SCÈNE II
RENAUD ET SES Compagnons.
RENAUD. Comme il court!... le tigre a trouvé des jambes de lièvre!... Albigeois, voilà pourtant les ennemis devant qui nous
tremblons; des égorgeurs, dont l’épée n’a de traiidiant que pairce qu’elle ne rencontre pas assez souvent la nôtre. Au cri de destruction poussé contre nous , répondons par des cris de guerre; jetons le fourreau et que la lame nous reste. Hier, quatre cents de nos frères furent exterminés à Laval, à Gazeras; on en brûla soixante avant-hier. Le légat de Rome, joignant au meurtre l’impiété , a pris d’assaut , sous les auspices de sainte Madeleine , la ville de Béziers , dont il a fait égorger tous les habitai^. Il marche contre nous, le bras levé.... Lui présenterons-nous le dos ou la poiti ine? mourrons-nous en héros ou en martyrs ?
TOCS. Aux armes!!!
RENACD. Oui , aux armes ! Que demain le soleil éclaire
notre délivrance ; ce pays , où nous nous cachions, muets et dispersés, qu’il nous voie nous lever en masse... la soutane rouge viendra nous y dire une messe de sang... Tant mieux ; nous la lui servirons... Mais qu’ai-je entendu? là!... quelqu’un!...