‹ Le juifChapitre 135 sur 312 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

éloignée de nous que de quelques années, un obscur avocat osa nous jeter k la face dans un organe de la presse départementale cette vieille calomnie. Nous n’avons donc pas le droit de la croire Anéantie; peut-être n’est-elle qu’endormie, et se réveillera- t-elie un jour? C’est pourquoi il faut la combattre encore »

K Chaque année , k l’approche des fêtes de Pâques juives et grecques, les Israélites étaient en butte aux mauvais traitements de la part de la populace grecque, qui ajoute une foi aveugle k l’emploi du sang chrétien pour la fabrication des pains azymes.

» En 1861 , cependant, lorsque les Israélites de Smyrne eurent plus k souffrir que d’babitude de cette persécution systématique, Mgr Sophronios, qui siégeait alors sur le trône patriarcal, intervint énergiquement, et publia une encyclique k la suite de laquelle les Pâques ne furent plus troublées jusqu’k ce jour.

» Mais, si ce préjugé absurde a été abandonné, il suffit maintenant d’inventer une calomnie quelconque ; et, quelque invraisemblable qu’elle soit, elle fournit k une certaine classe de gens, amis du désordre, l’occasion de fomenter la haine et la discorde entre les chrétiens et les Juifs *. »

Mes paroles furent pour mes coreligionnaires des paroles sacrées, ajoute dans une circonstance solennelle l’avocat juif Crémieux, parce qu’elles étaient celles de l’homme « qui venait d’ohtenir de Méhémet-Ali la mise en liberté de nos frères, si calomnieusement accusés d’avoir pétri leur pain azyme avec le sang du Père Thomas *. » Ah! vraiment, « s’il est un peuple malheureux sur la terre, c’est assurément le peuple juif. Depuis tantôt dix-huit siècles qu’il est éparpillé sur la surface du globe , il n’est pas une persécution, pas une avanie, pas une torture qui ne lui ait été systématiquement infligée.

* Archives israélites, II, p. 78; 1867.

"^Archives israélites, XVI, p. 738; 1867.

* Archives israélites, I, p. 16; 1867. Le lecteur jugera I car il vient de lire les pièces du procès, ies paroles et le firman de Méhémet.

LRS JUIFS.

« Cependant, la révolution de 1789 a frappé dé mort les préjugés barbares*, et, en proclamant l’égalité parmi tous lés borames ' , elle a mis On k la situation misérable de la nation juive. »

« Tous les peuples de l’Europe ont suivi cet exemple; seuls, quelques fanatiques, la honte de notre siècle et de la civilisation, continuent k ... se faire l’instrument des plus odieuses persécutions. » Et, ne craignons point de nous répéter *. « Parmi les fables mises en circulation pour entretenir la haine contre les Juifs, la plus absurde, la plus ridi* cule, si elle n’était pas odieuse, est sans contredit celle qui consiste k leur imputer l’emploi du sang d’un enfant chrétien pour la fabrication des pains azymes * ! »

Telle est l’éternelle dénégation du Juif, et nous lui laissons tout son retentissement contre les plus fortes, contre les plus unanimes autorités de l’histoire, c’est-k-dire contre les arrêts de la magistrature humaine, et contre la certitude phihgophique qu’engendre le témoignage humain. Tout homme qui parle des choses judaïques a menti , nous dit le Juif, si ce n’est le Juif et l’avocat du Juif. Jamais un fait, et mieux encore , jamais « une présomption juridique » ne fut établie contre le Juif k l’endroit du sang chrétien dans le pain des azymes-, et, douter de celte affirmation d’Israël, c’est se déclarer fanatique!

Ce que, pour notre part, nous admettons de grand cœur, c’est que d’odieuses et d’innombrables calomnies se sont attachées k la iMjursuite du Juif, et nous ne saurions nous étonner des injustices qu’il a subies, car son invincible audace , son opiniâtreté caractéristique k nier tous les crimes , en face de toutes les évidences, et le crime d’usure en tête, n’est-ce point Ik surtout ce qui les a misérablement provoqués, ces soupçons injustes et ces calomnies k conséquences

* A-t-elle proclamé Végalité morale? l’égalité du talmudisant el du sectateur de t’Evangilc, ce qui impliquerait l’égalité do l’Evangile et du Talmudl... En tout cas, que nous importe, et qu’im]»orte à la raison ce que la Révolution a pu proclamer?

^L’Univers israélite, I, p. .34-r>, septembre 1867.

Page 1