‹ Le juif errant (volume 5)Chapitre 25 sur 31 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

La physionomie de Rodin, lorsqu'il était entré chez la mère Arsène, respirait la simplicité la plus candide : il appuya ses deux mains sur la pomme de son parapluie et dit : n Je regrette bien, ma chère dame, de vous avoir éveillée ce malin de trèsbonne heure...

— Vous ne venez déjà pas assez souvent , mon ditjne monsieur, pour que je vous fasse des reproches.

— Que \oule/.-vons, chère dame ! i'liai)i(c la V U

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campagne, et je ne peux venir que de temps à antre dans ce pied-à-terre, pour faire mes petites affaires.

— A propos de ça, monsieur, la lettre que vous attendiez hier est arrivée ce matin ; elle est grosse et vient de loin. La voilà, — dit la fruitière en tirant la lettre de sa poche , — elle n'a pas coûté de port.

— Alerci , ma chère dame , — dit Rodin en prenant la lettre avec une mdifférence apparente ; et il la mit dans la poche de côté de sa redingote, qu'il reboutonna ensuite soigneusement.

— Allez-vous monter chez vous, monsieur?

— Oui , ma chère dame.

— Alors je vais m'occuper de vos petites provisions , — dit la mère Arsène. — Est-ce toujours comme à l'ordinaire, mon digne monsieur?

— Toujours comme à l'ordinaire.

— Ça va être prêt en un clin d'œil. »

Ce disant, la fruitière prit un vieux panier; après y avoir jeté trois ou quatre mottes à brûler, un petit làgotin de cotrets, quelques morceaux de charbon, elle recouvrit ces combustibles d'une feuille de chou ; puis , allant au fond de sa boutique , elle tira d'un bahut un gros pain rond , en coupa une tranche, et choisit ensuite d'un œil connaisseur un magnifique radis noir parmi plusieurs de ces racines , le divisa en deux , y fit un trou qu'elle remplit de gros sel c][ris, rajusta les deux morceaux et les plaça soigneusement auprès du pain, sur la feuille de chou qui séparait les combusiibhs des comestibles. Pi-enant enfin à son fourneau quehjues charbons alhinn's, elle

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Ips mit dans un petit sabot rempli de cendres qu'elle posa aussi dans le panier.

Remontant alors jusqu'à la dernière marche de son escalier, la mère Arsène dit à Rodin : a V'^oici votre panier, monsieur.

— Mille remercîments , chère dame, » répondit Rodm ; et plongeant la main dans le gousset de son ])antalon, il en tira huit sous qu'il remit un à un à la Iruitière, et lui dit en emportant le panier : a Tanlot, en redescendant de chez moi, je vous rendrai, comme d'habitude, votre panier.

— A votre service, mon brave monsieur, à voti-e service, » dit la mère Arsène.

Rodin prit son parapluie sous son bras gauche , souleva de sa main droite le panier de la fruitière , entra dans l'allée obscure, traversa une petite coui-, monta d'un pas allègre jusqu'au second étage d'un corps de logis fort délabré; puis arrivé là, sortant une clef de sa poche, il ouvrit une première porte , qu'ensuite il referma soigneusement sur lui.

La première des deux chambres qu'il occupait était complètement démeublce ; quant à la seconde , ou ne saurait imaginer un réduit d'un aspect plus triste, plus misérable. Un papier tellement éraillé, passé, déchiré, que l'on ne pouvait reconnaître sa nuance primitive, couvrait les murailles; un lit de sangle boiteux, garni d'un mauvais matelas et d'une couverture de laine mangée par les vers, un tabouret, une petite table de bois vermoulu, un poêle de faïence grisâtre aussi craquelre que de la porcelaine

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du Japon, une viplllc malle à cadoiias placée sous le lit, tel était rameublement de ce taudis délabré, l ne étroite fenêtre aux carreaux sordides éclairait à peine cette pièce presque entièrement privée d'air et de jour par la hauteur du bâtiment qui donnait sur la rue ; deux vieux mouchoirs à tabac attachés l'un à l'autre avec des épingles, et qui pouvaient à volonté glisser sur une ficelle tendue devant la fenêtre , servaient de rideaux ; enfin le carrelage disjoint, rompu, laissant voir le plâtre du plancher , témoignait de la profonde incurie du locataire de cette demeure.

Après avoir fermé sa porte , Rodin jeta son chapeau et son parapluie sur le lit de sangle , posa par terre son panier, en tira le radis noir et le pain, qu'il plaça sur la table ; puis , s'agenouillant devant son poêle , il le bourra de combustibles et l'alluma en soufflant d'un poumon puissant et vigoureux sur la braise apportée dans le sabot. Lorsque , selon l'expression consacrée, son poêle tira, Rodin alla étendre sur leur ficelle les deux mouchoirs à tabac qui lui servaient de rideaux; puis, se croyant bien celé à tous les yeux, il tira de la poche de côté de sa redingote la lettre que la mère Arsène lui avait remise. En faisant ce mouvement, il amena plusieurs papiers et objets différents ; l'un de ces papiei-s, gras et froissé , plié en petit paquet , tomba sur la table et s'ouvrit; il renfermait une croix de la Légion d'honneur en argent noirci par le temps ; le ruban rouge de cette croix avait presque perdu sa couleur primitive.

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A la vue de cotte croix, qu'il lemit dans sa poche avec la médaille dont Faringhea avait dépouillé Djalina, Rodin haussa les épaules en souriant d'un ail- méprisant et sardonique ; puis il tira sa grosse montre d'argent, et la plaça sur la table à côté de la lettre de Rome. Il regardait cette lettre avec un singulier mélange de défiance et d'espoir, de crainte et d'impatiente curiosité.

.Après un moment de réilexion, il s'apprêtait à décacheter cette enveloppe... Mais il la rejeta brusquement siu' la table, comme si, par un étrange caprice, il eût voulu prolonger de quelques instants l'angoisse d'une incertitude aussi poignante , aussi irritante que l'émotion du jeu. Regardant sa montre, Rodin se résolut de n'ouvrir la lettre que lorsque l'aiguille marquerait neuf heures et demie ; il s'en fallait alors de sept minutes.

Par une de ces bizarreries puérilement fatalistes , dont de très-grands esprits n'ont pas été exempts , Rodin se disait : a Je brûle du désir d'ouvrir cette lettre ; si je ne l'ouvre qu'à neuf heures et demie , les nouvelles qu'elle m'apporte seront favorables, -a Pour employer ces minutes, Rodin fit quelques pas dans sa chambre, et alla se placer, pour ainsi dire, en contemplation admirative devant deux vieilles gravures jaunâtres, rongées de vétusté, attachées au mur par deux clous rouilles.

liC premier de ces objets d'nrt, seuls ornements dont Rodin eût jamais décoré ce taudis, était une de ces images grossièrement dessinées et enluminées de

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rouge, de jaune, de vert et de bleu, que l'on vend dans les foires ; une inscription italienne annonçait que cette gravure avait été fabriquée à Rome. Elle représentait une femme couverte de guenilles , portant une besace et ayant sur ses genoux un petit enfant ; une horrible diseuse de bonne aventure tenait dans ses mains la main du petit enfant , et semblait y lire l'avenir, car ces mots sortaient de sa bouciic en grosses lettres bleues : Sara papa (il sera pape). Le second de ces objets d'art, qui semblaient inspirer les profondes méditations de Rodin, était une excellente gravure en taille -douce, dont le fini précieux, le dessin à la fois hardi et correct contrastaient singulièrement avec la grossière enluminure de l'autre image. Celte rare et magnifique gravure , payée par Rodin six louis (luxe énorme), représentait un jeune garçon vêtu de haillons. La laideur de ses traits était compensée par l'expression spirituelle de sa physionomie vigoureusement caractérisée ; assis sur une pierre, entouré çà et là d'un troupeau de porcs qu'il gardait, il était vu de face, accoudé sur son genou , et appuyant son menton dans la paume de sa main. L'attitude pensive, réfléchie, de ce jeune homme vêtu comme un mendiant , la puissance de son large front , la finesse de son regard pénétrant , la fermeté de sa bouche rusée, semblaient révéler une indomptable résolution jointe à une intelligence supérieure et à une astucieuse adresse. Au-dessous de cette ligure, les attributs pontificaux s'enroulaient autour d'un médaillon au centre duquel se voyait

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une tète de vieillard dont les lignes, fortement aeccnluées, rappelaient d'unie manière frappante, malgré leur sénilité , les traits du jeune gardenr de troupeaux.

Cette gravure portait enfui pour titre : La Jkl- VKSSK DE Sixte-Qlixt ; et l'image enluminée, la Prcdirtiou ' .

A forec de contempler ces gravures de plus en j)lus près, d'un œil de plus en plus ardent et interrogatif, comme s'il eût demandé des inspirations ou des espérances à ces images , Rodiu s'en était tellement rapproché que, toujours debout et repliant sou bras droit derrière sa tète, il se tenait pour ainsi dire appuyé et accoudé à la muraille, tandis que, cachant sa main gauche dans la poche de son pantalon noir, il écartait ainsi un des pans de sa vieille redingote olive.

Pendant plusieurs mimites il garda cette attitude méditative.

Rodiu, nous l'avons dit, venait rarement dans C(; logis; selon les règles de son ordre, il avait jusqu'alors toujours demeure avec le père d'Aigrigny, dont la surveillance lui était spécialement confiée : aucun membre de la congrégation, surtout dans la position subalterne oii Rodin s'était jusqu'alors tenu, ne pouvait ni se renfermer chez soi, ni même posséder \m

' Selou la tradition, il aurait été prédit à la mère de Sixte-Quint qu'il urait pape, et il aurait été, dans sa première jeunesse, gardeur de troupeaux.

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meuble l'ermant à clef; de la sorte, rien n'entravait l'exercice d'un espionnage mutuel, incessant, l'un des plus puissants moyens d'action et d'asservissement employés par la Compagnie de Jésus. En raison de diverses combinaisons qui lui étaient toutes personnelles , bien que se rattachant par quelques points aux intérêts généraux de son ordre , Rodin avait pris à l'insu de tous ce pied-à-terre de la rue Clovis. C'est du fond de ce réduit ignoré que le socius correspondait directement avec les personnages les plus éminents et les plus influents du Sacré-Coliége.

On se souvient peut-être qu'au commencement de cette histoire , lorsque Rodin écrivait à Rome que le père d'Aigrigny , ayant reçu l'ordre de quitter la France sans voir sa mère mourante , avait hésité à partir; on se souvient, disons-nous, que Rodin avait ajouté en forme de jjost-scriptuni , au bas du billet qui dénonçait au général de l'ordre l'hésitation du père d'Aigrigny :

tt Dites au cardinal -prince qu'il peut compter D sur moi, mais qu'à son tour il me serve active- 5) me 71 1. 1)

Cette manière familière de correspondre avec le plus puissant dignitaire de l'ordre, le ton presque protecteur de la recommandation que Rodin adressait à un cardinal-prince , prouvait assez que le socius, malgré son apparente subalternitc, était, à cette époque, regardé comme un homme très-important par plusieurs princes de l'Kglise ou autres dignitaires,

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qui lui acIiTssaicnt leurs lettres à Taris sous un faux nom , et d'ailleurs chiffrées avec les précautions et les sûretés d'usage.

Après plusieurs moments de méditation contemplative passés devant le portrait de Sixte-Quint, Rodin revint lentement à sa table , où était cette lettre , que par une sorte d'atermoiement superstitieux il avait différé d'ouvrir, malgré sa vive curiosité. Comme il s'en fallait encore de quelques minutes que l'aiguille de sa montre ne marquât neuf heures et demie , Rodin , afin de ne pas perdre de temps , fit méthodiquement les apprêts de son frugal déjeuner ; il plaça sur sa table , à côté d'une écritoh-e garnie de plumes , le pain et le radis noir ; puis s'asseyant sur son tabouret, ayant pour ainsi dire le poêle entre ses jambes , il tira de son gousset un couteau à manche de corne , dont la lame aiguë était aux troi.s quarts usée, coupa alternativement un morceau de pain et un morceau de radis , et commença son frugal repas avec un appétit robuste , l'œil fixé sur l'aiguille de sa montre...

L'heure fatale atteinte , Rodin décacheta l'enveloppe d'une main tremblante.

Elle contenait deux lettres.

La première parut le satisfaire médiocrement; cai", au bout de quehjues minutes, il haussa les épaules, frappa impatiemment sur la table avec le manche de son couteau , écarta dédaigneusement cette lettre du revers de sa main crasseuse, et parcourut la seconde missive, tenant son pain d'une main, et, de l'autre,

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trempant par un mouvement machinal une tranche de radis dans le sel gris répandu sur un coin de la table.

Tout à coup la main de Rodin resta immobile. A mesure qu'il avançait dans sa lecture il paraissait de plus en plus intéressé , surpris , frappé. Se levant brusquement, il courut à la croisée, comme pour s'assurer, par un second examen des chiffres de la lettre, qu'il ne s'était pas trompé, tant ce qu'on lui annonçait lui paraissait inattendu. Sans doute Uodiii reconnut qu'il acait bien déchiffré; car, laissant tomber ses bras , non pas avec abattement , mais avec la stupeur d'une satisfaction aussi imprévue qu'extraordinaire , il resta quelque temps la tète basse , le regard fixe, profond;... la seule marque de joie qu'il donnât se manifestait par une sorte d'aspiration sonore , fréquente et prolongée.

Les hommes aussi audacieux dans leur ambition que patients et opiniâtres dans leur sape souterraine, sont surpris de leur réussite lorsque cette réussite devance et dépasse incroyablement leurs sages et prudentes prévisions. Rodin se trouvait dans ce cas.

Grâce à des prodiges de ruse, d'adresse et de dissimulation; grâce à de puissantes promesses de corruption ; grâce enfin au singulier mélange d'admiration , de frayeur et de confiance que son génie inspirait à plusieurs personnages influents , Rodin apprenait du gouvernement pontifical que, selon une éventualité possible et probable, il pourrait, dans un temps donne , prétendre avec chance de succès à

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une position qui n'a que trop souvent excité la crainte, la haine ou l'envie de bien des souverains , et qui a été quelquefois occupée par de grands hommes de bien , par d'abominables scélérats ou par des gens sortis des derniers rangs de la société. Mais, pour que Rodin atteignît plus sûrement ce but, il lui fallait absolument réussir dans ce qu'il s'était engagé à accomplir, sans violence, et seulement parle jeu et par le ressort des passions habilement maniées, à savoir : assurer à la compagnie de Jésus la jwssession (les biens de la famille Rcnnepont;

Possession qui, de la sorte, avait une double et immense conséquence ; car Rodin , selon ses visées personnelles, songeait à se faire de son ordre (dont le chef était à sa discrétion) un marchepied et un moyen d'intimidation.

Sa première impression de surprise passée, impression qui n'était pour ainsi dire qu'une sorte de modestie d'ambition, de défiance de soi, assez commune aux hommes réellement supérieurs; Rodin, envisageant plus froidement, plus logiquement les choses, se reprocha presque sa surprise. Pourtant bientôt après, par une contradiction biZci"re, cédant encore à une de ces idées puériles auxquelles l'homme obéit souvent lorsqu'il se sait ou se croit parfaitement seul et caché, Rodin se leva brusquement, prit la lettre qui lui avait causé une si heureuse surprise, et alla, pour ainsi dire, l'étaler sous les yeux de l'image du jeune pâtre devenu pape; puis, secouant lièremenl, triomphalement la tète, dardant sur le portrait son regard

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(le reptile, il dit entre ses dents en mettant son doijjt crasseux sur l'emblème pontifical : « Hein! frère? et moi aussi... peut-être... «

Après cette interpellation ridicule, Rodin revint à sa place , et comme si l'heureuse nouvelle qu'il venait de recevoir eût exaspéré son appétit, il plaça la lettre devant lui pour la relire encore une fois, et la couvant des yeux il se prit à mordre avec une sorte de furie joyeuse dans son pain dur et dans son radis noir en chantonnant un vieil air de litanies.

Il y avait quelque chose d'étrange , de grand et surtout d'effrayant dans l'opposition de cette ambition immense, déjà presque justifiée par les événements, et contenue, si cela peut se dire, dans un si misérable réduit.

Le père d'/ligrigny, homme sinon très-supérieur, du moins d'une valeur réelle, grand seigneur de naissance , très-liautam , placé dans le meilleur monde , n'aurait jamais osé avoir seulement la pensée de prétendre à ce que prétendait Rodin de prime-saut ; l'unique visée du père d'Aigrigny, il la trouvait impertinente, était d'arriver à être un jour élu général de son ordre, de cet ordre qui embrassait le monde.

La différence des aptitudes ambitieuses de ces personnages est concevable. Lorsqu'un homme d'un esprit éminent , d'une nature saine et vivace , concentrant toutes les forces de son âme et de son corps sur une pensée unique, pratique ol)stinémcnt, ainsi que le faisait Rodin, la chasteté, la frugalité,

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0111*111 \o rononfpmpnt volonfairr ù toutr- satisfaction du cœur ou des sons, presque toujours cet homme ne se révolte ainsi contre les vœux sacrés du Créateur qu'au profit de quelque passion monstrueuse et dévorante, divinité infernale qui, par un pacte sacrilé<(e , lui demande , en échange d'une puissance redoutable, l'anéantissement de tous les nobles penchants, de tous les ineffables attraits, de tous les tendres instincts dont le Seigneur, dans sa sagesse éternelle, dans son inépuisable munificence, a si paternellement doué la créature.

Pendant la scène muette que nous venons de dépeindre, Rodin ne s'était pas aperçu que les rideaux dune des fenêtres situées au troisième étage du bâtiment qui dominait le corps de logis où il habitait s'étaient légèrement écartés, et avaient à demi découvert la mine espiègle de Rose-Pompon et la face de Silène de \ini-AIoulin.

Il s'ensuivait que Rodin , malgré son rempart de mouchoirs à tabac , n'avait été nullement garanti de fexamen indiscret et curieux des deux coryphées de la Tulipe orageuse.

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