CHAPITRE SIXIÈME
laines époques et le commencement de certaines autres. Or, la vapeur, qui attache à nos navires et h nos chars les ailes de l’oiseau, et l’électricité, par qui le vol de la foudre devient dans les champs de l’espace le vol même de notre pensée voyageuse, voilà tout ’a la fois les instruments et les indices d’une ère où l’Orient , et le Juif lui-même , vont se sentir entraînés dans les voies d’un étrange progrès Mais le millésime de 1840 est la date où nous faisons étape; la race judaïque était alors en Orient ce qu’on l’avait vue dans les siècles que noos venons de parcourir, et l’opinion publique s’y montrait h son égard ce qu’elle fut aux époques les plus reculées de l’ère chrétienne. Il nous semblera donc assez naturel de lire dans l’ouvrage intitulé l'Égypte sous Mèbémet-Ali , Paris, 1813, que « la fin tragique du Père Thomas n'a pas occasionné d'étonnement en Égypte, car les habitants y sont persuadés, et tous ont cette conviction, que les Juifs égorgent parfois des esclaves chrétiens dont ils prennent le sang pour le mêler aux pains azymes *. » Et l’un des membres de la Société orientale, M. Achille Laurent, répète sous une autre forme cette pensée lorsqu’il s’écrie : « Est-il un voyageur ayant parcouru l’Anatolie, l’Archipel, l’Asie Mineure, Salonique, Smyrne et Constantinople, qui n’ait entendu le récit d’assassinats semblables à celui de Damas »
Quant h nous, cédant au besoin d’être rapide, mais pourtant de ne présenter le récit de faits d’une telle importance que sous le couvert d’une autorité sérieuse , et qui se compose elle-même de plusieurs autres, nous commençons par ex-
1 ün ëvêque qui a habité la Chaldée, la Mésopotamie, nous disait hier que nul changement n’est encore sensible chez les Juifs dans ces régions ; mais demain , hier sera peut-être bien loin I
2 T. I", 1. H, ch. III, des Juifs. Quod ab omnibus, semper et ubique : caractères de la prescription du vrai !
2 A. Laurent, Affaires de Syrie, etc., t. II, p. 564; Paris, 1846. Ce livre intéressant est devenu rare. Nous le demandâmes à l'éditeur et à plus de vingt libraires avant que l^n d’eux pût se le procurer. Il s’est peu vendu cependant... Mais il y aurait, dit-on, du mystère dans sa disparition.
traire de la grande Histoire de l'Église de Rohrbacher une. courte réflexion, suivie d’un résumé de quelques lignes du drame atroce de Damas.
« Le Talmud, nous dit en l’an de grâce 18ol cet historien, non-seulement permet au Juif, mais lui commande et lui recommande de tromper et de tuer le chrétien, quand il en trouve l’occasion. C’est un f.'ut.hors de doute, et qui mérite toute l’attention des peuples et des rois '. »
Exemple : Nous avons vu, reprend le même historien douze volumes après ce seizième, c’est-à-dire après s’être donné le temps de la réflexion, « que, d’après les principes de leur Talmud et l'enseignement si conforme de leurs docteurs , les Juifs ne peuvent et ne doivent pas plus se faire scrupule de tromper et de tuer les chrétiens, surtout les chrétiens convertis du Judaïsme, qu’ils n’ont de remords et de repentir d’avoir tué le Christ. » Et « que tel soit encore le secret enseignement de la Synagogue , un fait épouvantable est venu le révéler de nos jours : l’assassinat du Père Thomas, Capucin, par les principaux Juifs de Damas ^ » assassinat commis « par ceux qui passaient pour des hommes de bien , et qui, depuis plusieurs années, comblaient ce religieux de politesses et de prévenances ’. » Or, voici d’après des documents autres que ceux de l’historien des affaires de Syrie, de quelle sorte les choses se passèrent.
Le 5 février 1840, ce Père est appelé dans une maison juive, sous prétexte de vacciner un enfant, opération dans laquelle il excelle; mais l’enfant est malade, et le Père est sur le point de se retirer. 11 cède cependant à l’invitation pressante d’entrer dans la maison voisine, « celle de D*** *, le plus pieux des Juifs de Damas! un Juif que les chrétiens eux-mêmes regardent comme un honnête homme, et que le
> Rohrb., l. XVI, p. 406; Ex. XVIII, 683-4-5, Paris, 1851.
2 Ib., t. XXVlIl,p. 683; 1852.
■* Quoique nous trouvions les noms écrits en toutes lettres, nous les supprimons autant que possible lorsqu’une accusation s'y attache : telle est notre horreur pour les personnalités. Il est facile à qui le veut de les savoir.