CHAPITRE HUITIÈME
catégorie diminuent tous Us jours; car ils ne se recrutent guère parmi les jeunes gens , et il y a parmi eux beaucoup (f ignorance et d’hypocrisie ' . »
« Ils se parent fièrement du titre d’orthodoxes, reprennent les Archives israélites , et leur unique mérite consiste k suivre aveuglément, et sans réflexion, quelquefois même sans bonne foi, les pratiques bonnes ou mauvaises que le moyen âge nous a léguées : c’est d’eux que le prophète a dit : Ils ont des yeux et ne voient point’ I »
Les hommes de la bâtarde orthodoxie de l’Occident, née d’hier et décrépite aujourd’hui, sont d’ailleurs les premiers eux-mêmes b s’adresser les uns aux autres de cruelles paroles , et qui les subdivisent en fractions hostiles. Aussi , nous dit l’Univers israélite , « et tout le monde le sait, M. le rabbin Hildesheimer est ortliodoxe. Mais comme cetu expression est très-élastique et qu’on en fait beaucoup ctabus, je crois devoir ajouter : M. Hildesheimer est orthodoxe dans la plus noble acception du mot. C’est un vrai et généreux philanthrope; faire le bien est pour lui un besoin... Par Ib, il se distingue des orthodoxes de L’école de Presbourg, qui ne sont et ne restent orthodoxes qu’autant que leur orthodoxie n’entre pas en conflit avec leur chez moi; qui, craintivement prudents, mettent diplomatiquement chacune de leurs paroles et chacune de leurs actions sur la balance, pour s’assurer qu’il ne peut en résulter pour eux aucun préjudice’. »
Mais eux-mêmes, et dans une multitude de circonstances qu’il serait fastidieux d’énumérer, les orthodoxes selon le Sanhédrin de Napoléon 1*' ne foulent- ils pas aux pieds la
' Question juive, p. 12; 1868.
^ Archives israélites, X, p. 446 ; 1 867. « Bien moins, ajoute cette feuille, nous occuperons-nous encore de ceux qui se croient réformateurs ou modernes, et qui n’observent d'autre religion que celle de leur bon plaisir ou de leurs convenances; qui n’écoutent que la voix de leurs passions, n’acceptent aucun frein tant que la fortune leur sourit, timides et superstitieux jusqu’à la lâcheté quand le malheur les atteint, ou quand l’âge et les maladies ont plié leur vain orgueil. » Ibid.
^ Univers israélite, IV, p. 176; 1866.
franche orthodoxie? Reste-t-il orthodoxe, en effet; cetalmndisant qui non-seulement cesse de voir une simple et méprisable brute dans l’être h visage humain étranger au sang d’Israël, mais qui le nomme son frère, et qui soutient sans frémir, — comment laisser de telles paroles atteindre les oreilles d’un vrai rabbin : — « que les hommes vertueux de toutes les confessions jouiront du salut éternel'! » Restet-il orthodoxe ce talmudisant qui méprise les intérêts de son Dieu, qui renie la tradition pharisaïque, et qui, misérable flatteur de l’incrédulité du siècle, redresse fièrement la tête en se proclamant l’adversaire du prosélytisme*, tandis que le Réformé judaïque, — ■ coupable peut-être de quelque distraction, et s’emparant du rôle que l’orthodoxe abandonne, — s’écrie d’une voix généreuse : « Vos observances turannéeê empêchent le judaïsme de se faire accepter, et nous font ainsi manquer au prosélytisme que nous devons exercer^, n Est-ii enfin le représentant d’une orthodoxie avouable, ce talmudisant vaniteux qui donne au monde chrétien le spectacle de l’avidité caractéristique de sa race pour les titres nobiliaires et les distinctions honorifiques? Ecoulez-le donc emboucher les trompettes de la renommée* pour attirer l’œil du public sur sa poitrine, bizarrement chamarrée des décorations et des croix qui sont le symbole des mystères du christianisme, et qui portent le nom de ses saints! Sauraitil nous dire quels préceptes du Talmud lui permettent de se pavaner sous ces emblèmes de la foi chrétienne?... El cependant nous ne soulevons là que des questions bien minimes à l'adresse du Juif orthodoxe ! Mais ce que nous
* Univers israélitt, II, p. Si; t866; lire aussi Archives israclites, III, p. 102; 1868.
^ Jésus leur dit : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui parcourez la terre et les mers pour faire un seul prosélyte; et, lorsque vou.s l’avez fait, vous le rendez digne de l’enfer deux fois plus que vous. » S. Matthieu, ch. xxiii, v. 14-16. Lire Rohrbacher, Hist. univers, de l'Eglise, t. XIX, p. 245; 1851 : « Ils s’efforcent d’attirer les chrétiens à leur secte..., etc. » Le prosélytisme est de l’essence d’une religion qui se croit vraie.
•• Archives israélites, X, p. 448; 1867.
* Lire les revues judaïques.