CHAPITRE NEUVIÈME
point de vue même que choisit Israël, la bénignité relative de Rome à l'égard des Juifs. Mais admettons, s’il le faut pour plaire au Juif, une certaine intolérance de la part de la papauté ; accordons-lui que le fait Morlara, tel que le peignent ses infidèles pinceaux , est un fruit que produisent toutes les religions et toutes les latitudes. Eh bien , les statistiques ne nous disent-elles point eii ce cas que Rome, si nous la supposons coupable , l’est mille fois moins que les régions où dominent IcTalmud, l’hérésie ou le schisme' ? Pourquoi, cependant, la coupe des fureiirsdu Juif s’épanche-t-elle presque sans partage sur le seul État pour lequel , ii certaines heures si facilement effacées de ses souvenirs, il a cru devoir professer une gratitude si vive? — Ah! Rome ‘est le siège du catholicisme , dont l’existence exaspère Juda-, plus que jamais Rome est faible-, plus que jamais elle est entourée de conjurés implacables qui n’attendent que le dernier moment de son agonie. L’énigme dont nous cherchons le mot ouvre donc ses profondeurs k la lumière, et la cité des vicaires du Christ n’est accusée par les Juifs que parce qu’ils veulent se donner le droit d’encourager et d’exciter de leurs cris ceux qui demandent sa mort.
Plus vivement que d’autres, peut-être, les Juifs sentent-ils aujourd’hui même la nécessité de faire sortir des vices de l’ignorance religieuse les enfants que leurs parents veulent y laisser croupir. Leur zèle est souvent, k cet égard, celui qu’ils reprochent aux chrétiens les plus zélés , et l'esprit de prosélytisme qui caractérisait les Pharisiens leurs pères * perce k chaque page le couvert des mots dans le texte de
sinage, où elle fut étranglée avant qu’on eût pu faire sauter la porte de la pièce où les meurtriers s’étalent enfermés avec elle. Pourquoi le docteur Mühlfeld n’a^t-il pas interpellé alors le ministre sur l’enquête ouverte à ce sujet et sur la punition des coupables? ■
« Chez nous, en Galicie, il n’e.st pas nécessaire d’engager les Juives à se faire baptiser. La position de la femme dans la société juive, surtout chez les Juifs orthodoxes de la Galicie, suflit pour les décider à adopter le christianisme... »
‘ Voir la note A, à la 6n de cette division.
^ S. Matth., Evang., cap. xxiii, 15.
leurs Revues; il est dillicile, en tout cas, d’y étaler et d’y proclamer les droits du Juif sUr les hommes de son sang avec une hardiesse de zèle plus vaillante. Nous citerons k ce propos une ville où, d’après leur langage j « il faut voir de vrais miracles » opérés de leurs mains, et cette ville c’est Venise. Presque tous les Juifs y appartiennent aux dernières classes sociales; or ceux-ci se font remarquer par une invincible oisiv^eté, et par une dégoûtante ignorance unie k là plus inqualiûable effronterie. Ici donc, nous dit Israël , « il ne s’agissait pas seulement de secourit',... il fallait instruire les enfants et les voler pour ainsi dire û leurs parents, Blin de les acheminer vers d’autres voies...*. Que de luttes k soutenir pour celai! que d’obstacles k vaincre! Et néanmoins on a su tout surmonter! »
Ces mots disent quelque chose, k coup sûr, mais surtout dans la bouche du Juif. El si le Juif, dont il nous importe d’apprécier a la pierre de touche la véracité; si le Juif, qui déchire sa gorge a faire retentir le monde de ses récits MoCtara, donne l’exemple de sévir jusqu’au crime contre ceux qui partagent sa foi , lorsque le cri de la conscience leur signifie d’en changer; si le Juif se fait un devoir d’enlever, « de voler pour ainsi dire aux pères leurs enfants, » afin de les sortir de leur ignorance , et surtout de leur ignorance religieuse, de quel front ce même Juif* ose-l-il, défigurant toute vérité, insultant k toute évidence, lancer le reproche de ravir les orphelins de l’Algérie, toute couverte encore des cadavres de leurs mères, k la face de cet archevêque qui ne les vole point, lui, qui ne les violente point, lui, qui n’use d’aucun art pour les attirer dans ses bras, lui, mais qui se borne k les arracher k la prostitution et k la mort? Eh quoi! ces enfants sauvés, ce sont des victimes! vous les appelez des Mortara! Votre compassion les noie de ses larmes! Mais quelle est donc la cause de vos doléances? Quelle est la raison de vos désespoirs? Serait-ce parce qu’au
' Univers israélite, XI, p. 530; 4 867.
Ce même Juif est l’écrivain des mêmes revues.