EPILOGUE
C'était en 1865. Une assez nombreuse société était réunie à YAlbergo délia Grotta, où finira, comme elle a débuté notre véridique histoire.
Aujourd'hui l'assemblée a un aspect plus brillant que la première fois. Elle se compose seulement de personnes dont l'apparence décèle d'emblée la richesse ou l'aisance. Pas de malheureux qui s'évanouissent d'inanition et dont le visage creusé par la misère inquiète les bourses bien garnies.
Dans le coin privilégié de la grotte, auprès de la fontaine qui murmure, une table somptueusement servie attend des voyageurs de distinction. Par intuition l'hôtelier titre d'avance le monsieur de comte, la dame de comtesse. Les vins choisis s'étalent avec des fruits sur une nappe où la vaisselle miroite à côté de l'éclat virginal des cuillères, des fourchettes et des couteaux. Les autres tables sont déjà occupées par des convives, ici seuls, là en groupe. Tous appartiennent à la classe qu'on est convenu d'appeler élégante et qui mène une vie douce et facile.