‹ Le juifChapitre 156 sur 312 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

primitive des hérésies, âme éternelle des révoltes contre les principes de la société chrétienne, do se soulever contre la tiare, si le judaïsme est ingrat... Ahl oui, périsse entin, périsse Rome â jamais! Ce cri forcené se répète de houche en houche comme le cri de mort du (lalvaire; mais il fallait â Israël un motif, et n’importe lequel, â ce nouvel éclat.

Le motif, ce fut un acte qu’Israël, gonflé de ses vieilles et implacables colères, dénonça tout â coup aux quatre vents du ciel, sous le litre d’attentat à la liherlé des consciences. Ainsi le criaient ses publicistes qui, forts des erreurs et des préjugés répandus et nourris au sein même des États chrétiens par les Juifs et les alliés de la nation juive, ne laissèrent plus s’écouler un jour sans fatiguer de cette écœurante répétition les échos du monde entier'. Il s’agit donc pour nous de savoir ce qui ne fût guère dit que par des bouches hostiles, et nous le redirons d’un mot rapide.

Une chrétienne était servante dans une maison juive; et, dans sa sagesse, la loi romaine défend en termes formels an Juif, qui ne peut la violer qu’à ses risques et périls, d’avoir pour serviteur un chrétien*. La servante crut, à tort ou à raison , devoir baptiser ’a l’article de la mort l’enfant de ce Juif, dont le nom est Mortara. Or, nul n ignore à Rome que tout enfant baptisé tombe , pour le maintien des vœux du baptême, sous la tutelle des lois romaines. Voilà le fait; et la pure courtoisie nous engage ’a laisser au judaïsme liberté plénière de lui donner les plus fantasques accompagnements. Placés que nous sommes au point de vue exclusivement profane de la légalité, nous nous bornerons ’a dire au Juif ; La loi, cette loi que vous aviez acceptée en votre qualité d’habitant de Rome, dure ou non (dura 1er, sed lex), n’était point perfide. Elle vous avertissait; et, cependant, il vous plut de la braver; la conséquence du délit est donc votre

‘ Lire les Revues judaïques, et voir la note à la fîn de celte première division de cbapilre.

2 f.ctte interdiction était jadis universelle dans la catholicité. Voir le grand Traité de la Police, 1. 1", p. S79, etc.; Paris, 1705.

ls.

œuvre. A vous, étranger d'origine, et que Rome sait être l'implacable ennemi de son culte, Rome voulut bien ouvrir son sein chaque fois qu’ailleurs on vous repoussa; mais ce ne fut point sans poser à cet accueil ses conditions précises. De quel droit exhaler contre elle vos lugubres doléances parce qu’il vous a plu de les accepter et de les enfreindre? Et quel État au monde permettrait à l’étranger la violation du pacte en vertu duquel il le tolère, l’adopte et le protège?

De temps en temps il échappe au Juif de nous apprendre que des milliers de faits, non pas semblables, mais bien autrement cruels, s’accomplissent au préjudice de sa foi soit dans l’immense et silencieux empire des Russies ', soit dans les Étals hérétiques. Ses propres feuilles ne peuvent s’ouvrir sans multiplier les preuves que, jusque dans ces derniers tempç, les chrétiens et les convertis de sa nation lui reprochent des actes de prosélytisme et d’intolérance plus nombreux et plus graves que ceux qu’il ose reprocher b Rome -, et riiisloire des persécutions vraiment incroyablet de l'Église dans les États protestants ’ témoigne quel est , au

‘ Archives Israélites, XXIV, p. <<21 ; <5 décembre <867.

2 Suède, Allemagne, Grande-Bretagne, etc... Lire, à titre de prodigieux échantillon, l'Irlande politique, sociale et religieuse, de M. Gustave de Beaumont, ancien député^, collaborateur de M. de Tocqueville, petit-fils du général Lafayette.

Les clameurs des libéraux de Vienne, au sujet de quelques Juives réfugiées dans des couvents, donnent lieu à la Gazeta Narodowa de Lemberg de publier les renseignements suivants (octobre < 867) :

« Dans tous leurs discours, les libéraux allemands insistent spécialement sur la liberté de conscience, et dans toute loi ils introduisent le paragraphe que tout le monde est libre de changer de religion. Mais si une Juive veut faire usage de ce droit, ils qualifient cela d’acte de violence, parce que, comme dans les cas présentés au Reichstag, les personnes en question avaient préféré le baptême catholique au baptême protestant et s’étaient réfugiées dans des couvents catholiques. Les libéraux allemands ne paraissent pas savoir pourquoi les Juives veulent se faire baptiser et se réfugier dans les couvents. Nous voulons bien le leur dire.

» Tl est arrivé très-souvent chez nous que des Juives âgées, qui voulaient changer de religion et croyaient se cacher dans quelque établissement bien fermé, ont été prises de force par des Juifs fanatisés et ont à jamais disparu. Il y a deux ans qu’au retour d’un pèlerinage, une Juive du cercle de Czartkow, qui voulait se convertir, fut attaquée et enlevée par les Juifs; on la transporta dans une auberge juive au voi-

Page 1