‹ Le juifChapitre 117 sur 312 · CHAPITRE SIXIÈME. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. Î

Cependant, après l’assassinat du Père Thomas, il

avait été décidé chez les Juifs de se débarrasser de son domestique, dont les investigations devenaient compromettantes; et ce domestique disparut. Le lecteur connaîtra, par les pièces que recueillit et que nous livre M. Laurent, les menus détails du complot judaïque dont l’exécution mit fin aux premières terreurs des Juifs. Nous noos bornerons à relater quelques parties des interrogatoires qui concernent le second acte de cette tragédie. Ainsi, par exemple, Tuii des accusés, pressé de questions, et craignant de se compromettre, adresse cette demande : « Quelqu’un a-t-il, confessé avant moi? — Certainement il a été fait des aveux; dites la vérité à votre tour. — : Lorsque je retournai

chez mon maître , il me demanda : At-tu donné avit pour le domestique? Je répondis oui; sur ce, il médit : Retourne, va voir s’ils l’ont pris ou non, et qu’est-ce qu’on en fait. — J’allai chez je trouvai la porte fermée aux verrous ; je frappai ; le mâallem M*'"* vint m’ouvrir ; — Nous le tenons; veux4u entrer, ou t’en aller? — J’entrerai pour voir, lui dis-je. » J’entrai, et je trouvai et S*’’*; on s’occupait

a lier les mains du patient derrière le dos, avec son mouchoir, après lui avoir « bandé la bouche avec un linge blanc. La chose se passait dans le petit divan qui est dans la petite cour extérieure, où se trouvent les latrines, et c’est dans ces latrines qu’on jeta la chair et les os. On avait barricadé la porte avec une poutre; et, après qu’l*** P*** et A*** S*** lui eurent lié les mains derrière le dos, il fut jeté par terre par M*** F*** et M*** F*** fils de R***, etc., » c’est-à-dire par les sept qui étaient présents à l’opération. Il y en avait parmi eux qui regardaient faire les autres. On apporta une bassine de cuivre étamé; on lui mit le cou sur cette bassine, et M*** F*** l’égorgea de ses propres mains. Y***, M***, F*** et moi, nous lui tenions la tête. A***, fils de R***, et I*** P*** tenaient les pieds, et étaient assis dessus. A*** S*** et les autres tenaient le corps solidement, pour l’empêcher de bouger, jusqu’à ce que le sang eût fini de couler. Je de-

oieurai encore uo quart d’heure, eu attendant qu’il fût bien mort. Alors je les laissai, et je me rendis chez mon maître, auquel je donnai avis de ce qui s’était passé. »

* « Quelqu’un de ces sept individus est-il sorti pen-

dant que vous étiez encore Ik? — Personne avant qu’il fât égorgé et le sang écoulé. » « An moyen de quel expé-

dient a-t-on fait entrer le domestique? — J’ai déjk dit que j’avais compris des paroles de Y*** M*** qu’ils étaient réunis cinq dans la rue , près la porte \ que le domestique vint demander après son maître, et que Y*** M*** répondit: Ton maitre l'ett attardé chez notu; il vaccine un enfant; si tu veux L’attendre, entre, va le trouver. Il entra par ce moyen , et il en est advenu ce que j’ai déclaré. » — « Qu’a-t-on fait du sang , et qui l’a pris? » — - Après quelques tergiversations l’accusé répond ; « La vérité est qu’A^* S^'*’ a versé le sang daiu la bouteille qu’il tenait k la main. On se servit d’un entonnoir neuf en fer-blanc, comme ceux en usage chez les marchands d’huile. Ce fut Y**^ M*’’* F*** qui prit la bassine pour le verser dans la bouteille. Après qu’elle fut remplie, A*** S»*'" la confia k Y*** »

Peut-être serait-il dilficile d’imaginer une abondance et line précision de détails plus remarquables que celles qui s’échappent de la bouche des déposants. En tous cas , nous laisserons aux pièces du procès, que recherchera peut-être le lecteur, le soin de l’édifier sur de nombreuses particularités que nous supprimons , et nous le mettrons en toute simplicité sur la voie des faits propres k lui faire comprendre le motif des protestations formulées contre la condamnation qui frappa les Juifs.

Lorsque Israël se mit k la recherche des moyens de protester contre les accusations qui l’atteignaient , il se trouva que l’un des complices du crime, le Juif P***, était sujet de l’Autriche, chance heureuse qui donna plus tard k M. Merlato, le consul autrichien, l’occasion d’intervenir dans le débat , ce dont il n’avait été nullement question tout d’abord.

‘ îb„ t. Il, p. 148 à 152.

Page 1