CHAPITRE CINQUIÈME
Ces termes sont positifs, ils sont précis, et il en ressort assez clairement que les Juifs préteurs savaient prendre leurs sûretés, s’assurer, outre des gages, des compensations en cas d’accident , et que « le prêt a usure était pour eux une source (fimmenset bénéfices. Aujourd’hui, l’année, ou au moins le trimestre , est la période qui sert de base au calcul du taux de l’intérêt. Les banquiers chrétiens de Champagne faisaient usage d’une période plus courte : l’intervalle qui séparait les termes de payement de chacune des six foires -, elle durait donc, en moyenne, deux mois. » Mais « pour les banquiers juifs la période était la semaine. Plusieurs actes de nos Comtes interdisent h des banquiers chrétiens le prêt ’a la semaine', » car il n’était pas licite au chrétien d’agir en juif, et, comme le disent les Archives Israélites elleS'mêmes , on trouvait bon d’avoir dans les Juifs « une corporation damnée d’avance, qui pût se charger du métier de réprouvé ’ ! »
« Après avoir exigé trois deniers par semaine, les Juifs furent contraints à se contenter de deux, c’est-k-dire de 43 fr. 75 c. pour cent par an , les intérêts des intérêts non compris. Celte réforme fut due à une ordonnance rendue de concert par Philippe Auguste, Blanche de Navarre et Guy de Dampierre, en 1206 ’. »
* D’Arbois, ib., p. 834.
* Archives israélites, XXIV, p. 1113 ; 1S décembre 1867.
^Ibid., d’Arbois de Jubainville, v. IV, p. 834. Les Juifs, ainsi que
nous l’avons énoncé tout à l’heure, « étaient serfs, c’est-à-dire taillables à merci, ajoute ce savant archiviste. Leur seigneur pouvailexiger d’eux, à titre de taille, telle somme qu'il lui plaisait; ainsi, au fond, c’était le seigneur qui profitait des actes d’usure commis par les Juifs, tandis qu’aux yeux des populations le Juif en supportait tout l’odieux. > Ibib., p. 834.
Erreur I erreur de fait, sinon de droit. Les Juifs n’ont jamais que très-petitement tiré les marrons du feu pour autrui. Leur fortune considérable, ainsi qu'en témoigne l’exemple même de Vaalin, de Jacob de Troyes et de leurs enfants, passait de père en fils; et quoique leurs usures provoquassent contre eux de nombreuses et terribles réaciions, ils ne se hasardaient point à ces prêts monstrueux sans avoir une certitude morale de gains immenses et définitifs. C’est là ce que le résultat démontre.
D’après le texte du Traité de la police que nous avons cité, les Juifs
Mais l’Église devait et voulait aviser au salut de la société chrétienne, et les derniers canons du quatrième concile général de Latran, qui concernent les Juifs, eurent « pour but de réprimer leurs usures et leurs insolences. Il y est ordonné qu’ils porteront quelque marque sur leur habit, pour les distinguer des chrétiens, comme cela se pratiquait déjh dans quelques provinces, et il est défendu de leur conférer des oflices publics, « car ils abusaient de leur autorité contre les chrétiens »
Une race de malfaiteurs publics sera donc désormais publiquement signalée , et cette marque , ce signe , dira de la part de l’Église ce que va dire d l’époque si libérale de la régence du duc d’Orléans, le jirocureur général du royaume, qui nommera ces hommes « les monstres de la société civile! »
Le talmudisant, le Juif ennemi du chrétien par devoir et par intérêt, ne pourra l’administrer, le juger, le commander sur les champs de bataille, être son législateur, car l’Église et le sens commun se soulèvent contre ces énormités.
Cependant, et malgré cette lutte incessante de tous les pouvoirs sociaux contre la tyrannie judaïque, aucun acte de répression ne fatigue les Juifs, et bientôt une ordonnance du roi Philippe le Bel , datée de l’an 1299% châtie de nou-
auraient été, généralement du moins, non taillables à merci, mais tributaires, et payant une somme convenue d’avance
s La prime d’assurance forme un des éléments essentiels de l’intérêt, » dit l’économiste J. B. Say. Or, « la prime d’assurance formait la majeure partie de ce qui portait le nom d’intérêt, ou d’usure; et l’intérêt véritable, le loyer pour l’usage du capital, se réduisait à fort peu de chose. » Voilà ce que ne craignent pas d’imprimer, en 4867, les Archives Israélites, Vlll, p. 374. El c’esi ce peu de chose qui rendait les Juifs infâmes, de l’aveu de la même feuille ! (XXIV, p. 4 4 4 3 ; 4 867). C’est là ce qui faisait tolérer comme utile cette nation « chargée du métier de réprouvé! » C’est là ce que l'Eglise, écho de la conscience publique, condamnait en termes formels 1 ‘ Rohrbacher, Histoire universelle de l'Eglise, t. XVII, p. 444 ; 4 854 . — Truité de la police, t. P'', p. 280. — Art de vérifier les dates : quatrième concile, an 4 245.
2 Le registre de la Chambre des comptes qui a pour titre Judœi, dit Delamare , porte qu’ils mirent en dépôt, chez les chrétiens leurs amis, beaucoup d oret d’argent, et ce qu’ils avaient de précieux... » Grand hommage à la probité chrétienne! Ibid., p. 282-3. — Th. Hallez, Des Juifs en France, p. 54, etc.; 4845.