LES PREMIERS ET LES DERNIERS. ISI
pt lion ma((''i'iollpniont , a été employé pour éloifjnrr AI. Hardy... Quant à vos autres procédés... allons donc!... mauvais, incertains, danc^ereux. . . Pounpioi? parce qu'ils étaient violents, et qu'on répond à la violence par la violence ; alors ce n'est plus une lutte d'hommes fins, habiles, opiniâtres, voyant dans l'ombre, où ils marchent toujours. . . c'est un combat de crocheteurs au grand soleil. Comment? bien qu'en agissant sans cesse, nous devons avant tout nous effacer, disparaître, et vous ne trouvez rien de plus intelligent que d'appeler l'attention sur nous par des moyens d'une sauvagerie et d'un retentissement déplorables... Pour plus de mystère, c'est la garde, c'est le commissaire de police , ce sont des geôliers que vous prenez pour complices... Alais cela fait pitié, monsieur... Un succès éclatant pouvait seul vous faire pardonner ces pauvretés!! et ce succès, vous ne l'avez pas eu...
— Monsieur! — dit le père d'Aigrigny vivement blessé, car madame de Saint-Dizier, ne pouvant cacher l'espèce d'admiration que lui causait la parole nette et cassante de Kodin, regardait son ancien amant d'un air qui semhlait dire : il a raison ; — monsieur, vous êtes plus que sévère... dans votre jugement... et malgré la déférence que je vous dois, je vous dirai que je ne suis pas habitué...
— Il y a bien d'autres choses, ma foi, auxquelles vous n'êtes pas habitué, — dit durement Rodin en interrompant le révérend père ; — mais vous vous y habituerez... \'ous vous êtes fait juscju'ici une
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faussp idi'O de votre valeur; il y a en vous un vieux levain de batailleur et de mondain qni toujours fermente, et ôte à votre raison le froid, la lucidité, la pénétration qu'elle doit avoir ;... vous avez été un beau militaire , fringant et musqué ; vous avez couru les guerres , les fêtes , les plaisirs , les femmes... Ces choses vous ont usé à moitié. Vous ne serez jamais maintenant qu'un subalterne ; vous êtes jugé. Il vous manquera toujours cette vigueur, cette concentration d'esprit qui dominent hommes et événements. Cette vigueur, cette concentration d'esprit, si je l'ai, moi, et je l'ai... savez-vous pourquoi? C'est que, uniquement voué au service de notre compagnie, j'ai toujours été laid, sale et vierge;... oui, vierge... toute ma virilité est là... d
En prononçant ces mots d'un orgueilleux cynisme, Rodin était effrayant.
La princesse de Saint-Dizier le trouva presque beau d'audace et d'énergie.
lie père d'Aigrigny, se sentant dominé d'une mauu''re invincible, inexorable, par cet être diabolique, voulut tenter un dernier effort de révolte et s'écria : ulsh! monsieur, ces foi-fanteries ne sont pas des j)reuves de valeur et de puissance... on vous verra à l'œuvre.
— On m'y verra... — reprit froidement Rodin... — et savez-vous à quelle œuvre? (Rodin affeclionnait cette formule interrogative) à celle que vous abandonnez si lâchement.
— Que dites-vous? — s'écria la princesse de