‹ Le Judaïsme, ses dogmes et sa missionChapitre 55 sur 93 · PROPAGE · texte numérisé non relu

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a la prophétie, le libre arbitre et le but, auxquels il ajoute les <c trois principes que Maïmonide prétend établir par la seule « démonstration rationnelle, c'est-à-dire Teiistence, Tunité et « l'incorporéité de Dieu (i). Les six premiers dogmes, dit-il, « sont absolument nécessaires à la loi diTîne ; les trois der- « niers, conquis par la raison spéculative, les complètent. Mais « pourquoi, objecte Tauteur, ce théologien n'admet-il pas au « nombre des dogmes certaines croyances particulières à la loi a de Moïse, comme l'a fait Maïmonide lui-même? pourquoi « aassi ne formule-t-il pas un dogme préalable, propre à nous « faire discerner la vraie loi divine de la fausse, de celle qui a n'en a que les apparences? C'était d'autant plus opportun a qne les six dogmes susmentionnés sont applicables à toutes a les lois qui se donnent les airs d'une loi divine, et d'où il refit sulterait qu'elles le seraient en réalité. Autre objection : Ada mettons que les six dogmes soient indispensable^ à n'importe « quelle loi divine ; il ne s'ensuit nullement que toute loi qui « reconnaît les susdits six dogmes soit réellement divine. C'est a absolument comme si de la proposition — Tout homme est « un être nutritif et sensitif — on prétendait déduire l'inverse a — Tout être nutritif et sensitif est un homme — déduction ce fausse ou du moins incomplète, parce qu'à la nutrition et à la « sensation il faudra ajouter l'intelligence et dire — Tout « être nutritif, sensitif et intelligent, est un homme. — Il en « est de même de ces dogmes , en ce sens que de ce que « toute loi divine est impossible sans les six dogmes, il ne ré- <r suite pas du tout que ces six dogmes suffisent pour constituer « la loi divine. Il faut un complément, et ce complément ou « dogme supplémentaire, c'est la révélation. Remarquons en- « core que deux de ces six dogmes , le libre arbitre et le but, « ne peuvent pas servir de critérium à la loi divine, étant « communs à celle-ci et à la loi sociale ; et puis enfln le but, « pris dans son acception la plus générale, n'est pas un dogme

(1) Guide, lie partie, cbap. \».

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c de la loi diyine; il faut pour cela un but spécial et détert miné.

« De toutes ces objections Tauteur conclut que la fixation « rigoureuse du nombre des dogmes de la loi dîTine est un « problème des plus difficiles. Ce qui aggraye encore la diffl- « culte, c'est le silence gardé par les organes accrédités de la « religion sur un sujet si étroitement lié à notre bonbeur « temporel et à notre félicité spirituelle, silence qui forme un « étrange contraste ayec leurs intarissables commentaires sur t des questions purement matérielles, sur les intérêts ciyils et c politiques. »

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