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CHAPITRE NEDVIÈME

Ceux qui contreviendraient ii ces défenses seront excommuniés ' 1 »

Plus d’un siècle et demi s’écoule, et le plus alTreux des fléaux, la peste et son désolant cortège de maux, s’est abattu sur le monde. La peste est l'effet du poison; l’air est empoisonné, les eaux sont empoisonnées, et les empoisonneurs ce sont les Juifs! ce sont ces implacables ennemis des clirétiens : voilà le cri de la fureur aveugle, le cri du désespoir homicide; et les Juifs sont immolés par milliers. Mais au-dessus des têtes sacrées qui gourmandenl vainement cette odieuse tempête, il en est une qui la domine-, et cette tête, cette voix puissante qui l’apaise, c’est la tête, c’est la voix du Souverain Pontife : « Défense, s’écrie Clément VI, défense à tout chrétien d’imputer aux Juifs des crimes dont ils ne sont pas coupables; défense d’attenter à leur vie; défense d’attenter à leurs biens; défense d’exercer contre eux aucune violence xans l'ordre ex la sentence des juges légitimes, défense de les forcer à recevoir le baptême. »

La fureur de la populace, un instant calmée, se rallume avec le fléau; mais Clément, une seconde fois, se lève* ; Non ! les coupables ce ne sont point les Juifs ; rien ne prouve leur crime, mais vos meurtres sont détestables. Si vous les surprenez en faute, que vos tribunaux rendent justice; sinon, que tout évêque se dresse, et, qu’au nom du Saint- Siège il tance les foudres de l'excommunication contre quiconque ose inquiéter un Juif.

.\insi parla l’Église ; mais telles étaient les exaspérations du mal , et telles avaient été les mœurs sauvages d’Israël, que, hors des États où le pouvoir temporel permettait au Pape de parler en souverain , c’est-à-dire hors d’Avignon et

expresses aux ferr.mes chrétiennes de servir les Juifs, soit comme nourrices de leurs enfants, ou autrement, à peine d’excommunication. »

Extrait de « letle excellente leitre de <219, qui a mérité d’ôtre mise au nombre des lois que nous lisons dans le Droit canon. » Grand Traité de la police, t. !"■, p. 279-280 ; Paris, 1705.

‘ Innocent, I. H, epist. 302, Rohrbacher, Histoire universelle de l’Eglise, t. XVll, p. 157 ; Pari.s, 1851.

^Bulles, 1r«, 4 juillet; 2“, 26 septembre 1348.

(lu comtat Venaissin, les fureurs homicides et vengeresses des peuples ne suivirent (jue trop longtemps leur cours'.

Bravant le flot de toutes les menaces, les Papes, on le voit par leurs paroles et par leurs actes, ne se bornent pas h vouloir conserver sain et sauf un échantillon du judaïsme. Il ne leur suffît même point de rencontrer dans la nation juive tout entière un témoin vivant de la vérité des Écritures catholiques, dont Israël s’épouvante en se considérant lui-même! Non, ce qu’ils veulent, ainsi que le voulut et le voudra toujours l’Église, c’est que, tout en respectant les lois de c/M(jue État chrétien qui les accueille, les Juifs, affranchis de toute inquiétude, jouissent en paix de la protection la plus ample, et de la sereine plénitude de leur liberté religieuse-, cette liberté qu aujourd’hui même la plupart des gouvernements chrétiens refusent, au nom des principes du libéi-alisme, à leurs sujets catholiques.

Mais le Juif a posé devant nous -, il s’est peint dans sa parole -, il n’a craint ni de nous ouvrir ni de nous développer son àme; il nous a, de sa main, donné la mesure de ses qualités sociales. Nous nous garderons de l’insulter, de le qualifier, et, simple historien, il nous suffît de poser cette question : Ses plus implacables ennemis sauraient-ils trouver, pour nous décrire son mépris brutal des vérités qui le blessent, sa guerre audacieuse aux vérités mêmes qu’il a reconnues, et son ingratitude envers ses bienfaiteurs, des paroles qui retombent sur sa chair en traits plus aigus et plus cruellement trempés que celles qui viennent de se former dans sa bouche et de se tremper dans sa salive*.

En un mot, le Juif du dix-neuvième siècle, celui qui ne

* Lire le grand Traité de la police, ib., t. I, p. 280, etc. — Id. Rohrbacher. Histoire universelle de l'Eylise, t. XX, p. 330, etc., 185t.

* « Quand le vent du siècle tourne à '.’ineréiliililé, à la persécution de l'Eglise, comme de nos jours, le Juif, oubliant l’oppres,ion -ous laquelle il a vécu si longtemps, et la main généreuse que lui a tendue l’Eglise, devient arrogant, insolent, haim ux; il remplit le monde de ses doléances; il s’associe à toute- les menées hostiles à l’Eglise, et devient par son intolérance révolutionnaire le plu- inconséquent des sectaires. » (Goschler, Juif d’origine, üict. encycl. allemand, suprà, —

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