CHAPITRE CINQUIÈME, <T
Il est vrai que, fidèles à des habitudes auxquelles ils trouvent un intérêt immense, les Juifs essayent de rentrer en France à la dérobée, et que plus lard Louis XIII, ainsi que nous l'avons énoncé, lance un arrêt de bannissement contre ceux qui réussissent à s’introduire dans le royaume.
Les Juifs de Metz ont seuls l’art de s’exempter de cette sentence, ainsi que ceux de la Lorraine et de l’Alsace, régions qui furent dévorées par leur usure. « H est donc bien établi qu’au moment de la Révolution il n’y avait de communauté juive, ou, comme le dit Delamare, dejuiverie, que dans ces provinces. Mais quant aux individus, ils se répandirent partout, et rhistoire a conservé le souvenir de l’opulent banquier Samuel Bernard ', » le Rothschild du règne de Louis XIV.
Nous jetterons tout ’a l’heure un coup d’œil sur l’Alsace; mais nous commencerons par énoncer que le très-libéral duc Léopold rendit en Lorraine un édit, ’a la date de l’an 1728, où sont déclarés « nuis tous les billets et actes sous seing privé qui seraient faits au profit des Juifs, tant pour argent prêté que pour vente de marchandises ou autres en- i gagements. » On lisait encore dans cet édit que les Juifs reconnus coupables d’usure ou de vol envers des sujets catholiques seraient punis « de la perle de leurs créances, tenus d’en payer le double à leurs débiteurs, et obligés en outre à une amende de cinq cents livres envers le prince, sans que ces peines pusseut être remises ou modérées par les juges*. »
Ces rigueurs de la justice sous tous les pouvoirs ancims et modernes, chrétiens ou insoucieux de la foi chrétienne, i;ous indiquent en termes assez clairs quels étaient les excès du mal commis par ces infatigables talmudisants. Ajoutons qu'en France, un instant avant l’époque où Léopold rendait
1615. Moguntiæ, p. 810, col. 2; lire ib., p. 841 à 850. Ce livre est en plein accord avec les deux grands ouvrages : Annales ecclesiast., du cardinal Baronius, et le TVoiïe de la police, 4 vol. in-fol.; Paris, 1705-1758.
‘ Ibid., p. 68-9 ; Hallez, id., — Traité de la police, 1. 1", p. 285.
2 Archives israilites, 111, p. 119; 1867.
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son édit , c’esl-k-dire a la date du 19 juin 1717, — sous la régence si peu chrétienne et si peu morale du duc d’Orléans, — défense fut faite « aux notaires et tabellions de passer obligation au profit des Juifs, autrement que sur deniers comptés et délivrés en leur présence Le procureur général, en re-
quérant cet arrêt, disait : qu’informé de toutes parts des usures que des Juifs insatiables e.vercent sur les chrétiens qui dans leurs besoins s’adressaient à eux, il est dans une obligation aussi pressante qu’indispensable d’en dévoiler la pratique impie aux yeu.x du conseil, et de cbercher en son autorité le moyen d’exterminer hors de son ressort un crime si inhumain et si détestable; qu’ayant fait des recherches exactes pour connaître la source de ce pernicieux mal , il avait trouvé que c’est dans les prêts d'argent..., où la ruse et la
fraude judiüque s'exercent et s’accroissent chaque jour, etc
que le second piège qu’il avait remarqué , c’était en re-
nouvelant incessamment les obligations sur des décomptes faux et impies, où ces monstres de la société civile convertissent h la fois leur gain illicite en sort principal '. »
L’un des points exceptionnels du royaume de France où le pouvoir toléra les Juifs, ce fut l’Alsace, disions-nous tout k l’heure. Or, voici ce que rapporte de cette vieille et si importante province un écrivain de race juive, dont le but était de ramener ses frères de sang dans la voie de la probité. « L’usure a procuré aux Juifs la moitié de l'Alsace’, c’est
* Ordonnance d’Alsace, I, 488. — Ces reproches, ajoute M. Hallez, dont la bienveillance pour les Juifs est assez notoire, sont les mêmes qu’on peut recueillir encore tous les jours de la bouche de tous les habitants de l’Alsace (1845). On doit comprendre l’importance que nous attachons, dans l’intérêt de l’histoire, à puiser nos principaux documents chez les amis des Juifs ou chez les Juifs eux-mêmes, plutôt que partout ailleurs.
11 existe aujourd'hui même, en Alsace, « une habitude; c’est que les créanciers qui ne veulent pas exercer o la rigueur les droits que la loi leur confère, cèdent leur créance à quelque Juif, étrange et blâmable compromis entre l’humanité et l’intérêt. Chaque acte de ce genre est, on peut le dire, un encouragement donné aux Juifs pour persévérer dans des professions où les bénéfices sont immenses pour eux, mais nuis pour la société, et que toutes les législations ont flkries. » Hallez, Des Juifs en France, p. 124 et 278; Paris, 1845.