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CHAPITRE SEPTIÈME

de ses victimes, puis il faisait subir k cette pellicule «diverses fermentations, et mettait digérer le produit dans l’oeuf philosophique de l'Athanor. » Or, telle est la réputation des (ils de Jacoh, qui sont véritablement nos pères dans la science occulte, affirme le cabaliste Éliphas, qu’on disait « cette recette tirée de ces vieux grimoires hébreux qui eussent suffi , s’ils eussent été connus, pour vouer' les Juifs k l’exécration de toute la terre »

Mais, si ces faits ne sont d’insignes mensonges, et s’ils ont un langage , ce qu'ils nous disent en termes assez clairs, c’est que , sans cesse et toujours , chez le Juif de la pure orthodoxie, chez celui que la civilisation chrétienne n’a point encore entamé, les exigences du dogme talmudique et celles de la superstition ramènent la nécessité de l’assassinat, qui procure ce sang des chrétiens. Les pièces officielles de l’interrogatoire des assassins du Père Thomas révèlent à l’incrédule Européen de nos jours ce mystère de haute iniquité. — Que fait-on du sang? demande M. le consul de France k l’accusé S***. — On s’en sert pour le fathr-h- (la fête des azymes) — Comment savez-vous qu’il doit servir pour les azymes? — J’ai demandé pour quel objet on avait fait couler le sang, et ils me dirent que c’était pour la fête des azymes*.

Ailleurs, le pacha s’adressant au Juif D*** : « Dans quel but avez-vous tué le Père Thomas? » — D**’* : « Pour avoir son sang. Nous l’avons recueilli dans une bouteille blanche, ou klialahiehs, que nous avons mise chez le khakham A***", le sang étant nécessaire k l’accomplissement de nos devoirs religieux. — A quoi sert le sang dans votre religion? — On l’emploie aux pains azymes. — Distribue-t-on ce sang aux croyants? — Ostensiblement, non-, on le donne au principal khakham. — Pourquoi ne l’avez-vous pas gardé chez vous? — L’usage veut que le sang reste chez les kha-

‘ Lire l’anticatholique Eliphas Lévi, üist. de la magie, p. S89 ; 1860. Exécration formulée dans le Coran, v. 1, p. 45i; 2, p. 1S, 1775.{

2 Laurent, l. II, p. 34-5.

kharas (les rabbins). » Nouvelle demande k : « Pourquoi donc avez- vous tué ce Père? — Pour le sang-, parce que nous en avons besoin pour la célébration de notre culte. » Demande au kbakham : « Qui a remis le sang entre vos mains? — Le khakham Y*** s’était mis d’accord avec les A*** et avec les autres , pour avoir une bouteille de sang humain ■ après quoi , ledit khakham m'en avisa. Les A*** lui promirent que, cela leur dût-il coûter cent bourses, ils le lui obtiendraient.. Je fus ensuite informé par eux qu’ils avaient amené une personne « pour l’égorger et recueillir le sang, et ils me dirent : Puisque vous êtes le plus raisonnable, porlez-le chez le khakham Y***.

— Vous êtes- vous informé auprès du khakham Y'*’** s’il en envoie dans d’autres lieux? — « Le kbakham m’a informé qu’il devait en envoyer k Bagdad. — Est-il venu de Bagdad des lettres qui en demandassent? — « Le khakham Y^** me l’a dit. — Est-il vrai que le barbier ait tenu le Père pendant l’assassinat? — Je les ai vus tous ensemble sur lui , ainsi que et le domestique En l’égorgeant, iU étaient

très-contents, attendu qu’il s’agissait <Cun acte religieux! » — Le projet avait-il été de tuer un prêtre, ou quelque autre chrétien? »

... Le khakham Y^^* « nous dit, k tous les sept, qu’on avait besoin de sang humain pour la fête des azymes ; et que , puisque le Père Thomas était toujours dans le quartier, il fallait le faire venir sous quelque prétexte, l’égorger, et en prendre le sang ' . »

« Et pourquoi le sang est-il nécessaire? demande l’autorité judiciaire au rabbin A^**-, le met-on dans le pain azyme, et tout le monde mange- t-il de ce pain? » — Le rabbin : « L'usage est que le sang mis dans le pain azyme n’est pas pour le peuple , mais pour les personnes zélées. Le khakham Y^** reste au four la veille de la fête des azymes. Lk , les per-

* fbid. Interrog., suite, t. II, p. 34 à 49; traduction de M. Beaudin, interprète chancelier du consulat de France à Damas. Laurent, ib., t. II, p. 299-300.

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