I. Le Deulèrcmomc
Il a été démontré que les dogmes, rattachés aux commémorations et aux institutions religieuses, ont une large mention dans tout le livre de la Loi indistinctement. Cependant on a pu remarquer, par les textes cités à l'appui de notre démonstration, que c'est surtout dans le Deutéronome que Moïse s'étend avec complaisance sur les dogmes, et qu'il les recommande à toute la sollicitude des fidèles. Nulle part il ne parle en termes aussi pressants du devoir d'aimer Dieu, de s'attacher à lui, de marcher dans ses voies, de reconnaître et de méditer sans cesse cette vérité que l'Éternel est Dieu dans le ciel en haut, sur la terre en bas, et qu'il n'y en a point d'autre; de voir dans les grands comme dans les petits événements l'action et l'intervention directes de la Providence; de n'admettre nul intermédiaire entre Dieu et l'homme, ni forces matérielles, ni corps ou esprits célestes; de savoir qu'il est un Dieu véridique, juste et bienveillant, punissant le méchant, mais réservant aux justes, jusqu'à la millième génération, le bénéfice de leurs vertus; enfin de se pénétrer de celle idée que le but de l'existence, c'est de
pratiquer le bien et la droiture (1). C'est donc dans celte allocution suprême, composée, d'après la tradition, un mois avant sa mort, et que l'on peut à bon droit nommer son testament, que Moïse dévoile toute sa pensée, qu'il révèle la spiritualité de sa doctrine, qu'il dépose les germes de cette direction intellectuelle et morale qui seule pourra faire aboutir Israël à ses destinées, qu'il achève, en un mot, la construction de l'édifice religieux, en lui donnant pour base la connaissance et l'amour de Dieu, c'est-à-dire le dogme et la morale. Il en résulte que si l'on veut étudier la pensée du maître, il faut la chercher dans Je Deutéronome ; on y découvre, on y prend sur le fait et tous les dogmes fondamentaux, et la mission d'Israël au sein de l'humanité.