I.SAAC. Un miracle entre le ciel et nous
BARBARA. Un miracle... mensonge et sortilège! Qu’on les sépare.
ISAAC. Malheur à qui le tenterait!
BARBAR.A. Malheur à toi-même! Soldats, qu’on m’obéisse.
ESTHER , se dégageant des bras de son père, et s’élançant au pied de la bannière que tenaient les religieuses placées au fond du théâtre. Que nul ne porte la main sur moi : je suis chrétienne.
IS.AAC , aoec force. Elle est chrétienne !
BARBARA. Et toi?
ISAAC. Je suis Isaac, le juif.
TOUS , avec horreur. Un juif !
BARB.ARA. (^’on s’assure de sa personne.
ESTHER . Mon père , mon père !
BARBARA. Qu’on la conduise au couvent des srcurs de la Passion ; et que là , des exorcismes et des prières nous révèlent , à son egard , la vérité tout entière.
(Les religieuses rentourent et l'cntratnent.)
ISAAC. Perdue pour moi ! Seigneur , ne me l’as-tu donc rendue que pour me la reprendre ?
BARBARA. Quant à toi ,. mécréant....
ISAAC. Oh ! mon incrédulité n’est pas si grande que tu penses ! je crois, oui , je crois à l’avenir, à l’avenir des peuples ; je crois à voti'e ruine , à tous fourbes et imposteurs ; le cercle de fer dont le fanatisme a enveloppé le monde et qu’il resserre chaque jour davantage , ce cercle se brisera , et les hom-
iries, honteux de leurs terreui-s passées, ivres de licence, secneront : Rien, plus rien qui nous arrête ! Ils éteindiont vos ûuchers, ils briseront vos poignards , ils déchireront vos robes de pretres ; ce sera un siècle d’orgies et d’impiété à épouvanter le ciel ; alors celui que vous appelez aujourd’hui le mécréant
^eraparla et dira à ceux qui voudront encore l’entendre : Enlans. Il est un Dieu.
BARBARA. C’est au nom de ce Dieu que je t’ordonne d’abjurer à 1 instant la foi de 3Ioïse. ^
ISAAC. Je suis né juif, juif je vivrai.
T“ grandbruit.) Qu’est-ce que cela ?
Renaud, prisonnier.) Ah ! c’est toi , Renaud-doiar ?
Resaud. Moi-même , sénéchal.
BARBARA. Regarde , le bûcher est prêt,
RENAUD. Fais-y mettre le feu aBn qu’à la lueur je vois si tu es moins pâle que tantôt.
BARBARA. Tu railles , Renaud-de-Bai-.
RENAUD. Ne t ai-je pas promis de rire si jamais je rencontrais ton visage?
le j”uif^”*''*' ^ l’hérétique , au bûcher
TOUS. Au bûclier !
hnî-pfwo ’ «ntruine. Oui , le feu peut-être ah ! quelque
horrible que soit cette mort, accorde-la mol , inon Dieu I
( Le bûcher s embrase , Renaud s’abîme au milieu desHammes.qm s’écartent et s’éteignent autour J d Isaac.) “
l’archange , apparaissant. Vous qui vous chargez de la
isaac. Encore.
L ARCHANGE. Toujours.
fin du troisième acte.