CHAPITRE NEUVIÈME
frais, en Kabylie, même dé timplei tnauom de Sœur», pour distribuer SUi indigènes, qui le demandaient, des inédicaments el dos aumônes * !
» Lorsque l’épouvantable famine qui vient découvrir l'Algérie de cadavres* étendit ses ravages, je voulus user démoli droit et accomplir mon devoir d’évêque en recueillant les orphelins indigènes. Je l’ai fait, mais bientôt j’ai entendu autour de moi des paroles inquiétantes pour l’avenir de mon œuvre. Le silence gardé par vous au Sénat sur mon œuvre, qui asturait k la seule province d‘.\lgcr , pour les veuves et les orphelins arabes, un secours quatre ou cinq fois plus considérable que celui de l’État, a bientôt conbroié mes inquiétudes. Mais tout doute a cessé pouf moi lorsque j’ai su que vous aviez dit , k l’époque de l’installation des Frères k Beii- Aknouit, que leur œuvre ne serait que transitoire, que les orphelins seraient réclamés après la moisson par leurs tribus respectives, et qu’on ne pourrait les leur refuser; ajoutant que, dans quelques mois, l’orphelinat serait ainsi fermé. »
« C’est-k-dire, monsieur le maréchal, que ces enfants sans père, sans mère, abandonnés tous, et livrés à la mort, mais recueillis par moi grâce k la charité des évêiiiîcs , des prêtres, des chrétiens de France, veillés, soignés aux périls de leurs jours par nos Religieuses, dont plus de vingt ont pris le typhus auprès d’eux , dont plusieurs ont déjk succombé victimes de leur charité, nous ne les aurions sauvés, et sauvés k ce prix , que pour les livrer après quelques mois , sans protection, sans défense, sans parents, garçons et filles, aux passions bestiales de leurs coreligionnaires*! Mieux aurait vain mille fois les laisser périr!...
1» A leurs pères, k leurs mères, je les eusse rendus sans
< TcAérance! liberté des cultes! liberté religieuse!
2 Cette famine tua deux cent dix-sept mille Arabes, et fit périr quatre millions et demi de tôles de bétail. Discours de M. Le Hon, après la grande enquête en Algérie, séance du 13 avril <869, au Corps législatif.
* Passions trép cbhnueé de qui CDUnatt le müsülmali , le sMllsé du Coran I ce livre que nous avons pris la peine de lire.
difficulté ; mais je suis le père et le protecteur de tous ceux de ces enfants dont les pères, dont les mères n’existent plus. Us m’appartiennent, parce que la vie qui les anime encore c’est moi qui la leur ai conservée. C’est la force seule qui les arrachera de leur asile-, et, si elle les en arrache, je trouverai dans mon cœur d’évêque de tels accents, qu’ils soulèveront contre les auteurs de pareils attentats tous ceux qui méritent encore sur la terre le nom d'hommes et celui de chrétiens. »
Voilà donc, si nous répétons les paroles textuelles ie l’Univers israélite h Mgr d’Alger, — paroles qui semblent jetées à l’adresse d’un prince du sabbat des sorcier es, — voilà « le morceau de pain » au prix duquel les « âmes des orphelins appartiennent (à l’évêque) comme s’ils les avaient vendues au prince des ténèbres, à l’heure de minuit, pour une pièce d’or ! » Ce père des orphelins arrachés par lui à la mort , et qui , s’il leur plaît de rester disciples du Coran entre ses mains, « ne leur en continuera pas moins son dévouement et ses soins paternels, » quel est-il, d’après le texte judaïque? Il est (( le fougueux apôtre qui ne met plus aucun frein à son intolérance déchaînée-, » et les paroles dictées par l’esprit de conseil, de sagesse et de force, les paroles de cet évêque autour duquel, d’après la parole de M. le maréchal , se presse la colonie tout entière , voilà « les déclamations qui révèlent la haine religieuse la plus ardente! » Mais ce fougueux apôtre, ce monstre chrétien, ne serait-ce pas le Christ agissant sous les traits d’un évêque?.... Oui, sans doute, et le judaïsme l’a reconnu, c’est le Christ, c’est luimême-, car cet infatigable cri du Juif retentit à sa vue : Que cet bomme ne règne point sur nous! Ab! « que le ciel et la bonne étoile de la France nous préservent à jamais de la domination de ces gens-là '! » Enfin les enleveurs d» petits .Mortara, selon l’expression judaïque, seraient-ils ici l’évêque que maudit la voix de nos Juifs, le pasteur qui donne
‘ Nolumus hune regnare super nos. — Univers israélite, p. 436-7,
juin 4868.