‹ Le juifChapitre 146 sur 312 · CHAPITRE HUITIÈME. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME. Î

fendre -, basant scs enseignements sur la raison et pouvant invoquer b l’appui de son caractère , hautement moral , les qualités de la race qui l’a pratiquée , la. croyance Mosaïque doit prendre dans l’activité religieuse de notre époque la place qui lui revient de droit’. »

Elle s’emparera donc de cette place, mais sans offenser les religions rivales, et nous dira le seul moyeu d’amener la réconciliation entre les cultes hostiles -, car on l’ignore , et le voici : c’est « qu’on n’attribue plus k Moïse et k Jésus ce qui appartient aux prédécesseurs, aux successeurs, aux progrès du ou k l’humanité entière. Il est surtout... indispensable de séparer nettement la morale, qui appartient k tous, des dogmes religieux particuliers k chaque croyance’. » Mais quels que soient notre profession de foi, nos paroles et nos actes, « on nous juge toujours au dehors avec les habitudes d’Église établie et oflicielle dont le christianisme nous offre le modèle*. Nous sommes, an contraire, le type le plus absolu de démocratie religieuse, et chacun de nous est le juge suprême de la foi*.

dre, c’est contenir; l’homme, c’est-à-dire le fini, contiendrait l'infini, s’il comprenait Dieu, ce qui équivaut à dire que l'écaille d’hultre pourrait contenir l’Océan, et bien au delà !

' Ce qui est déraison de la façon dont on l’entend, s’il y a mystères; car ces mystères exigent la foi. telle que l’accepte la raison : Aationabile sit obsequium... Or la religion de Moïse est remplie du Dieu mystère, qui lui a imposé une lignée sacerdotale. Ceux qui tiennent le langage que nous exposons ne peuvent donc, sans une indicible infirmité d’esprit, revendiquer «la croyance mosaïque. > Mais ces progressistes, aussi étrangers aux règles de la foi qu’à celles de la raison, osentdire: I Une foi flairée n’est plus la foi ; la foi qui raisonne n’existe plus. » Archives israélites, XI, p. i97 ; 1 867.

^Archives israélites, XXIII, p. 1059; 1867.

* Archives israélites, XI, p. 504; 1867. Comme si la morale, qui est une régie de moeurs, ne descendait pas de la loi religieuse! Comme si l’Evangile et le Talmud, par conséquent, n’engendraient pas chacun leur morale contraire I

* Modèle que vous offrait le judaïsme de Moïse, et que vous vous êtes efforcés de rétablir par le rabbinat, etc., etc. Voir au chapitre ci-dessus.

^ j4rc/iiu«s Israélites, XV, p. 677; 1867. Le dernier des sots ou des ignorants égaie donc chez vous le plus éminent des docteurs, et l’ensemble de tous les docteurs? Monstrueuse absurdité qui constitue et ravage le protestantisme, fléau naguère inconnu de la Synagogue. Harmonie, t. I, p. 62-3.

En un mot, ce qui suffit pour être et pour se dire de religion Israélite, nous espérons le voir adoptera titre de profession de foi par un synode préparatoire composé de rabbins et de laïques dont la mistian humanitaire et le devoir seront « de constituer tout progrès en évitant tout schismel s Et Les points suffisants se réduisent à trois dogmes : « l’unité de Dieu, l’immortalité de Dieu et l’immortalité de l’âme. Nous déclarerons, en nous appuyant sur l’esprit de la Bible et sur le texte du Talmud (Horaioth, fol. 8), que quiconque les admet est de fait Israélite. » Après quoi nous proclamerons « trois principes essentiels issus des lois naturelles : le libre arbitre, la fraternité, et la liberté d’interprétation. »

n Au moyen de ce principe, qui est supérieur a la tolérance puisqu’il consacre la diversité d’interprétation dans le même culte ' -, au moyen de cette liberté, chacun, suivant sa conscience, comervem les pratiques du culte rendu au Dieu unique et immatériel, ou les réformera d’après les principes d’un israélitisme libéral et Immanîtaire. » Grâce è l’ampleur de cette « liberté pratique,... le progrès jaillira, et la religion universelle ressortira sans qu’aucune conscience ait été réellement troublée * ! »

Tl n’est en vérité que trop facile de s’imaginer à quel degré doit s’étendre la tolérance d’une religion ' qui , loin de lier k Dieu et de réunir les uns aux autres ses croyants, les affranchit de tout lien , de toute obligation , si ce n’est celle de se gouverner chacun k son sens, tandis que ce sens de chacun continue de s’appeler la foi commune , en attendant qu’il s’empare du nom plus noble de foi catholique ou universelle!

Mais peut-être cette manière commode et libérale d’eu-

‘ Les Juifs, tombés au fond des abiines de la confusion, ne peuvent se comprendre eux-mêmes; sinon ils verraient qu’ils établissent autant de cultes, dans une même religion, qu’il y a d’individus. On croit rêver on jetant les yeux sur cos élucubrations I

‘‘Archives israélUes, lit, p. H8-9; t868.

® Religio vient de religare, lier.

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