‹ Le juifChapitre 105 sur 312 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

semblables k Israël , placent ou plaçaient hier même leur religion au-dessus de tout intérêt ou de tout droit; comment dès lors chercher ailleurs que dans le code religieux du Juif, «' différent de la loi de Moïse, la raison et la morale de Tusure? Or, d’après ce code, c’est-k-dirc d’après les traditions talmudiques qui règlent toute conscience orthodoxe, six cent treize préceptes existent de la loi de Dieu. Le cent quatre-vingt-dix-huitième et le cent-quatrc-vingt-cinquième ordonnent, le premier de faire l’usure aux non-Juifs; le second, d’exterminer sans ménagements les Idoles et les idolâtres, au nombre desquels figure le chrétien, que l’usure extermine plus sûrement que le fer.

L’usure est cependant aux yeux des rabbins une faute grave et détestable, ce qui leur permet de la condamner dans de vagues discours; mais elle n’est faute pour eux que de Juif h Juif. Celui qui n’est ni de sang ni de foi judaïque n’étant pas un homme, ne saurait être un frère. La Somme théologique, Shulhhanharuhh, du rabbin Joseph Karo, établit donc que prêter k usure k ce non- Juif est licite! et cette Somme est le code inséparable des rabbins, elle est la règle de toutes leurs décisions'.

Nous savons, dit le Talmnd , qu’il est permis de s’approprier tout ce que perd le non-Juif (goï); car restituer au non-Juif ce qu’il a perdu, c’est se rendre indigne du pardon de Dieu*. Celui qui rendrait au non-Juif ses objets perdus commettrait un péché; car ce serait fortifier la main des impies, et l’erreur de compte qu’il fait k.son désavantage est dans le même cas que ce qu’il perd’. Cette morale du vol est sans nuages, nous scmblc-t-il , et nous voyons qu’elle fut de tout temps admirablement pratiquée.

Les rabbins disent en outre : « Puisque la vie de l’idolâtre, — et tel est k leurs yeux le chrétien, — est k la dis-

‘ Article 159, § t, î.

2 Traité Baba-Koummali, fol. 29 v“; traité Sanhédrin, fol. 76 v".

■* Maimonide, Traité de la rapine et des choses perdîtes, ch. xi

crétion du Juif, à plus forte raison sou bien'! « Les jmsessions des chrétiens, d’après les talmudisles du Bava-Batra, sont ou doivent être réputées comme un désert, ou comme le sable de la mer -, le premier occupant en sera le vrai propriétaire*. » Tel est donc son argent que rusurc amène au seul domicile légitime qu’il puisse avoir : le coffre des lils de Jacob.

Et le Talmud poursuivant cet ordre d’idées, ajoute à ces choses : « Il a été enseigné ceci : Lorsqu’un Israélite et un non-Jilif ont un procès, tu donneras gain de cause à ton frère, et tu diras au non-Juif : Ainsi porte notre code. Si les lois des nations du monde se trouvent favorabtesh l’Israélite, tu lui donneras gain de cause encore, et tu diras au non-Juif : Ainsi porte votre propre code. Mais si nul de ces cas n’existe, il faut le harasser de chicane, jusqu’à ce que le gain de cause reste à l’Israélite*. »

En un mot, <> Dieu a ordonné aux Juifs d’enlever les biens des chrétiens de quelque manière que ce puisse être, soit par la ruse et la force, soit par l’usure et le vol : r/uows modo, sive dolo, sive vi, sive usura, site furto*. L’usure est donc pour le lidèle du Talmud un acte de, sainteté, l’acte dont la pratique le rapproche le plus utilement, pour le temps et l’éternité, de la fidélité de ses pères.

Déjà peut-être ces quelques passages rendront-ils notre stupeur fort e.xcusable lorsque nous nous trouverons en face des accusateurs qui ne cessent de tonner contre l’intolérance et l’ignorance des chrétiens à l’égard des Juifs; contre l’obscurantisme et la barbarie des siècles qui enfan-

‘ Fondement de la foi, de R. Joseph Albo, troisième partie, ch. xxv.

2 Pfefierkorn, Dissert, philolog., p. 11 ; Eglise et Synagogue, p. 30.

* Talmud, traité Baba-Koummah, fol. 113 r“. Donnez donc un Israélite vraiment orthodoxe pour juge au chrétien!

* L. Ferrari, Prompta Biblioth. Thalm., ord. 1, tract. 1, dist. 4. Du’on nous dise d’où vient cette grande prospérité des Juifs à Damas (1840), « et il sera démontré que ce n’est que l’usure, à 24, 30 et 33 pour cent, qui forme la base de cette richesse, si conforme d’ailleurs aux prescriptions dié Talmud. » Baudin, interprète, chancelier du consulat de France, Damas; L., ib,, 3. Laurent, p. 293-4.

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