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Le prédicat existence n’est pas univoque

Déjà, dans l’exposé qui précède, l’incohérence, encore que masquée, se décèle. Double perception : celle des objets empiriques individuels, qui sont connus en eux-mêmes, et celle de l’Être absolu, raison de leur intelligibilité, en qui se fondent les lois universelles

de leur structure. Mais la perception des objets empiriques est-elle la perception de choses existantes? Ici se trahit l’ambiguité irré-. médiable. Le «Philosophe auvergnat» que nous aimons à citer déclare expressément qu’il y a perception des choses singulières. Il fait siennes les paroles de Fénelon: «l’objet immédiat de ma connaissance universelle est Dieu même... et l’être singulier... est l’objet immédiat de ma connaissance singulière ». (Existence de Dieu, 2° partie, ch. 4, n. 58-60). Le contexte, et d’ailleurs d’autres déclarations analogues ne laissent pas de place au doute: la perception des choses singulières est une perception intellectuelle. Quand je connais individuellement tel ou tel de mes semblables, je le connais intellectuellement en lui-même, je le connais existant. Je possède donc par là une notion d’être qui n’est pas celle de l’être de Dieu. Sans doute, cet être là n’est pas intelligible en lui-même, il n’est intelligible que par sa raison d’être, par le concret absolu en lequel il est plongé. Toujours est-il que son existence déficiente est connue en lui-même. Il y a donc au moins deux idées d’existence, l’une qui est concrète, celle de Dieu; l’autre, mise à part par l’abstraction dans l'individu empirique. Toute la construction ontologique s’écroule.

Elle s'écroule même si vite que nous nous demandons si nous avons bien compris ; et pour être sûr de ne pas prendre un système en défaut pour une déclaration imprudente d’un de ses défenseurs, nous tenons à discuter toutes les hypothèses possibles dans le système sur la perception des objets empiriques. Supposons donc que ceux-ci ne donnent pas naissance à une notion d'existence qui leur serait propre ni à un jugement existentiel qui les concernerait uniquement. Il ne reste que deux hypothèses : les objets empiriques sont simplement des images dépourvues de toute intelligibilité (c’est à dire d’existence) et elles reçoivent le prédicat d’existence par une synthèse a priori, l'existence ne se trouvant que dans le concret Absolu. C’est la théorie de Rosmini. Ou les objets empiriques, même en leur individualité sensible, ne sont connus que dans la seule réalité intelligible, en Dieu. Il est, croyons-nous, inutile de pousser la discussion sur ces voies. D’abord le système a perdu ce caractère de simplicité pour lequel nous l’avions choisi : l’'Ontologisme n’est plus bâti avec le minimum de frais possibles, mais au prix d'hypothèses si onéreuses que mieux vaut s’en passer. L’hypothèse de Rosmini nous ramène à Kant, et probablement à toute l'évolution post-kantienne aboutissant à la Philosophie de l'Esprit.

La vision en Dieu, s’il la faut agrandir au point d'y mettre même la connaissance de l’individuel, semble par trop contraire à l’expérience et à toutes les certitudes spontanées de l'esprit humain. Arrêtons-nous là. C’est le « Philosophe auvergnat » qui avait raison de distinguer l'existence des objets empiriques et celle de l’Absolu. Seulement il avait tort de ne pas pousser cette distinction en pleine clarté : l'existence de Dieu et celle des objets empiriques n’est pas dite en un sens univoque.

C’est là une bien vieille doctrine, remontant jusqu’à l'Antiquité (1). Les Ontologistes l’ont méconnue : ils avaient beau critiquer l’attitude des « Psychologistes » ; ils étaient eux-mêmes, comme il arrive toujours à ceux qui condamnent une attitude, coupables de la prendre. Ils étaient plus psychologues que logiciens, et ne distinguaient pas les « intentions » du concept d’être. Or ce concept diffère profondément des autres.

Si nous essayons de classer les concepts en eux-mêmes, d’une manière qui ne soit ni psychologique, ni métaphysique, mais par rapport à la connaissance, à l'être intentionnel, nous distinguerons d’abord le concept substantif, celui qui « pense son objet en le saisissant en soi-même, en fait un point de mire pour notre pensée et l’élément principal des autres concepts, avec lesquels il est en relation » (2). On distingue ensuite des concepts adjectifs, ceux qui pensent l’objet comme propriété ou détermination d’un autre. Ceux-ci à leur tour, ou pensent directement la propriété d’un objet, on les appelle adjectifs de première classe (par exemple, la lumière blanche), ou pensent une propriété qui qualifie une propriété, on les appelle adjectifs de seconde classe (exemple : la lumière intensément blanche). Les concepts de relation forment une troisième espèce. On sait que les logiciens d’aujourd’hui aiment à montrer

(1) Tout le monde sait qu’elle fut enseignée par Aristote. Citons seulement un texte : xa0° avdrà ÔË elvar Aéyeta Üoanee omuaiver Tà oxmuata TC xatnyoolac * Goay®c yûg Aéyetar Tooavtay@s TÔ elvar omuaiveu. ênel où TOY xaTyyogovuévoy Tà uv TÉ ÉOTL Omualvel, Tà ÔË HOUY, Tà dE nocbv, Tà O8 noûc vi, Tà à nouetv ÿ nécyeuv, Tà de noû, Tà ÜÈ nÔTE, ExdoTo® Tobrwv To elvar Tadrd omualver … êtr TÔ elvau omuaiver xai Tù Eotuv tu GAnOés … te To elvar omualrer nai Tù 8 Tù pèr Ovvduer, TÔ 0 évreheyela T@v eionuévæovr TodTwv. Metaph. 1017a, 22-36.

(2) A. G6MEz IzquiERDo. Andälisis del pensamiento légico, pp. 35-36. (Universidad de Granada, 1928). Dans ce qui suit, nous suivons cet excellent ouvrage, qui s’inspire à la fois de Husserl et des logiciens du Moyen Age.

dans la logique des relations une branche irréductible de la logique, et déjà des logiciens du Moyen Age, par exemple Pierre d’Espagne, estimaient pour un groupe irréductible les concepts exprimés dans le langage par les particules (2). Or le concept d’être ne peut être rangé, ni dans les concepts substantifs et adjectifs, ni dans ceux de relation. Il n’est pas un concept de relation : toutes nos études ont abouti à montrer en lui un prédicat à sens intrinsèque, il tend à établir des objets dont la nature existentielle consiste précisément à posséder une indépendance par rapport aux autres objets et par rapport à la conscience que les pense. Il n’est pas davantage concept d’objets ou de qualité. Les objets, en effet, aussi bien que les qualités, ne sont pas pour notre esprit des concepts atomistiques séparés les uns des autres : ils forment une hiérarchie de genres et d’espèces, les genres se partageant en espèces par des marques différentielles. Or l'être ne peut se ranger ni dans les genres et espèces, ni dans les différences. Car l’être est tout, ou, pour mieux dire, tout est être, le genre est, et la différence est aussi. Si donc l'être était un genre, il devrait être déterminé en espèces par des marques différentielles prises en dehors de lui : hypothèse contradictoire, puisqu’en dehors de l’être il n’y a rien. Si donc l’être n’est ni relation, ni genre, ni espèce, ni propriété différentielle, il convient aux choses, d’une manière, non équivoque, mais analogique. Tout, en effet, est être, non seulement les genres, les espèces, les individus, maïs aussi les propriétés fluentes, le devenir des sujets existants : il est clair pourtant que les vertébrés, ou que les hommes, ou que Pierre, ou que les sentiments de Pierre ne sont pas dans le même sens, encore qu’ils soient dans un sens analogue. Et au contraire, Dieu est son être, non pas l’être commun à quoi on pourrait ajouter genre et différence, mais l’ Être qui a pour condition que rien absolument ne peut être ajouté à son essence simple : l'existence attribuée à Dieu ne lui est donc pas attribuée dans le même sens qu'à un objet empirique ou à un objet du devenir (?).

La difficulté que peut-être on serait tenté d’opposer à cette doctrine est que le genre n’est pas extérieur aux espèces qu’il contient, ni aux individus qui réalisent les espèces, ni au devenir concret de

(1) Ibid, p. 44.

(2) On sait que, chez saint Thomas et ses disciples, l’analogie en question est une analogie de proportion : l’existence individuelle d’un objet créé est à sa nature ce que Dieu est à son essence simple,

ces individus. Les phénomènes qui se succèdent, les individus multiples, les espèces déterminées constitueraient, à des étages hiérarchisés, des séries de valeurs réelles de la variable indépendante qui est le genre. Le genre serait en tout ce qu'il contient, il serait tout ce qu’il contient ; l'espèce serait les indidividus qu’elle renferme ; et si le genre et l’espèce sont coextensifs à tout le réel, il n’y a plus aucune difficulté à ce que l’existence soit le genre suprême. Dans son Traité de Logique, Goblot a fortement insisté sur cette manière concrète d'entendre la hiérarchie des genres et des espèces : il y voit le sens profond et éternel des Idées platoniciennes, lois immanentes du réel, tissus de rapports dont les valeurs sont les phénomènes concrets (1). Ce point de vue, du reste, est loin d’être nouveau, ou le trouve déjà dans la logique médiévale. Dans son opuscule célèbre de ente et essentia, saint Thomas remarque que le genre, l'espèce, etc., sont dits de l'individu, c’est à dire lui sont identifiés par la pensée (Socrate es{ homme, il est mammifère.…); ils appartiennent donc à l’essence, non comme des parties extérieures, mais « per modum totius ». Si Socrate est homme, cet homme est Socrate, l’essence humaine de Socrate renferme Socrate entier, le genre contient indistinctement tout ce qui est dans l’individu. Or l'existence aussi contient indistinctement tout ce qui est dans l'individu. N’allons-nous pas alors conclure que l'existence est le genre suprême ; et par conséquent les Ontologistes n’avaient-ils pas raison de ne connaître que par upe seule existence, celle de Dieu, qui est par soi et qui seule fait connaître les autres?

En réalité, l'analyse du genre, comme idée concrète, telle que nous venons de la faire d’après saint Thomas et d’après Goblot, exclut l'identification du genre suprême et de l’existence. Les genres, en effet, sont des variables dont les espèces, les individus, les phénomènes sont des valeurs de plus en plus déterminées : mais ils ne sont pas des valeurs d’une existence divine qui en serait la variable indépendante. En effet, si l'existence divine n’est qu’une variable dont l’expérience donne les valeurs, elle est abstraite, elle est potentielle, comme les genres et les espèces, elle est une loi idéale. Pareille conception est peut-être acceptable dans un Panthéisme idéaliste ; elle est évidemment contradictoire au sys-

(1) Traité de logique, pp. 115-116.

tème Ontologiste qui voit dans l’existence divine le souverainement concret.

D'ailleurs, le logicien doit y regarder d’un peu plus près avant d'affirmer sans restriction que le genre est une variable dont tout le contenu empirique serait les valeurs. C’est vrai, si le genre est envisagé comme concrètement réalisé. Maïs est-ce vrai absolument ?

La manière d'envisager le concret comme un tissu de relations embrassant tout le réel est la manière des savants ; ainsi établissent-ils des réseaux de lois dans le dessein de tout y enserrer. Ces lois dépendent les unes des autres, maïs il serait abusif de dire qu’elles sont les unes les autres, à moins de supposer que la nature ne présente rien d’irrationnel, et que toutes les lois peuvent s’absorber par identification en une loi unique. Sans doute, l’explication scientifique réussit très souvent à ramener les lois, par en bas, les unes aux autres, en les rattachant au monde phénoménal. Mais «ce qui est proprement inimaginable, par contre, c’est (pour nous servir de la même image) le rattachement des propositions ultimes par en haut, le fait qu’elles devront être reconnues comme nécessaires logiquement, c’est à dire tirées du fond même de notre raison. Car la raison, nous le savons, ne saurait nous fournir que des cadres vides. On peut donc affirmer d’avance qu’il y aura là une opération essentiellement impossible à réussir » (1). Concluons. Si l’on tient à distinguer pour ne rien confondre, il faut, dans les éléments de la représentation, concevoir le genre, l'espèce, etc., chacun pour soi. Quand on considère l’essence de manière absolue, dit Saint Thomas, « nihil est verum de ea dicere, nisi quod conveniat sibi secundum quod hujusmodi» (2), aucune affirmation sur elle n’est vraie, à moins qu’elle ne lui convienne en tant qu’elle est telle nature. C’est l'évidence même. Les lois idéales de structure des êtres réels (être — genre — espèces.…..), pour être hiérarchisées, ne s’identifient pas : le genre n’est pas l'espèce, ni l’individu. Par conséquent, si l’existence était genre, la détermination du genre ou de l’espèce serait hors d’elle, ce qui est le comble de l’absurdité.

Notes. — Existence et raison d’être. — M. Edmond Goblot conçoit l’organisation des lois scientifiques sous la forme d’une déduction lo-

(1) É. MeversoN. De l’explication dans les sciences, 2° éd. p. 549. (2) De ente et essentia, cap. 3, p. 24 (éd. Roland-Gosselin. Kain, 1926).

gique illimitée. Encore que son Positivisme l’enferme dans le cercle des constatations scientifiques, il est beaucoup plus près des Ontologistes que lui-même ne le voudrait croire :lui et eux conçoivent l’être comme raison d’être. « Si toutes les lois étaient connues, le monde de l'expérience serait tout pénétré de clarté... Les lois elles-mêmes ne seraient plus seulement des relations constantes, ni même des relations empiriquement nécessaires : elles seraient sans doute des relations logiquement nécessaires » (1). Dans l’Idée platonicienne, variable dont la réalité constitue une série de valeurs par l’intermédiaire de lois et d’espèces, les faits réels sont engendrés par la nécessité de l’Idée ; -les faits, n’ayant pas en eux la raison d’être, la reçoivent des lois, qui la reçoivent d’autres lois, qui la reçoivent de l’Idée. De même, selon les Ontologistes, les objets empiriques, n’ayant pas en eux leur raison d’être, la trouvent dans l'existence unique et absolue. Il y a là à intervenir un postulat qui ne s’impose pas, et dont on peut même montrer l’inconsistance. Dirè que les événements réels sont des valeurs d’une variable unique, que leur existence scientifique est engendrée par une Totalité déductive — ou dire que les objets empiriques ne peuvent être connus existants que grâce à leur raison d’étre, qui est Dieu, c’est identifier a priori l’être avec la raison d’être, ou, si l’on veut, avec la déduction. C’est confondre, comme disaient les Scolastiques, le prius in se et le prius quoad nos, l’ordre ontologique des choses et l’ordre chronologique de notre connaissance.

Ce postulat de l’être-raison d’être, ou de l’être déductif, a contre lui ce fait bien remarquable que dans l’histoire de la philosophie et des sciences, nous voyons tantôt les uns dire qu’on discerne l'être objectif à sa rationalité, à ce qu’il est engendré par une raison d’être, tantôt les autres poser comme évident que l’être objectif se discerne précisément par son irrationalité, par l'impossibilité de le déduire, de lui assigner une raison d’être. Pour un Lachelier, nul autre moyen n’est concevable, pour soutenir la solidité du monde objectif, que de le constituer par une organisation d’exigences nécessaires. M. Meyerson laisse voir, par sa manière d’analyser les procédés des savants, que selon lui le monde objectif se manifeste d’abord par la résistance qu’il oppose aux tentatives de réduire les faits les uns aux autres par une identification qui renfermerait leurs raisons d’être. Dans la thèse récente de M. Bachelard, même postulat (2) ; aussi bien en mathématiques qu’en physique, l’existence objective est reconnue à ces éléments qui résistent à l’explication dans un ordre donné, qui ne se laissent pas réduire, et qu’alors on essaie de réduire par un ordre nouveau de mesures et de systématisations. En réalité, les deux postulats opposés, celui qui déclare que l’existant est le rationnel et celui qui déclare qui l’existant est l’irrationnel, appliquent de manière contraire un principe commun, à savoir que l’existant se reconnaît

(1) Traité de Logique, p. 331. (2) Essai sur la connaissance approchée. Paris, Vrin, 1928.

au cours d’une déduction : il surgirait mystérieusement tandis qu'on manipule des concepts. Mais pour qu’il surgisse au cours d’une déduction, il fallait qu’il y fut déjà présent implicitement. Et n’avonsnous pas réussi à montrer que l’existence est un prédicat intrinsèque, non une relation déductive, et même le premier de tous les prédicats ?

2. La thèse ontologiste et l’activité de l'esprit. —- La thèse ontologiste est bien malaisément conciliable avec l’activité de l'esprit, telle que nous la décrivent de plus en plus profondément les logiciens des sciences. Déjà, contre l’Ontologisme panthéiste d’Averroës, saint Thomas réclamait en faisant remarquer les procédés multiples, lents, imprévisibles, du « discere et invenire ». Nous apprenons des maîtres, et Dieu sait avec quelle peine nous découvrons par bribes arrachées successivement : rien qui ressemble à la vision, en droit une en tous les hommes, de l’intelligible unique. Si les événements et les objets empiriques, déclarés inintelligibles en eux-mêmes, ne reçoivent l’affirmation de leur existence qu’en étant pensés dans le concret Absolu, comment se fait-il que nous procédons comme des gens qui tâtonnent, alors que nous possédons la pleine lumière ? Comment surtout plusieurs esprits, en face du même Intelligible infini, n’y voient-ils pas la même réalité ?

La question la plus grave est, en effet, celle qui déjà se présentait tout à l’heure, celle de l’unité de l’intelligible, laquelle devraït entraîner, puisque les esprits sont passifs, l’unicité de l’intellection. Des images, en elles-mêmes inintelligibles, recevant leur objectivité et leur sens existentiels de l’Intelligible divin ; les lois, les principes, les genres, les espèces, étant le schématisme constitué par la rencontre des objets créés avec la lumière incréée : on ne voit pas où pourrait prendre place un effort de l'intelligence humaine pour établir par soi-même l'édifice de la science. Si l’Intelligible concret est identiquement présent à tous les esprits, la connaissance à qui il est présent doit aussi être unique, et la distinction des esprits doit s’évanouir. Poussons en effet l’analyse : comment distingue-t-on les consciences connaissantes les unes des autres? comment distingue-t-on une seule conscience connaissante par rapport à l’Intelligible absolu ? Le processus de la connaissance consiste, selon les Ontologistes, à situer des images empiriques dans l’existence absolue. Ce processus, dirions-nous, est un processus du représenté, non du représentatif : dans le monde des images auxquelles l’Absolu divin confère l’existence, les consciences sont des images comme les autres, étalées en surface sans posséder Pactivité intérieure. Ce processus doit aboutir à faire de la conscience un objet quelconque parmi les autres, non à en faire une intériorité. Ainsi l’unicité de l’Intelligible entraîne l’unicité de l’Intelligence. Pour avoir fait de l’existence un Intelligible unique auquel la conscience n'aurait pas de part, on est arrivé à ce paradoxe monstrueux qui est d’extérioriser la conscience, de la vider de son intériorité, c’est à dire de soi-même.

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