CHAPITRE NEUVIÈME. Î
milieu dn peuple franceis, dont la civilisation chrétienne protège le Juif, ces orphelins courent le risque de ne point grossir le nombi‘e des musulmans qui , pourtant^ hier encore, traitaient le Juif, jusque dans notre Algérie, comme on y traite les animaux les plus vils' ? Serait-ce parce que ces enfants, dont nul ne s’avisera de faire des Juifs, risquent de grossir le nombre des chrétiens? Cependant, arrière tout semblant de déclamation, et prêtons l’oreille au langage sorti de la bouche du Juif, car il constate, outre son amour pour la vérité, son respect et sa reconnaissance pour ceS chrétiens auxquels il doit et ce qu'il est et ce qu’il a; c’est là ce que notre dix- neuvième siècle ignore d’une ignorance que l’on pourrait appeler merveilleuse! Le Juif parle, silence :
Ainsi , monseigneur l’archevêque , « parce que vous avez donné aux orphelins un morceau de pain , leurs àmes vous appartiennent comme s’ils les avaient vendues au prince des ténèbres, à l’heure de minuit, pour une pièce d’or!... » Oui, l’archevêque d’Alger, Mgr de Lavigerie, a écrit au maréchal gouverneur de l’Algérie, et, « ne mettant plus aucun frein à son intolérance déchaînée, il reproche au gouvernement d’aider h élever des mosquées, d’accorder des subventions h des écoles arabes, de tolérer des réunions religieuses, de faciliter les pèlerinages de la Mecque, de donner, chose vraiment incroyable, au nom de la France, l* enseignement du Cotan h la jeunesse algérienne, etc Mais ces déplorables
déclamations, qui révèlent la haine religieuse la plus ardente, le fougueux apôtre, s’il ne les a pas encore sur les lèvres et sous la plume, les a sans doute aussi dans son coeur contre les Juifs et les protestants, coupables des mêmes crimes, lui , le fonctionnaire public , qui prête serment de soumission et de fidélité k la loi de l’État proclamant la liberté religieuse et l’égalité des cultes. — Ah! que le ciel et la bonne
* Nos colons et nos soldats se rappellent le temps où le musulman frappait du pied le Juif, ou crachait sur sa personne, à sa fantaisie, lorsqu’il le rencontrait sur son chemin.
étoile de la France nous préservent à tout jamais de la domination de ces gens-là ' ! »
Ainsi parle au milieu de nous le judaïsme, et tel est son style! Plaçons, pour toute réponse, à côté de son texte le texte de l'évêque, et que l’œil de chacun voie si la véracité judaïque en respecte ou en outrage l’esprit et la lettre*.
Et d’abord, qu’en présence de ce rapide épisode, aucun de nos lecteurs se garde bien de s’écrier : O mon Dieu! que saurait donc avoir de commun avec l’étude du Juif ce lambeau de la question religieuse algérienne! Car nul incident peut-être ne donne une notion plus vive de l’esprit qui, de nos jours encore, et sur le sol même que nous lui offrons a fouler , anime le Juif contre les principes de la civilisation chrétienne. Hâtons-nous donc de rentrer dans cette terre d’Afrique , sur le terrain où , dans leur pêlemêle de croyants et d’incrédules, les hommes de Juda se font les auxiliaires avoués du Coran contre le Christ.
Monseigneur l’archevêque d’Alger s’adresse à M. le maréchal gouverneur de l’Algérie ; <i Alger, 23 avril 1868. — Monsieur le Maréchal, les actes, ici, donnent à mes paroles un commentaire autrement éloquent que tous les discours. Ditesinoi, monsieur le Maréchal , en ce moment, qui attire les Arabes près de lui, malgré les dangers de leur voisinage? Qui les accueille dans ses séminaires , dans ses asiles , dans sa propre maison? Qui les soigne? Qui donne un refuge à leurs veuves, à leurs enfants? Qui sacrifie pour eux la vie de ses prêtres, de ses religieuses’? Et, au contraire, qui les re-
• Univers israélite, p. 436-7; <868. — Le rabbin juif, salarié par l'Etat, peut se dire fonctionnaire public; mais le clergé chrétien n’a point ce privilège du salaire; il ne reçoit de l’Etat que ce qu’en reçoit un rentier, l’intérêt d’un capital ; c’est-à-dire, en vertu du Concordat, une minime indemnité de ses biens, dont il plut à l’Etat de s'emparer.
Un député de la gauche, M. Ollivier, eut la droiture de faire valoir cotte observation vers la fin de la session du Corps législatif, séance du <0 juillet 1868.
* Cette lettre, digne des Pères de l’Eglise, est trop longue pour que nous ne nous bornions pas à des extraits. Le Mande l’a reproduite le 15 mai 1868.
•* Bonus pastor vitam dat pro ovibus suis.