CHAPITRE CINQUIÈME
la grande plaie de noire époque. L’usure se commet dans nos campagnes avec autant d’impudence que d’impunité; la petite propriété est dévorée par ce chancre, qui ronge tout. 11 faudrait un volume pour énumérer les moyens honteux et perfides employés par les Juifs pour attirer à eux toutes les parcelles de terrain qui excitent leur convoitise; et nous ignorons s’il pourra se trouver dans l’esprit de nos lois modernes quelques dispositions assez fortes pour arrêter les progrès de ce mal, lorsqu’on sera obligé d’en référer h la législature! Ce ne sont plus les Juifs qui se recouvrent du sac de dour leur, ce sont les paysans de nos camfmgnes qui portent le deuil des iniquités d’Israël. »
« Il s’est fait de cette manière, parmi les Juifs d’Allemagne, des fortunes considérables , que la plupart dépensent avec magnificence. Car le Juif allemand est vain et orgueilleux, fier et vindicatif; il n’a rien perdu des défauts de ses pères '. »
Cette page , h coup sûr , ne nous étonnera guère lorsque nous aurons parcouru l’ordonnance du 30 mai 1806, que le convocateur du grand Sanhédrin, Napoléon 1", ce )>olitique intéressé h pallier le tort des Juifs, dont il osait faire des citoyens français, commence par ces mots :
(( Sur le compte qui nous a été rendu que, dans plusieurs départements septentrionaux de notre empire, certains Juifs, n’exerçant d’autre profession que celle de l’usure, ont, par l'accumulalion des intérêts les plus immodérés, mis beaucoup de cultivateurs de ce pays dans un état de grande détresse... etc., etc ‘.
Lors de la restauration de l’illustre cl a jamais glorieuse maison de Bourbon, dont la politique et l’épée firent cette France devant laquelle, après même et presque aussitôt après qu’elle eut subi le fléau de l'invasion, nous avons vu l’Europe se taire, la plume de l’un des plus éminents publi-
* A. Cerfbcrr de Medelsheim, LesJui/s, leur histoire, leursmœurs, etc., p. 39; Paris, 1847.
* Hallez, i6.. Des Juifs, p, !9l ; 184H.
m 1>K8 JUIFS.
cistes du catholicisme, membre de la Chambre des pairs, laisse courir avec aisance sur le côté alsacien de la question judaïque sa phrase rapide et forte. Cet homme d’État s'adresse au monde chrétien h l’époque où l’école libérale la plus avancée, les philosophes et les amis de la nation juive, ont fait courir 'a la société les dangers qui naissent de l’émancipation d’Israël. Lisons et méditons sa parole :
« On trouve partout des hommes dont les perfides secours causent la ruine de ceux qui ont la faiblesse d’y recourir, mais on ne voit nulle part ailleurs qu’en Alsace, — la seule province de France, ’a peu près, qui fut livrée aux Juifs, — une partie de la population spécialement adonnée à cet infâme trafic d’argent, dressant des pièges de toute espèce \x la bonne foi, ’a 1a crédulité, ’a l'inexpérience-, offrant de funestes facilités à celui qui veut emprunter pour se tirer d’un léger embarras, et ne quittant le malheureux, une fois qu’il s’est engagé, que lorsque sa fortune tout entière est envahie. Ceux qui ont vu l’Alsace avec sa belle culture, ses beaux villages, sa superbe population , s’étonneront du tableau qu’a tracé l’auteur d’une brochure intitulée Quelques idées sur l’üsüre des Juifs d’Alsace. On ne croirait pasla plupart des faits contenus dans cette brochure, si l’on n’avait pour autorité les conseils généraux des deux départements, et le témoignage de leurs députés-, il paraît qu’il n’est question de rien moit)s que d’un bouleversement total des propriétés en Alsace, si toutes les créances des Juifs devenaient exigibles! L’assemblée constituante elle-même, malgré la ferveur de son libéralisme, rendit, dans une circonstance beaucoup moins urgente, un décret dont le désastre des temps empêcha l’exécution, pour obliger les Juifs d’Alsace à fournir des renseignements surleurs créances et pour être statué ce que de droit par le corps législatif, sur le mode de liquidation le plus sage. Un décret de 1808 a annulé une partie des mêmes créances, et suspendu l’exigibilité des autres ' 1 »
< P. 2Î51-25S; lire surtout, ensuite, les pages 257-272. « On sait comment les Juifs d’Alsace procèdent, etc... » Enfin M. Lacretelle a fait