L'HERITIER
— Cela est vrai , mon prro , — répondit Gabriol en baissant les yeux.
— A mesure que vous grandissiez , d'excellentes et rares vertus se développaient en vous : votre obéissance , votre douceur surtout étaient exemplaires ; vous faisiez de rapides progrès dans vos études. J'ignorais alors à quelle carrière vous voudriez vous livi'cr un jour. Mais j'étais toutefois certain que, dans toutes les conditions de votre vie, vous resteriez toujours UQ fils bien-aimé de l'Eglise. Je ne m'étais pas trompé dans mes espérances, ou plutôt i^ous les avez, mon cber fils , de beaucoup dépassées. Apprenant par une confidence amicale que votre mère adoptive désirait ardemment vous voir entrer dans les ordres, vous avez généreusement répondu au désir de l'excellente femme à qui vous deviez tant... i\Iais comme le Seigneur est toujours juste dans ses récompeuses, il a voulu que la plus touchante preuve de gratitude que vous puissiez donner à votre mère adoptive vous fût en même temps divinement profitable, puisqu'elle vous faisait entrer parmi les membres militants de notre sainte Eglise. »
A ces mots du père d'Aigrigny , Gabriel ne put retenir un mouvement en se rappelant les amères confidences de Françoise ; mais il se contint pendant que Rodin , debout et accoudé à l'angle de la cheminée, continuait de l'examiner avec une attention singulière et opiniâtre.
Le père d'Aigrigny reprit : u. Je ne vous le cache pas, mon cher fils , votre résolulion me combla de
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joie ; je vis en vous une des futures lumières de l'E- <{iise , et je fus jaloux de la voir briller au milieu de notre conipaanie. Xos épreuves , si difficiles , si pénibles, si nombreuses, vous les avez courageusement subies; vous avez été jugé digne de nous appartenir, et après avoir prêté entre mes mains un serment irrévocable et sacré qui vous attache à jamais à notre compagnie pour la plus grande gloire du Seigneur, vous avez désiré répondre à l'appel de notre saintpère, aux âmes de bonne volonté, et aller prêcher ^ comme missionnaire, la foi catholique chez les barbares. Quoiqu'il nous fût pénible de nous séparer de notre cher fils , nous dûmes accéder à des désirs si pieux : vous êtes parti humble missionnaire , vous nous êtes revenu glorieux martyr, et nous nous enorgueillissons à juste titre de vous compter parmi nous. Ce rapide exposé du passé était nécessaire , mon cher fils , pour arriver à ce qui suit ; car il s'a- . git, si la chose était possible... de resserrer davantage encore les liens qui vous attachent à nous. Ecoutez-moi donc bien, mon cher fils, ceci' est confidentiel et d'une haute importance, non-seulement pour vous, mais encore pour notre compagnie...
— Alors... mon père... — s'écria vivement Gabriel en interrompant le père d'Aigrigny , — je ne puis pas... je ne dois pas vous entendre! i>
Et le jeune prêtre devint pâle ; on vil , à l'altcra-
^ Les ji'SuiU'S recor.iiaissput au seul endroit des niissioiis l'iiiilialive (lu pape à ri'cjard de liMir coinpaj^nie.
LHEP.ITIER, ôtt
tion de ses traits, qu'un violent combat se livrait en lui ; mais reprenant bientôt sa résolution première , il releva le front, et, jetant un regard assuré sur le père d'Aigriguy et sur Rodin, qui se regardaient muets de surprise , il reprit : a Je vous le répète , mon père, s'il s'agit de choses confidentielles sur la compagnie... il m'est impossible de vous entendre.
— En vérité , mon cher fils , vous me causez un étonnement profond. Qu'avez-vous? mon Dieu! vos traits sont altérés , votre émotion est visible. . . Voyons... parlez... sans crainte... Pourquoi ne pouvez-vous pas m'entendre davantage?
— Je ne puis vous le du-e , mon père , avant de vous avoir, moi aussi, rapidement exposé le passé... tel qu'il m'a été donné de le juger depuis quelque temps... Vous comprendrez alors, mon père, que je n'ai plus droit à vos confidences , car bientôt un abîme va nous séparer sans doute. »
A ces mots de Gabriel, il est impossible de peindre le regard que Rodin et le père d'Aigrigny échangèrent rapidement ; le socius commença de ronger ses ongles en attachant son œil de reptile irrité sur Gabriel; le père d'Aigrigny devint livide; son front se couvrit d'une sueur froide. Il se 'demandait avec épouvante si, au moment de toucher au but, l'obstacle viendrait de Gabriel, en faveur de qui tous les obstacles avaient été écartés. Cette pensée était désespérante. Pou)-tant le révérend père se contint admirablement , resta calme , et répondit avec une affectueuse onction : kII m'est impossible de croirr,
mon cher fils, que vous et moi soyons jamais séparés par un abîme... si ce n'est par l'abîme de douleur que me causerait quelque grave atteinte portée à votre salut ;... mais... parlez... je vous écoute...
— Il y a en effet douze ans , mon père , — reprit Gabriel d'une voix ferme et en s'animant peu à peu , — que, par vos soins, je suis entré dans un collège delà compagnie de Jésus... J'y entrai aimant, loyal et confiant... Comment a-t-on encouragé tout d'abord ces précieux instincts de l'enfance?... le voici... Le jour de mon arrivée, le supérieur me dit, en me désignant deux enfants un peu plus âgés que moi : • — « Voilà les compagnons que \ ous préférerez ; vous vous promènerez toujours tous trois ensemble ; la règle de la maison défend tout entretien à deux personnes ; la règle veut aussi que vous écoutiez attentivement ce que diront vos compagnons, afin de pouvoir me le rapporter, car ces cbers enfants peuvent avoir, à leur insu, des pensées mauvaises, ou projeter de commettre des fautes ; or, si vous aimez vos camarades , il faut m'avertir de leurs fàcbeuses tendances , afin que mes remontrances paternelles leur épargnent la punition en prévenant les fautes ;. . . il vaut mieux prévenir le mal que de le punir. »
— Tels sont en effet , mon cher fils, — dit le père d'Aigrigny, — la règle de nos maisons et le langage que l'on tient à tous les élèves qui s'y présentent.
— Je le sais, mon père... — répondit (labriel avec amertume; — aussi trois jours après, pauvre enfant soumis et crédule, j'épiais naïveinent mes camiirades.
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rcoutaiit, retenant leurs entretiens, et allant les rapj)orter au supérieur, qui me félicitait de mon zèle... (]e que l'on me faisait faire était indigne... et pourtant, Dieu le sait, je croyais accomplir un devoir charitable ; j'étais heureux d'obéir aux ordres d'un supérieur que je respectais, et dont j'écoutais, dans ma foi enfantine, les paroles comme j'aurais écouté celles de Dieu... Plus tard... un jour que je m'étais rendu coupable d'une infraction à la règle de la maison , le supérieur me dit : a Mon en/mit, cous avez mérité une jJiinition sècère ; mais elle vous sera remise si vous parvenez à surprendre uîi de vos camarades dans la même faute <jue vous avez com-
mise
Et de peur que malgré ma foi et mon obéissance aveugles cet encouragement à la délation basée sur l'intérêt personnel ne me parût odieux , le supérieur ajouta : « Je vous parle, mon enfant, dans l'intérêt du salut de votre camarade; car s'il échappait à la punition, il s'habituerait au mal par l'impunité; or, en le surprenctnt enfante et en attirant sur lui un châtiment salutaire, vous aurez donc le double avantage d'aider à son salut, et de vous soustrai/'e, vous, et une punition méritée, mais dont votre zèle envers le prochain vous gagnera la rémission. ■!)
— Sans doute , — reprit le père d'Aigrigiiy de plus en plus effrayé du langage de Gabriel, — et en
' (les oh'i'jiitions d'eipioundge el ces abominables incilalioiis a la ijfliilion sont la hase de réducaliou doiiriuc par les révérends pères.
<,i LE JUIF ERRANT,
vérité, mon cher lils, tout ceci est cojiforino à la règle suide dans nos collèges et aux habitudes des personnes de notre compagnie : — ^ nui se déxoxcext
MITIELLEMENT SA.\S TRÉJUDICE DE l'aMOUR ET DE LA CHARITÉ RÉCIPROQUES, ET POUR LEUR PLUS GRAXD AVAX- CEMEXT SPIRITUEL, SURTOUT QUAXD LE SUPÉRIEUR l'a ORDOXXÉ OU DKMAXDÉ POUR LA PLUS GRAXDE GLOIRE DE DIEU K ■"
— Je le sais... — s'écria Gabriel ; — je le sais ; c'est au nom de ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré parmi les hommes, qu'ainsi l'on m'encourageait au mal.
— ^lon cher fils, — dit le père d'Aigrigny en ttichant de cacher sous une apparence de dignité blessée sa terreur toujours croissante, — de vous à moi... ces paroles sont au moins étranges. -^
A ce moment , Rodin , quittant la cheminée où il s'était accoudé , commença de se promener de long en large dans la chambre, d'un air méditatif, sans discontinuer de ronger ses ongles.
« Il m'est cruel , ajouta le père d'Aigrigny, — d'être obligé de vous rappeler, mon cher fils , que vous nous devez l'éducation que vous avez reçue.
— Tels étaient ses fruits, mon père, — reprit Gabriel. — Jusqu'alors... j'avais épié les autres enfants avec une sorte de désintéressement... mais les ordres du supérieur m'avaient fait faire un pas de
' ToBt (;'ci csl tf\tucllr'inpnl eiliuit iki Co.NSIITLriO.N.^ Dk? Jk- .>i 1TK>, Exnmrn ijineral , p. ;J9.
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plus dans ccHc voie indigne... J'êlais devenu délateur pour échapper à une punition méritée. VA telles étaient ma foi, mon humilité, ma confiance, que je m'accoutumai à remplir avec innocence et candeur un rôle doublement odieux ; une fois, cependant, je l'avoue, tourmenté par de vagues scrupules, derniers élans des aspirations généreuses qu'on étouffait en moi , je me demandai si le but charitable et religieux que l'on attribuait à ces délations, à cet espionnage continuel, suffisait pour m'absoudrc; je fis part de mes craintes au supérieur ; il me répondit que je n'avais pas à discerner, mais à obéir, et qu'à lui seul appartenait la responsabilité de mes actes. ^
— Continuez , mon cher fils , — dit le père d'Aigrigny cédant malgré lui à un profond accablement ; — hélas ! j'avais raison de vouloir m'opposer à votre voyage en Amérique.
— Et la Providence a voulu que ce fût dans ce pays neuf, fécond et li]))-e, qu'éclairé par un hasard singulier sur le présent et sur le passé, mes yeux se soient enfin ouverts, — s'écria Gabriel. — Oui, c'est en Amérique que , sortant de la sombre maison où j'avais passe' tant d'années de ma jeunesse, et me trouvant pour la première fois face à face avec la majesté divine , au milieu des immenses solitudes que je parcourais... c'est là, qu'accablé devant tant de magnificence et tant de grandeur, j'ai fait serment... — mais Gabriel s'interrompant, reprit : — Tout à l'heure , mon père , je m'expliquerai sur ce serment; mais, croyez-moi, — ajouta le mission-
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iiaire avec un accent profondément douloureux, — ce lut un jour bien fatal , bien funeste , que celui où j'ai dû redouter et accuser ce que j'avais béni et révéré pendant si longtemps... Oh î je vous l'assuie, mon pcre... — ajouta Gabriel les yeux humides, — ce n'est pas sur moi seul qu'alors j'ai pleuré.
— Je connais la bonté de votre cœur, mon cher iils, — reprit le père d'Aigrigny renaissant à une lueur d'espoir en voyant l'émotion de Gabriel, — je crains que vous n'ayez été égaré ; mais coulîez-vous à nous comme à vos pères spirituels , et , je l'espère , nous raffermirons votre foi malheureusement ébranlée , nous* dissiperons les ténèbres qui sont venues obscurcir votre vue... Car, hélas ! mon cher fils, dans votre illusion, vous aurez pris quelques lueurs trompeuses pour le pur éclat du jour... Continuez... t
Pendant que le père d'Aigrigny parlait ainsi, Uodiu s'arrêta, prit un portefeuille dans sa poche, et écrivit quelques notes.
Gabriel était de plus en plus pâle et ému; i\ lui fallait un grand courage pour parler ainsi qu'il parlait , car depuis son voyage en Amérique il avait appris à connaître le redoutable pouvoir de la compagnie ; mais cette révélation du passé , envisagée au point de vue d'un présent plus éclairé , étant pour le jeune prêtre l'excuse ou plutôt la cause de la détermination qu'il venait signifier à son supérieur, il voulait loyalement exposer toute chose, malgré le danger qu'il affrontait sciemment. II continua donc d'une voiï altérée : « \"ous le savez , mon père , la
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iin i\c mon puraïu-c, cet luniroiix âge de franchise et (le joie innocente, affectueuse, se passa dans une almosplièie de crainte, de compression et de soupçonneux espionnage. Gomment, hélas ! aurais-je pu me laisser aller au moindre mouvement de conliancc et d'abandon , lorsqu'on me recommandait à ilmcjue instant d'éviter les regards de celui qui me j)arlait, afin de mieux cacher l'impression qu'il pouvait me causer par ses paroles, de dissimuler tout ce que je ressentais, de tout observer, tout écouter autour de moi ? J'atteignis ainsi l'âge de quinze ans ; peu à peu les très-rares visites que l'on permettait de me rendre, mais toujours en présence de l'un de nos pères, à ma mère adoptive et à mon frère, furent supprimées , dans le but de fermer complètement mon cœur à toutes les émotions douces et tendres. Alorne , craintif, au fond de cette grande maison triste, silencieuse, glacée, je sentis que l'on m'isolait de plus en plus du monde affectueux et libre ; mon temps se partageait entre des études mutilées, sans ensemble, sans portée, et de nombreuses heures de pratiques minutieuses et d'exercices dévotieux. Alais, je vous le demande, mon père, cherchait-on jamais à échauffer nos jeunes âmes par des paroles empreintes de tendresse et d'amour évangélique ?.., Hélas! non... A ces mots adorables du divin Sauveur : Aimez-vous les uns les autres ^ on semblait avoir substitue ceux-ci : Défiez-vous les uns des mitres... Enfin, mon père, nous disait-on jamais un mol do la piilric on de la liberté? \on... oh ! non,
c^c, LE JUIF EIIUAXT.
car cos mots-là font battre le cœur, et il ne faut pas que le cœur batte. . . A nos heures d'étude et de pratique, succédaient, pour unique distraction, quelques promenades à trois... jamais à deux, parce qu'à trois la délation mutuelle est plus praticable', et parce qu'à deux l'intimité s'établissant plus facilement, il pourrait se nouer de ces amitiés saintes, généreuses, qui feraient battre le cœur, et il ne faut pas que le cœur batte... Aussi, à force de le comprimer, est-il arrivé un jour où je n'ai plus senti ; depuis six mois, je n'avais vu ni mon frère ni ma mère adoptive ;... ils vinrent au collège... Quelques années auparavant, je les aurais accueillis avec des élans de joie nuMés de larmes... Cette fois mes yeux restèrent secs, mon cœur froid ; ma mère et mon frère me quittèrent éplorés ; l'aspect de cette douleur pourtant me frappa... j'eus alors conscience et horreur de cette insensibilité glaciale qui m'avait gagné depuis que j'habitais cette tombe. Epouvanté, je voulus en sortir pendant quc^j'en avais encore la force... Alors je vous parlai, mon père, du choix d'un état... car, pendant ces ([uelques moments de réveil , il m'avait semblé entendre bruire au loin la vie active et féconde î la rie laborieuse et libre, la vie d'affection, de famille... O'i ! comme alors je sentais le besoin de mouvement,
* La ligueur de cotte disposition est telle , dans les collèges des jésuite», que si trois élèves se promènent ensemble , et que l'un des trois quitte nn instant ses camarales, les dent aulnes sont obligés de s'éloigner l'on de l'antre , hni:<t de portée de rnix , jusqu'au retour du Iroisiènte.
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(le liberté, démotions nobles et clialeureuses ! là j'aurais du moins retrouvé la vie de l'àme qui me fuyait... Je vous le dis, mon père... en embrassant vos genoux, que j'inondais de larmes, la vi.e d'artisan ou de soldat, tout m'eût convenu... ce fut alors que vous m'apprîtes que ma mère adoptive, à qui je devais la vie, car elle m'avait trouvé mourant de misère... car, pauvre elle-même, elle m'avait donné la moitié du pain de son enfant... admirable sacrifice pour une mère... ce fut alors, — reprit Gabriel en hésitant et en baissant les yeux , car il était de ces nobles natures qui rougissent et se sentent honteux des infamies dont ils sont victimes , — ce fut alors , mon père , — reprit Gabriel après une nouvelle hésitation, — que vous m'avez appris que ma mère adoptive n'avait qu'un but, qu'un désir, celui...
— Celui de vous voir entrer dans les ordres, mon cher fds , — reprit le père d' Aigrigny, — puisque celle pieuse el p.irfaite créature espérait qu'en faisant votre salut vous assuriez le sien ;... mais elle n'osail vous avouer sa pensée, craignant que vous ne vissiez un désir intéressé dans...
— Assez... mon père, — dit Gabriel interrompant le père d'Aigrigny avec un mouvement d'indignation involontaire , — il m'est pénible de vous entendre affirmer une erreur : Françoise Baudoin n'a jamais eu cette pensée...
— Mon cher fils, vous êtes bien prompt dans vos jugements , — reprit doucement le père d'Aigrigny;
os LE Jl'IF ERRAXT.
jn VOUS dis, moi, quo icWc a clc la sonlr ot unique pensée de votre mèi'e adoplive...
— Hier, mon père, elle m'a tout dit. Elle et moi, nous avons été mutuellement trompés.
— i\insi , mon cher fils, — dit sévèrement le père d'Aigrigny à Gabriel, — vous mettez la parole de votre mère adoptive au-dessus de la mienne?...
— Epargnez-moi une réponse pénible pour vous et pour moi, mon père, — dit Gabriel en baissant les yeux...
— Me dircz-vous maintenant , — reprit le père d'Aigrigny avec anxiété , — ce que vous prétendez me... »
Le révérend père ne put achever.
Samuel entra et dit : « Un homme d'un certain Age demande à parler à M. Rodin.
— C'est moi , monsieur ; je vous remercie , « répondit le sociiis assez surpris.
Puis , avant de rejoindre le juif, il remit au père d'Aigrigny quelques mots écrits au crayon sur un des feuillels de son portefeuille. Rodin sortit fort inquiet de savoir qui pouvait venir le chercher rue Saint- François.
Le père d'Aigrigny et Gabriel restèrent seuls.
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