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CHAPITRE CINQUIÈME

M. Bédarride eut le courage héroïque de noos dire ; « Non, le Juif ne fait pas l’usure , car il ne peut kt faire; » mais où les faits nous tiennent un tout autre langage. Et nous ne nous en étonnons guère, car, nous connaissons deux hommes pour qni l'impossible n’est qu’un jeu : le Français sur les champs de bataille, et le Juif partout.

NOTE

Correspondanre étrangère du Afonde, Ï7 mars 4866. « ...A cette occasion, ilest encoreutile défaire connaître la fraude commise au préjudice del’Elatdanslesminesd’argent de Pribram, en Bohème. Un ouvrier qui travaillait chez un orfèvre Juif de Prague révéla à la police que son maître allait envoyer à Leipzick une caisse d’argent en lingots dont l’origine était suspecte. L’argent a été trouvé et saisi, et le Juif arrêté. La déposition de ce dernier a conduit à la découverte d’un vol trèsconsidérable continué pendant une longue série d'années. L'État a été ainsi frustré de plusieurs millions de florins. L’argent était soustrait par des mineurs et vendu à des Juifs... (Lire la suite).

» Sans doute, la découverte de ce vol a contribué beaucoup à /aire déborder la mauvaise humeur que la population ouvrière de Bohême nourrissait depuis longtemps contre les Juifs. Le cri de atribro (argent) est devenu le mot d’ordre dans les persécutions dirigées récemment contre les Juifs en beaucoup d’endroits de ce pays, et qui ont pris une extension telle que le gouvernement s’est vu dans la nécessité de recourir à des mesures énergiques...

B Qu’on ne s’y trompe pas. Depuis que la liberté de l’industrie a été admise en Autriche, l’aversion contre les Juifs a augmenté parmi les ouvriers chrétiens, non-seulement en Bohème, mais aussi dans les autres provinces où cette nation fournit un grand contingent à la population. Jusque dans la capitale de l’empire, où le peuple est plus civilisé que dans les provinces, on peut entendre très-souvent des artisans se plaindre que « les alTaires vont mal parce que \es Juifs ruinent tout. » Et puis ils ajoutent avec ironie : « Que les Bohèmes les chassent, à Vienne ils seront reçus à bras ouverts. »

» En effet, les Juifs, qui possèdent les capitaux, se mêlent à présent de tout et font de gros profits. Aux petits artisans ils laissent, en revanche, à peine de quoi vivre. Cependant les excès commis en Bohême avaient, outre cette cause générale, des motifs spéciaux qui dérivent pins directement de la conduite des Juifs dans les endroits où les désordres ont commencé. C’était justement dans le district de Hostomic, où un prêtre catholique zélé, le P. Kaboul, voyant la misère dans laquelle tombaient peu à peu les habitants de cette contrée , qui sont presque tous clou tiers, avait fondé une association pour améliorer leur sort. Cette association a pour but de fournir à ces pauvres artisans le fer à bon marché, et de vendre les clous avec plus de profit. Mais

les marchands juifs intriguèrent tellement contre cette association, et ils entravèrent ses opérations de telle sorte, qu’elle ne put jamais obtenir les résultats vers lesquels tendaient les efforts du P. Kabout. Ces hostilités leur ont coûté bien cher. Dans cette occasion, l’Église catholique a donné un nouvel exemple de sa tolérance. C’est surtout chez les prêtres catholiques que les Juifs persécutés ont trouvé asile. S. Era. le cardinal-archevêque de Prague a même adressé une circulaire au clergé de son diocèse, dans laquelle il l’exhorte à faire tous ses efforts pour empêcher de nouveaux désordres. « Et la Roumanie, etc., etc.

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