‹ Le juifChapitre 13 sur 27 · JUIF · texte numérisé non relu

JUIF

-^8i la foi n'existe pas chez toi, je ne t'en donnerai pas une et je ne veux pas que tu m'enlôves la mienne. Je n'écoute rien... m'accordes-tu de l'argent, oui ou non ?

^ Pour la révolution, non I ' -^ Mais la nécessité en est urgente, mon cher Jacob, il nous faut de Targent, aujourd'hui, h l'instant même * tu ne peux pas nous en refuser.

-^ Je refuse, t'al-je dit.

mm J*ai été ton ami et ton défenseur et je le suis encore,

mais avant tout je suis un révolutionnaire Tu sais

à quoi tu t'exposes par ton opiniAtreté ? A la mort, peut»ôtre; h l'infamie, pour sûr.

«-«i L'infamie, jamais 1 L'homme se rend infâme par lui-rméme ; d'autres ne peuvent lui imprimer cette flétriSf sure. Quant à la mort, elle ne m'effraie dans aucun cas. La conservation de la vie ou de la fortune par le sacrifice -des convictions profondes est une indignité, une licheté. Par la terreur, vous n'obtiendrez rien. Tuez-moi, si c'est votre bon plaisir. Je crois fermement dans la justice de Dieu et dans l'immortalité de r&me, Je suis donc tranquille.

Ivas rit, en se radoucissant un peu.

— Tu es un grand enfant, mon cher, dit-'il, d'un air de compassion. Je te plains, car tu n'es pas un borôme de notre siôde ; je te regarde comme un phénomène, comme un mortel qui vient de se réveiller, après mille ans de sommeil, dans unci époque toute différente de la sienne. . . Pourtant je t'estime . ,

' Jacob lui tendit la main en silence.

, rr^Tu ne me changeras pas, dit^l ; en vain voudrais-tu l'essayer. Je sens que le monde qui m'entoure n'est pas fait pour moi, mais, puisque j'y suis et que j'y vis, oe n'est pa^ sans quelque dessein de la Providence.

fsm Je reviens à mon exigence pécuniaire.

^^ Ivas, de quelle somme as-tu besoin pour toi-méme ?

— Rien, pour moi ; tout, pour le pays.

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