de la prédication étant ainsi parfaitement constatées, il s'agit de donner une idée de la nature de ce genre d'enseignement. Des passages déjà cités, comme de beaucoup d'autres relatifs au même sujet, il semble résulter qu'elle se divisait en deux branches principales, se rattachant à la grande division même du Talmud, c'est-à dire la Halacha et VÀgada. La première avait pour objet les thèses doctrinales, les questions de législation et de culte pratique , les controverses rabbiniques, les discussions de toutes les opinions émises sur tel ou tel point du droit canon, et même du droit civil, leurs contradictions et leur conciliation. Une vaste éru-

(1) Talmud, Pessahini, fol. 00.

(2) Talmud, Beracliolh. fol. 28.

(3) Talmud, Eroubin, fol. ".6.

(*) Talmud, Beracholh, fol. t>.

(!i) Talmud, Mcguilla, fnl. 32.

(6) Talmud, passim. SHn^EX . . . S" 1 " 1

dition, de profondes investigations, une puissance dialectique de premier ordre, mais aussi des arguments par trop subtils des raisonnements tirés par les cheveux, le bon sens remplacé parl'ergotisme, voilà ce que l'on rencontre dans les livres de la prédication consacrée à la Halacha, dont il nous reste de nombreuses collections depuis la période des guéonim jusqu'aux temps les plus récents. Il est bon de constater que ces débauches d'arguties et de subtilités que nous signalons ne sont que l'exagération et l'abus d'un genre qui ne manque pas d'utilité; aussi ont-elles été condamnées par plus d'un docteur comme une déviation de la bonne voie. Dans le principe, celte prédication était plus simple, beaucoup plus conforme aux allures d'une raison sévère. Ce qu'il faut remarquer encore, c'est que la prédication sur la Halacha n'était jamais populaire] ne s'adressant qu'aux gens instruits et aux esprits forts, ayant le mérite de fournir un aliment aux hautes études lalmudiques niais non pas celui d'attirer la foule, qui n'y entendait pas grand'chose, ainsi qu'il résulte d'une citation déjà faite au sujet de deux prédicateurs (1).

La seconde manière, la prédication réelle, c'est celle qui puise sa source dans le dogme ou dans la morale, qui sait en approprier les enseignements au degré d'intelligence de l'auditoire, les mettre à la portée de tous, parler au cœur autant Qu'à l'esprit, saisir fortement l'imagination, et par elle arriver insqu'à la raison populaire, et voilà précisément le but essentiel de toutes ces paraboles, allégories, fictions, mythes, légendes, dont nous venons de donner un aperçu. L'Agada n'en a souvent conservé que le texte, dont les développements se donnaient de vive voix par les orateurs sacrés. Ceci explique Mqu'à un certain point la singularité, l'étrangeté de certaines «e ces légendes, qui sont restées à l'état d'énigme malgré la s agacilé des commentateurs. C'est qu'il ne nous en est resté c l«c le squelette, tandis que l'esprit et le sens vilal s'en sont e nvolés avec la parole du prédicateur. Nous en citerons un

(0 Voir plus haut, VII, Agadn.

exemple propre à nous éclairer sur le parti que l'on cherchait à tirer de ces formes inusitées : « Un rabbin prêchait un jour, et, voyant son auditoire plongé dans un état de torpeur qui ne lui faisait espérer aucun résultat de son discours, usa d'un stratagème pour réveiller le public de sa léthargie. Que fit-il? 11 adressa à son auditoire cette question saugrenue : « Quelle est la femme qui, à elle seule, enfanta six cent mille enfants? » A cette question, réveil et mouvement général de curiosité dans l'auditoire. Alors le prédicateur, ayant atteint son but, dit en souriant : « Eh ! c'est Yochebed, c'est la mère de Moïse, Moïse équivalant à lui seul à tout Israël, composé de six cent mille âmes (1). »

Mais il importe de signaler un autre danger : rien n'étant parfait dans la main de l'homme, cette manière présente aussi quelques inconvénients. Elle a son écueil, qu'elle n'a pas toujours su éviter, dans le symbolisme. Une fois entré dans là voie de l'enseignement figuré, des expressions imagées, la difficulté était de savoir enrayer, tout chemin, si droit soit-il, ayant sa pente plus ou moins sensible, sur laquelle on finit pal' se laisser entraîner. On n'a pas toujours su ou voulu se contenter de symboliser la morale et certaines pratiques religieuses. L'histoire y passa à son tour, et les faits politiques et nationaux furent transformés en autant de mythes représentant des types moraux. Mn d'ouvrir de nouvelles issues soit à la morale, soit au dogme, on laissa le symbolisme envahir tout le domaine de la religion, usurper une place qui ne lui appartenait pas, empiéter sur le terrain de la Loi et du récit biblique C'est dans les Midraschim surtout que cet abus du symbolism e commence à se faire sentir, pour prendre ensuite des proporlions de plus en plus démesurées (2). On peut juger des développements monstrueux qu'il avait atteints à une époque qP appartient encore au cycle de la tradition par ce que nous e» dit Saadia dans son livre des opinions et des croyances. Voi^

(1) Midrasch Hasilha , ou Canlique des Ganliques, V, 1 .

(2) Bcmidbar Itabba, sect. 7-l^

comment il s'exprime à ce sujet : « En réfléchissant sur l'interprétation figurée par rapport aux dogmes, je me suis dit que s'il était permis de l'appliquer au dogme de la résurrection, en déviant sans nécessité du sens littéral, il n'y aurait pas de raison qu'on n'en étendit l'application aux prescriptions pratiques, puis aux récits de l'histoire sainte et aux miracles. Pourquoi n'admettrait-on pas, dès lors, que la défense de manger du pain levé pendant la fête de Pâques est une allusion à l'interdiction de la luxure; que l'interdiction d'allumer du feu pendant le jour du sabbath, c'est la désapprobation des disputes, des dissensions, de la guerre, souvent exprimées par cette image du feu ; que la défense de prendre simultanément dans le nid d'oiseaux la mère et la couvée ne signifie pas autre chose que la cruauté du vainqueur tuant les enfants sur le sein de la mère? Pourquoi, par le seul effet de l'extension logique de ce système d'interprétation, le récit de la Genèse ne signifierait-il pas la fondation d'une nationalité? Pourquoi l'apparition des végétaux, œuvre du troisième jour, ne serait-elle pas l'indication du bien-être matériel? Pourquoi, fidèle au môme système, la création des luminaires n'aurait-elle pas trait à la création spirituelle de la Loi, de la sagesse, des prophètes qui font rayonner la lumière divine tout autour d'eux, de façon que la Genèse ne serait, en définitive, qu'un long symbole? Enfin, par voie d'extension de la même donnée aux miracles , pourquoi ne pas voir dans le miracle de l'entrée d'Israël dans les eaux de la mer Rouge l'armée Israélite pénétrant au beau milieu de celle de Pharaon qui serait figurée par les flots; et dans le soleil arrêté par Josué, l'apogée de la prospérité du peuple de Dieu, de manière que tout miracle cesserait d'être une réalité pour passer à l'état de mythe (4) ?. » Sous cette fine raillerie de l'illustre théologien perce la

préoccupation d'opposer une digue à cette tendance exagérée

(l) les Croyances et les opinions, livre septième, de la résurrection.

vers le symbolisme, et de combaltre les dangers qui en résulteraient pour l'intégrité de l'Ecriture.

Nous avons cru de notre devoir, dans un aperçu sur la prédication Israélite, de signaler ce Charybde de la Halacha et ce Scylla de l'Agada. Au surplus, c'est ici moins une question de principe qu'une question de mesure, la tradition n'interdisant pas absolument de tirer des conséquences morales de certains points de la législation rabbinique et du culte pratique. Elle en offre elle-même de fort ingénieuses. Ainsi, par exemple, de l'autorisation donnée par la Miscbna (1) d'opérer le sauvetage de l'étui renfermant un livre saint avec le livre même, lorsqu'un incendie éclaterait le jour du sabbalh, on déduit cette consolante doctrine qu'un esprit plein de savoir religieux doit sauver du feu de l'enfer le corps qui lui a servi d'enveloppe (2); ainsi encore d'une loi rabbinique interdisant aux proches l'examen juridique du lépreux, on conclut que les proches parents ne sauraient être des juges impartiaux de la lèpre morale d'un membre de la famille (3); ainsi, enfin, d'une autre loi également relative à la lèpre , et défendant de pratiquer des ouvertures dans une chambre obscure afin d'examiner ce que l'on appelle la lèpre des maisons (4), on fait sortir le précepte moral de s'abstenir, à moins de raisons majeures, d'ébruiter les fautes de notre prochain lorsqu'elles se sont produites dans l'obscurité et dans le silence, loin du regard des hommes.

Les considérations auxquelles nous venons de nous livrer nous paraissent aboutir à cette conclusion, que le meilleur mode de la prédication, c'est une judicieuse alliance entre les deux genres, une prédication qui s'appuie sur la double base de la Halacha et de l'Agada se prêtant un mutuel concours :

Alterius hic.

Altéra poscit opem res et conjurât amice.

C'est le moyen d'entretenir le feu sacré dans le cœur des

(l) Sabbalh, 10; Mischua, I.

(«) Talmud, Haguiga, 15.

(S) Négaïm, 2; Miscbna, 5.

(*) lliiil.; Miscbna, 3.

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fidèles, en veillant à la conservation du lien réel, quoique invisible, qui unit le culte extérieur au culte intérieur.

Ce que nous tenons surtout à signaler, c'est l'existence d'une mine inépuisable, ce sont les gisements si riches, si loin d'être épuisés, de celte partie de l'Agada. L'abandon de cette exploitation spirituelle, si l'on nous permet ce mot, serait le symptôme d'une ignorance fâcheuse au sein du corps rabbinique, ou d'un dédain coupable. Non, il ne faut pas laisser tarir cette source bénie à laquelle se sont désaltérées tant de générations, et qui, comme la femme sage des Proverbes, crie sur les toits : « Venez boire mes eaux, venez étancher votre soif à l'onde pure de la tradition. » Ce serait l'indice d'un déplorable affaiblissement des études sacrées en môme temps qu'une singulière méprise sur les effels de la parole religieuse que de vouloir substituer à l'homélitique imagée, vivace, pleine de sève et d'animation, excitant l'attention du public autant que les méditations du penseur solitaire, que de substituer à cette manière de nos maîtres quoi? un exposé plus ou moins sec,

Plus ou moins froid, d'un point dogmatique ou moral ne jaillissant pas des sources de l'Écriture et de la tradition, et partant ne disant rien au cœur, ne laissant rien dans l'esprit, ne produisant aucune de ces saintes émotions que l'auditoire emporte comme une bénédiction, paroles vides et sonores:

Grands mots que Pradon croit des termes de chimie !

XII. Résumé général du cycle et des monuments de la tradition.

Nous voudrions maintenant résumer en quelques mots la Rouble influence exercée par la tradition et ses monuments sur e s principes et l'histoire du judaïsme, en d'autres termes, sur s °n développement interne et externe. Qu'avons-nous trouvé j^us le premier rapport? Culte extérieur organisé sur les bases e splus solides; cérémonies et pratiques multipliées à l'infini, an s le but de conserver le monothéisme comme dans une cita-

délie inexpugnable, et de le défendre contre toute invasion, contre celle de la force brutale comme des tentatives de la séduction ou du rationalisme; spiritualisation de ce culte par l'institution de la nouvelle exégèse, de la liberté d'interprétation; propagation de l'instruction publique et diffusion des lumières religieuses par l'enseignement populaire, et figuré, non moins que parle prestige et l'honneur attachés à l'étude de la Loi ; satisfaction donnée à la raison ou plutôt à ses procédés par l'argumentation logique qui préside à la controverse rabbinique et devient la base de la Halacha; morale sociale et individuelle étudiée, analysée, fouillée dans ses moindres détails; vulgarisation des dogmes, qui exercent une puissante action sur la morale et la pratique de la vie, notamment de ceux de la Providence et de la vie future ; persévérance de la foi au milieu et à cause même des épreuves ; confiance inébranlable dans les promesses prophétiques et les destinées d'Israël ; mission religieuse à remplir au sein de l'humanité, éclairant et guidant les consciences comme l'étoile polaire au sein de l'obscurité : voilà pour le développement interne. Voici maintenant les principales phases de l'histoire extérieure : L'époque d'Ezra et de Néhémie, ou les premiers essais d'une résurrection nationale et politique troublés par les haines et les intrigues des Samaritains; la colère d'Alexandre miraculeusement apaisée ; la Palestine devenue le champ de bataille des Séleucides et des Ptolémées; les persécutions des Antiochus rendant iffl' mortel le nom des Macchabées ; le règne des Hérodes, tyranneaux doublés de toute la cruauté et de toute l'avidité des proconsuls romains ; la grande insurrection ensevelissant l a nationalité sous les ruines du sanctuaire , les cruautés des Césars, la dispersion, les hostilités des peuples modernes sortis spirituellement des entrailles du judaïsme et déchirant sans pitié le sein qui les a portés ; le fanatisme et l'intolérance arri' vés à leur paroxysme au moment des croisades et menaçan Israël d'une extermination totale; les massacres, les exp ul ~ sions, les proscriptions quatre fois séculaires dans la péninsu ibérique, sans compter les oppressions locales éclatant tant

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sur un point, tantôt sur un autre : telles sont les épreuves que la tradition nous a aidés à traverser victorieusement, et avec laquelle nous pouvons prononcer journellement cette bénédiction : « Loué soit l'Éternel, notre Dieu, qui nous a fait vivre, qui nous a conservés, qui nous a fait atteindre ce jour de délivrance! ».

Mais, ne voilà-l-il pas que cette tradition qui a été constamment notre guide, noire gouvernante, notre père et notre mère, notre consolation, notre ancre de salut au milieu de tous les éléments déchaînés contre nous, on prétend aujourd'hui la renverser avec les misérables projectiles de l'ironie, la condamner, la supprimer pour quelques exagérations de langage, pour certaines subtilités scolastiques ! Rien qu'à comparer les puissantes assises de la tradition avec la faiblesse des moyens d'attaque, on dirait des pygmèes entreprenant de démolir le colosse de Rhodes!

Aussi croyons-nous pouvoir affirmer avec quelque certitude que tant qu'Israël conservera une religion, un culte, un enseignement public et privé, c'est dans la tradition qu'en plongeront les racines. La tradition conservera des droits éternels au respect comme à la reconnaissance de tout vrai israélile.

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