‹ Le Judaïsme, ses dogmes et sa missionChapitre 54 sur 93 · IV. Théorie d'Albou sur k nombre et la fUiaiion des dogmes · texte numérisé non relu

IV. Théorie d'Albou sur k nombre et la fUiaiion des dogmes

De la déAniUon du mot Ikar (terae teohBlque qal lert à désirer les dofiiiM) et da nombre des dogmes (9j.

« Le terme Ikar (^p*^») sert à dénommer la chose d'où déa pendent absolument l'existence et la conservation d'une aatre « chose : c'est ainsi que la racine de l'arbre se nomme Ikar, Qc comme étant indispensable à l'existence et à la conservation (( de l'arbre (3). On s'en sert beaucoup dans la langue talma- « dique et rabbinique ; on en a ensuite étendu l'application a aux fondements et aux racines d'où dépendent l'existence

(l) Commentaire snr la Mlschna, San- (t) tkarim, F« partie, ohap. 3.

hédrin , cbap. 1 1 , conclusion des treize (3) On rerra plus loin qne cette dttnitioB

est coaibattm par Abravanel.

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et la stabilité de la religion. L'eKistence de Dieu, par exemple, est un dogme, une racine sans laquelle il n*y a point de loi divine. Les dogmes formant la condition sinequa non de tome loi diyine, il importe de commencer l'étude de la théologie par la fixation du nombre de ces principes. On sait que Haimonide les compte an nombre de treize, énumérés et formnlés dans son commentaire de la Mischûa. Mais cette nomenclature offre matière à discussion. Si Ma!monide considère ces treize dogmes comme de vraies racines, toates également nécessaires à la religion, nous comprenons fort bien qu'il érige en dogmes l'existence de Dieu, la prophétie, la révélation, la présence de Dieu et la providence : ce sont là réellement autant de bases en dehors desquelles il n'y a point de loi divine. Nous lui concéderons encore au même litre la prophétie de Moïse et l'immutabilité de la loi, deux principes d'où dépend absolument l'existence de la loi de Moïse. Mais pourquoi, lui demanderons-nous, ranger parmi les dogmes l'unité et l'incorporéité de Dieu? Ce sont assurément des croyances véridiques, s'imposant à la foi des sectateurs du Mosaisme, mais ce ne sont pas des dogmes dont la négation aboutirait au renversement inéme de la loi divine. Une objection plus grave encore s'élève contre le cinquième dogme posé par Maïmonide, l'adoration de Dieu à l'exclusion de tout autre être. Mais c'est là une prescription spéciale de la loi de Moïse, formellement énoncée dans le deuxième commandement du Décalogue; ce n'est pas un dogme auquel se ratiache l'existence même de la loi divine ; et si la croyance à des intermédiaires entre le Dieu tout-puissant et le faible humain constitue la violation d'un commandement religieux, elle ne détruit pas pour cela l'essence de toute religion. Même objection contre le dogme de la résurrection : pourquoi celui qui, croyant au principe d'une rémunération dans la vie future, mais rejetant toute résurrection corporelle, serait-il qualifié de démolisseur delà loi? Prétendrait-on que la pensée de Mafmonide était de compter non-seulement les dogmes radicaux, mais encore toute les croyances véri-

tf diques inhérentes à la loi de Mofse? Que ne compte-t-il alors a la résidence de la gloire de Dieu en Israël (1)? que ne compte- « t-il la création ex m'AtYo, qu'il appelle lui-même une croyance a indispensable à tout adepte de la loi divine (3)? que ne « compte-t-il la foi aux miracles et d'autres croyances au « même titre que la foi au Messie? Que ne compte-t-il encore, « au nombre des dogmes , Tauthenticité de la tradition et tf Tobligation de s'y conformer, la tradition n'étant rien moins « que la base d*une loi divine quelconque? Que ne compte-t^il (( enfin le libre arbitre, qui est plus qu'une croyance yéri- (( dique, un dogme indispensable à toute religion, ainsi qu'il « l'enseigne lui-même dans son grand ouvrage sur la loi canote nique, où il s'exprime ainsi : «Tout homme jouit du libre

<c arbitre, de la faculté de faire le bien ou le mal ; c'est

« là un grand principe , le fondement de la religion et du « culte (3). »

« Quelqu'un a pensé justifier le chiffre treize appliqué aux « dogmes en alléguant que c'est un chiffre sacramentel, mys- « tique, fort situé dans la littérature sacrée, puisque nous avons a les treize attributs de Dieu, les treize arguments affectés à « l'interprétation de la Halacha; faible et insuffisant motif a pour expliquer l'omission d'un dogme aussi essentiel que le « libre arbitre.

« Un autre théologien compte vingt-six dogmes , mettant tt au nombre des principes fondamentaux tout ce qui lui passe a par la tête : l'éternité, la sagesse, la vie, la puissance, la a volonté, une foule d'autres attributs divins, le paradis, a l'enfer, et que sais-je encore.

c( Un autre théologien moderne (4), prenant trop à la lettre « le terme Ikar^ ne compte que six dogmes fondamentaux, « savoir : la science de Dieu, sa providence, sa toute-puissance,

(I) Exode, XXV1I1, 8; XXIX, 45ei46. ^h *^1M (voir Rofch Amana, ohap. è). Oo

(i) Guide, II* partie, chap. 35. peai l'étonner de oe qo*Alboa ne déaifne pas

(3) Yad ha-Haaaka, l^ partie, de la Pé- loi nomlnatlTement celnl qnUl appelle il louniteaoe, chap. 5. Tent ion mettre.

(4) C'est Haidaï, raatenr da IWre

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