chapitre neuvième. iÔS
qu’à observer les règles générales de la police religieuse de la cité, dont il e»l affranchi tan! qu'il reite dans le fiuboUt^ qui fotrne son domine. C’est utl des iiombreui bienfaits dé Pie IX que rubolition de plusieurs entraves, miiti loütdei cependant que celles qui pesaient encore sur les Juifs ail commencettient de ce siècle, au centre des civilistuions protestantes. S’il a pu rester au fond de certaines lois quelques vestiges d’ancienne sévérité; qui survivent toujours un certain temps aux textes mêmes qu’on a détruits, on peut compter sur la bienveillante sagesse qui a fait l'œüvre pour la compléter généreusement. Rien ne sera refusé de ce qui conciliera les droits de la liberté Civile avec le respect indéfectible et vital de la foi catholique '. »
Que dire, entre ces hurlements lugubres du Juif Contre l'épouvantable tyrannie que Rome exCrce SUr ses frères , les martyrs du Ghetto, livrés à d’indicibles souffrances, et CBS afiirmations calmes, sérieuses, plus explicites encore que celles de Mi Thiers, et que ne craint point de développer h la face du monde l’un des hommes les plus indépendants de la France, l’un des hommes les plus Considérés de l’Europe au double point de vue du mérite intellectuel et moral! Que dire? Nous taire, nous qui connaissons aussi cette ville de Rome que tout le monde aujourd’hui connaît, et laisser parler, après M. Thiers et M. Sauzet, l’un des plus vaillants auxiliaires du Juif, l’un de ces écrivains dont le Juif s'est déclaré l’admirateur, par la raison bien naturelle que sa plume déicide s'attaque à la divinité même du Christ :
« Étranger partovu, dit avec raison M. Renan, sans patrie, sans autre intérêt que ceux de sa secte, le Juif talmudiste (c’està-dire orthodoxe) a souvent été un fléau pour les pays où le sort l’a porté. » Et si l’on veut le connaître , « qu’on songe au Juif d’Orient, etc., méchant quand il est persécuté, arrogant et insolent dès qu’il se sent protégé!... Sans doute la
' « Les protestants peuvent aussi se louer de la politique éclairdt'
de la cour romaine. » Rome devant l'Europe, par M. Paul Sauzet,
ancien président de la Chambre des députés, p. 304 à J06, 3* édit. in-12, J. Lecoffre; Paris, 1866.
détestable organisation sociale de l’Orient, depuis la seconde moitié du moyen âge, est la première cause de ce mal -, mais l'esprit, que j’appellerais volontiers talmudique, y est aussi pour beaucoup. Le régime du Ghetto est toujours funeste. Or, les pratiques du pliarisaîsme et du talmudisme faisaient de ce régime de réclusion une nécessité pour le peuple juif' \ »
Un des avocats de la cause judaïque, M. Bail, dont l’école est si différente de la nôtre, eût donc, il n’y a que peu d’années encore, manqué de sincérité, si, dans son livre écrit en faveur des Juifs , il n’eût tenu ce langage : « Rome moderne offre un spectacle remarquable... Elle donne l’e.vemple de la douceur et de l'équité , et les Juifs d’Italie réclament eux-mêmes sa médiation avec la plus grande confiance. Dans tous les temps les États romains furent leur asile, et les Pontifes ont les premiers enseigné la tolérance dont ils sont les apôtres*. »
Déjà peut-être abusons-nous cruellement de l’évidence.? Un mot cependant nous reste à dire-, car, lorsqu’il s’agit de la reconnaissance que les Juifs doivent au Pontife romain, qu’ils accablent de leurs plus sanglantes et grossières calomnies depuis que le malheur accable Rome, nulle parole ne saurait équivaloir à celle que la plus grande assetnblée judaïque des temps modernes adressait en termes officiels non-seulement à la papauté, mais au sacerdoce chrétien. Ce que les Juifs eu.x-mêmes vont nous affirmer, ils ne le nieront point sans doute! Et cependant, qui sait.?... Mais, ils ouvrent la bouche, ’a nous de nous taire et de recueillir la parole des représentants du judaïsme :
« Les députés de l’empire de France et du royaume d'Italie au synode hébraïque décrété le 30 mai 1806, pénétrés de gratitude pour les bienfaits successifs du clergé chrétien, dans les siècles passés, en faveur des Israélites des
' Archives israéliies, XII, p. 534, 15 juin 1868. Les jire/u'm citent ce passage tout en le combattant, bien entendu!
'•* Des Juifs au dix-neuvième siècle, p. 125, ou Considérations sur leur état civil, 2" édit.; Paris, 1816. Voir la note A, à la fln du chap.
CHAPITRK NliUVIÈiME.
divers États de l'Europe; pleins de reconnaissance pour l’accueil que divers Pontifes (Papes) et plusieurs autres ecclésiastiques ont fait dans différents temps aux Israélites de divers pays, alors que la barbarie, les préjugés et l’ignorance réunis persécutaient et expulsaient les Juifs du sein des sociétés; arrêtent que l’expression de ces sentiments sera consignée dans le procès-verbal de ce jour, pour qu'il demeure à jamais comme un témoignage authentique de la grati tilde des Israélites de cette assemblée pour les bienfaits que les générations qui les ont précédés ont reçus des ecclésiastiques de divers pays de l’Europe. Arrêtent, en outre, que copie de ces sentiments sera envoyée k Son Excellence le ministre des cultes'. »
Cet arrêt fut adopté k la suite d’un discours fort remar- (juabic de M. Avigdor (Isaac Samuel), député a l’assemblée Israélite par les Alpes-Maritimes. Nous en extrayons le passage suivant : « Les plus célèbres moralistes chrétiens ont défendu les persécutions , professé la tolérance , et [irêché la charité fraternelle. Saint Athanase, livre 1", dit : « C'est une exécrable hérésie de vouloir tirer k soi par la force, par les coups, par les emprisonnements, ceux qu’on n’a pu convaincre par la raison. » — « Rien n’esl plus contraire k la religion, dit saint Justin martyr, que la contrainte. » (Livre V.) Etc., etc., etc
» C’est par suite de ces principes sacrés de morale que, dans diflérents temps, les pontifes romains ont protégé
ET ACCUEILLI DANS LEURS ÉTATS tes Juifs persécutés et expulsés de diverses parties de C Europe, et que les ecclésiastiques de tous les pays les ont souvent défendus dans plusieurs États de cette partie du monde. Vers le milieu du septième siècle, saint Grégoire défendit les Juifs, et les protégea dans tout le monde chrétien. Au dixième siècle, les évêques d’Espagne
' Extrait du procès-verbal do la séance du 5 février 1807. — Voyez le procès-verbal des séances de l’as-semblée des députés français professant la religion juive, p. 169 et suiv. Chez Desenne, 1 vol. in-8°. Paris, <806.
opposèrent la plus grande énergie au peuple qui voulait les massacrer. Le pontife Alexandre II écrivit à ses évêques une lettre pleine de félicitations pour la conduite sage qu’ils avaient tenue à ce sujet; et, dans le onzième siècle, les Juifs, en très-grand nombre dans les diocèses d’Uzès et de Clermont, furent puissamment protégés par les évêques. Saint Bernard les défendit, dans le douzième siècle, de la fureur des croisés Innocent U et Alexandre III les protégèrent également. Dans le treizième siècle, Grégoire IX les préserva, tant en Angleterre qu’en France et en Espagne, des grands malheurs dont on les menaçait : il défendit, sous peine d’excommunication , de contraindre leur conscience et de troublerleurs fêtes. Clément V fit plus que les protéger, il leur facilita encore les moyens d instruciion, et Clément Vil leur accorda un a$ile à Avignon, alors qu’on les persécutait dans tout le reste de l'Europe'.
« Mais le peuple d’Israël, toujours malheureux et presque toujours opprimé, n'a jamais eu le moyen ni l’occasion de manifester sa reconnaissance pourtant de bienfaits; reconnaissance d'autant plus douce à témoigner, qu’il la doit a des hommes désintéressés, et doublement respectables. Depuis dix-huit siècles, la circonstance où nous nous trouvons est la seule qui se soit présentée pour faire connaître les senliments dont nos cœurs sônt pénétrés, Cette grande et heureuse circonstance, que nous devons a notre auguste et immortel Empereur, est aussi la plus convenable, la plus belle, comme la plus glorieuse, pour exprimer aux philanthropes de tous les pays, et notamment aux ecclésiastiques, notre entière gratitude envers eux et envers leurs prédécesseurs. Empressons-nous donc. Messieurs, de profiter de cette époque mémorable; et payons-leur ce juste tribut de reconnaissance que nous leur devons ; faisons retentir dans cette enceinte l’expression de notre gratitude, et témoignons-leur AVEC SOLENNITÉ nos sincères remcrciments pour les bienfaits
I Les Juifs insuUèreat-ils les Papes, leurs bienfaiteurs, à cause de cet asile que leur offrait le Ghetto? etc., etc
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succtstifs dont ils ont comblé les généradons qifi nous ont précédés. »
Ainsi parle le très-honorable orateur, et le procèsverbal se termine par ces paroles : a L’assemblée a applaudi an discours de M. Avigdur : elle en a délibéré l’insertion en entier dans le procès-verbal, ainsi que l’inipression , et a adopté l’arrêté qui le suit ; « Telle est l’expression de l’assemblée , organe officiel de lu nation juive, n 3éance du 5 février 1807.
Voici donc un langage aussi noble et clair qu’authentique. Honneur aux hummes loyaux et nombreux, sans doute, qui le tinrent, honneur a ceux qui le maintiennent! Or, ce que ces Israélites d’hier nous affirment d’une voix si généreuse, les principaux organes de noire judaïsme oseront-ils le nier aujourd’hui? Pourquoi pas? et qui sait? disions-nous il n’y a qu’un instant. Si cependant quelqu’un s’imagine que nous sommes excessif, laissons a l’Israélite Bédarride le soin d’éclaircir le point nuageux.
K Lorsque l’Europe entière était intolérante , Rome
prêchait la charité et donnait des exemples de douceur envers ceux qui se trouvaient hors du giron de l’Église. Ce n'est pas que le Saint-Siège ait jamais proclamé la liberté des cultes. Les Papes accueillaient les Juifs dans leurs États, mais c’était toujours avec l’arrière- pensée de les convertir au christianisme. A cet égard, Rome est aujourd’hui ce qu’elle était dans le moyen âge-, elle tolère les Juifs dans sou sein , mais ce n’est que pour qu'ils puissent servir de preuve vivante de la vérité du christianisme ' \ ce qui amenait à dire que, si les Papes veulent convertir les Juifs, ils eut intérêt à en laisser subsister quelques-uns*, u
* Là serait donc une preuve de cette vérité, aux yeux mêmes des Jui&il
2 Les Juifs en France, en Italie, etc., p. 423, 2' édit. ; Paris, 486t. J. Bédarride, ancien bâtonnier des avocats, cour impériale do Montpellier, chevalier de la Légion d’honneur, maire d’Aix, etc. Voir son éloge par M. Boréiy, ancien procureur général à la cour d’Aix, son compatriote, Israélite; et l'éloge de M. G. Bédarride, avocat général en cour de cassation, Israélite. Arch. israélites, p. 24 ; janv. 4S69, etc
3üi LES JUIFS.
Laisser subsister quelques /«?/«, et se conserver un érhantillon de la nation juive, tel fut, d’après le langage d’Israël, le but de la bienfaisance apparente de l’Église; et les bienfaits de ces Papes , que tout h l’heure la solennelle assemblée du sanhédrin remerciait en termes si vifs, ne s’étendaient point au delà des limites de cet égoïsme religieux! Nous voyons avec quelle facilité se dédit la reconnaissance chez le Juif même qui s’est dégagé des liens de l’orthodoxie talmudique ; nous voyons avec quelle aisance il renie sa propre parole : la parole officielle de ceux dont il affirme au besoin que la bouche exprime sa pensée, le vœu de son cœur! Voilà de quelle sorte, en un mot, l’un des hommes éminents du judaïsme mesure sur son propre cœur le cœur et la charité des Papes.
Mais ne nous imaginons point en être quittes, avec de tels appréciateurs, pour des paroles d’une si cruelle sécheresse; ne nous figurons point que ce langage soit le seul qui fasse retentir contre l’Église les calculs de l’ingratitude r non, et de toutes parts éclatent en Israël ces sentiments haineux contre les représentants du Sauveur des hommes, contre ces chefs du sacerdoce chrétien qui furent dans le cours des âges les protecteurs et les sauveurs de la nation juive. L’un des organes français de cette nation revient à la charge sur le même point, et nous le suivrons d’une attention soutenue, car chacun de ces traits est un trait du caractère judaïque.
On dit « qu’lsraël doit de la reconnaissance à la Papauté pour l’avoir accueilli lorsque tant dépeuplés l’avaient banni. Nousîiions cette reconnaissance. Les Papes toléraient, désiraient les Juifs à Rome, pour avoir en eux des trophées vivants et éternels, pour montrer, dans leur abjection et leurs malheurs, une preuve éclatante du christianisme triomphant; pour enseigner aussi aux princes et aux peuples qu'on n’a pas besoin de traiter les Juifs comme les autres hommes, et que la divine loi ; Aime ton prochain comme toi-même, ne leur est pas applicable. Car si les Papes avaient agi par humanité.