‹ Le juifChapitre 106 sur 312 · CHAPITRE CINQülfcME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQülfcME

tèrent à l’Église ces pléiades de docteurs si justeiuenl considérés comme la gloire de leur époque, comme la lumière des âges de foi robuste, et comme la charité vivante du christianisme : les Albert le Grand, les Pierre Lombard, les Bonaventure, les Thomas d’Aquin, les Bernard,... noble postérité de l’école d’Alcuin fondée par le grand empereur d’Occident, et dont les plus nobles rejetons ne cessèrent, tout en combattant les énormités du judaïsme, d’étendre sur les fils d’Israël un bras protecteur et charitable.

Les regards du spirituel et sagace auteur des Juifs rois de l'époque ne s’étaient guère portés de ce côté; mais il avait suivi d’un œil curieux la constante effusion de piété talmudique répandue dans les actes d’Israël -, et, tout partial que devaient le rendre aux principes économiques de cette nation ses idées socialistes, il n’avait pu maîtriser son indignation devant ces princes de l’usure. Unissant donc sa parole à celle de Fourier, il s’était écrié de tout l’éclat de sa voix ; « Arrière! ô vous, arrière! horde d’usuriers b charge b l’humanité depuis le commencement des siècles, et qui traînez par tout le globe votre haine des autres peuples et votre incorrigible orgueil. » Arrière! car, « toute fourberie vous est louable quand il s’agit de tromper qui ne pratique point votre religion ' . »

Moins dur que ces myriades de témoins dissemblables de tous les siècles fut cependant pour les Juifs, dont il se montra l’ange consolateur, le roi-citoyen Louis-Philippe, ce prince, l’un des coryphées de la franc-maçonnerie, auquel la Révolution livra le trône pour quelques années, et que quelques-uns de ses flatteurs appelèrent le dernier des Voltairiens-, car l’histoire, nous dit l’Israélite Bédarride, doit enregistrer les magnifiques paroles que ce chef de l’État ne craignit point d’adresser au président du consistoire, b l’occasion du I" janvier : « Ainsi que l’eau qui tombe goutte b goutte finit par percer le rocher le plus dur, de

• Tousscnel, Les Juifs rois de l'époque, p. xii, ib. i; Paris, 18i7; et lire Fourier, Nouveau monde, p. 421, «‘confie i^lilion.

même ïinjuste préjugé qui vous poursuit s’évanouira devant les progrès de la raison humaine et de la philosophie'. »

El nous entendions tout a l’heure le procureur général de l’un des aïeux de ce même Prince, le Régent, que nul n’accuse d’être un des saints de l’Église, appeler les Juifs dans un de ses réquisitoires : « les monstres de la société civile! » De l’époque de la Régence a celle de Louis-Philippe, chassé du trône parles progressites de 1848, la raison humaine et la philosophie avaient donc réalisé dp grands progrès!

Toute la réponse U celte question est dans le titre même de l'ouvrage que nous venons de nommer ; Le» Juifs rois de l’époque. Les Juifs étaient alors, ce que désormais ils ne cesseront guère d’être, les rois de l’époque, et l’usage est de flatter les rois. Mais qui faisait d’eux les puissances de ce monde? l’argent, c’est-à-dire l’usure, l’usure qui puise dans l’éducation talmudique sa vie glorieuse et sacrée!

La morale de ce chapitre serait-elle donc, si la voix de la vérité peut y dominer celle du progrès, que, depuis la chute de Jérusalem, les Juifs sont redevenus le premier des peuples pasteurs-, et non plus simples pasteurs de troupeaux, à l’exemple de leurs ancêtres établis par Joseph, sous l'un des Pharaons, dans la terre de Gessen, mais pasteurs d’écus, doués de la vertu magique de dévorer chez les peuples qui les hébergent la verdure et la graisse de la terre?

L’histoire des Juifs, ces hommes dont l’inépuisable génie se met au service de la Révolution pour exploiter les peuples de compte à demi avec ceux qui bouleversent les trônes , et l’histoire de la plupart des sociétés financières de l’Europe, dont les gouffres n'ont cessé d’engloutir l’or et souvent l’honneur des familles, voilà ce qui formerait une suite bien naturelle de ce prélude; voilà ce qui ferait apparaître à nos yeux dans tout le grandiose de leur majesté les scandales de l’usure. Mais nous laissons à d’autres plumes l’honneur de cette tâche ; nous nous bornons à donner aux chapitres suivants la mission de confirmer le chapitre actuel , où

< Bédarride, Les Juifs en France, etc., p. 430, seconde édition, 1861 .

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