‹ Le Juif ErrantChapitre 28 sur 43 · I.SAAC. Un miracle entre le ciel et nous · texte numérisé non relu

I.SAAC. Un miracle entre le ciel et nous

BARBARA. Un miracle... mensonge et sortilège! Qu’on les sépare.

ISAAC. Malheur à qui le tenterait!

BARBAR.A. Malheur à toi-même! Soldats, qu’on m’obéisse.

ESTHER , se dégageant des bras de son père, et s’élançant au pied de la bannière que tenaient les religieuses placées au fond du théâtre. Que nul ne porte la main sur moi : je suis chrétienne.

IS.AAC , aoec force. Elle est chrétienne !

BARBARA. Et toi?

ISAAC. Je suis Isaac, le juif.

TOUS , avec horreur. Un juif !

BARB.ARA. (^’on s’assure de sa personne.

ESTHER . Mon père , mon père !

BARBARA. Qu’on la conduise au couvent des srcurs de la Passion ; et que là , des exorcismes et des prières nous révèlent , à son egard , la vérité tout entière.

(Les religieuses rentourent et l'cntratnent.)

ISAAC. Perdue pour moi ! Seigneur , ne me l’as-tu donc rendue que pour me la reprendre ?

BARBARA. Quant à toi ,. mécréant....

ISAAC. Oh ! mon incrédulité n’est pas si grande que tu penses ! je crois, oui , je crois à l’avenir, à l’avenir des peuples ; je crois à voti'e ruine , à tous fourbes et imposteurs ; le cercle de fer dont le fanatisme a enveloppé le monde et qu’il resserre chaque jour davantage , ce cercle se brisera , et les hom-

iries, honteux de leurs terreui-s passées, ivres de licence, secneront : Rien, plus rien qui nous arrête ! Ils éteindiont vos ûuchers, ils briseront vos poignards , ils déchireront vos robes de pretres ; ce sera un siècle d’orgies et d’impiété à épouvanter le ciel ; alors celui que vous appelez aujourd’hui le mécréant

^eraparla et dira à ceux qui voudront encore l’entendre : Enlans. Il est un Dieu.

BARBARA. C’est au nom de ce Dieu que je t’ordonne d’abjurer à 1 instant la foi de 3Ioïse. ^

ISAAC. Je suis né juif, juif je vivrai.

T“ grandbruit.) Qu’est-ce que cela ?

Renaud, prisonnier.) Ah ! c’est toi , Renaud-doiar ?

Resaud. Moi-même , sénéchal.

BARBARA. Regarde , le bûcher est prêt,

RENAUD. Fais-y mettre le feu aBn qu’à la lueur je vois si tu es moins pâle que tantôt.

BARBARA. Tu railles , Renaud-de-Bai-.

RENAUD. Ne t ai-je pas promis de rire si jamais je rencontrais ton visage?

le j”uif^”*''*' ^ l’hérétique , au bûcher

TOUS. Au bûclier !

hnî-pfwo ’ «ntruine. Oui , le feu peut-être ah ! quelque

horrible que soit cette mort, accorde-la mol , inon Dieu I

( Le bûcher s embrase , Renaud s’abîme au milieu desHammes.qm s’écartent et s’éteignent autour J d Isaac.) “

l’archange , apparaissant. Vous qui vous chargez de la

isaac. Encore.

L ARCHANGE. Toujours.

fin du troisième acte.

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