‹ Le juifChapitre 173 sur 312 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

française s’humilie! Au pilon, au pilori cette loi du dimanche! s’écrie Juda du haut de ses tribunes; car « nos droits les plus inviolables, ceux de notre conscience et de notre libre arbitre comme minorité religieuse, » sont violés si cette loi subsiste ' !

Sommes-nous ou non citoyens français , nous, membres et citoyens de la nation juive? Oui, sans doute! Or, « si les conditions de liberté dans lesquelles vivent les citoyens aujourd’hui sont pleines et entières, comment concilier avec

elles l’existence d’une loi qui est leur vivante négation? » Et que nui ne vienne nous dire : Mais on usera de cette loi a avec toute la mesure et la modération imaginables.... » — Non : a il n’y a là ut transaction ni conciliation possibles. Si on laisse cette loi encore debout, il est permis de dire que les immortels principes qui brillent au frontispice de notre révolution subissent une dérogation, tant sous le rapport de la liberté de conscience que sous celui du principe d’égalité*. »

Tel est le langage de l’homme qui rampait hier a nos pieds. Maintenant, au nom du principe des lois modernes, il faut que la loi chrétienne disparaisse. Le Juif le veut, il l’exige, parce qu’il se prend à y voir une offense h sa loi religieuse, celle même, ne craint-il pas de nous dire, que Dieu lui donna par les mains de Moïse. A nous donc de jeter un coup d’œil sur ce jour de repos chez les Hébreux; à nous de voir si le Juif est en droit de maudire notre législation; h nous de voir ce qu’il ose au milieu de nous, et, d’abord, s’il trouverait bon que le peuple chez lequel il reçoit les bienfaits du droit de cité se permit h son égard ce que lui, Juif, regardait comme un devoir de se permettre dans sa patrie judaïque suit contre l’homme de sa race, soit contre l’hôte accueilli dans la cité de Moïse.

Le septième jour de la semaine, nous dit le législateur

‘ A'ch. israèl., XVI, p. 733, 1867. —/6., XV, p. 717, 1867. - Id., à bas les crucifix dans les tribunaux, ib., XIX, p. 584, 1869.

* AreWt'es israélites, XVI, p. 708-9; 1866.

hébraïque, et nous avons eu soin de le rappeler tout à l’heure, « est le jour du sabbat de ton Dieu. Tu ne feras en ce jour aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils ou ta fille, ni ton serviteur ou tes bêles de service, ni l'étranger (advena) qui sera dans l’enceinte de les villes. Observez mon sabbat, puisqu’il vous doit être saint...; vous travaillerez pendant six jours; mais le septième jour est le sabbat, et le repos consacré au Seigneur. Quiconque (omnis) travaillera ce jourlà, sera puni de mort' .

Peine de mort au travail du septième jour, telle est votre foi, telle est, dites-vous, votre loi, qui « n’est suceptible, — et vous l’ajoutez aujourd’hui même — ni de conversion ni de réforme*. » Et, chez les chrétiens, c'est vous, hommes du talion, c’est vous qui venez crier mort à la loi mourante et si douce dont le texte n’est plus aujourd’hui qu’un monument historique du respect que le public portait hier encore au jour du Seigneur votre Dieu*! Que dire devant ces énormités, si ce n’est que le Juif entend chaque chose à sa façon très-parikuHcre ! Écoutons-le donc nous exprimer dans toute la candeur de son langage ce que doivent être, lorsqu’il ne s’agit que du chrétien, la tolérance et la liberté du culte ;

« On ne se borne pas, en Italie, à pratiquer la liberté des cultes par des faits isolés, sauf à la fouler aux pieds si le caprice ou l’intérêt l’exige; on la proclame hautement; on en constitue la base du gouvernement. Les premières lois que le prince régent a publiées dans les provinces délivrées, ont

* Bible, Exode, xx, 10 ; ib., xxxi, 14-15, etc., etc.

2 Archives Israélites, XVll, p. 801 ; 1867.

3 Ajoutons que le Juif n’observe plus, pour ainsi dire, ni les lois alimentaires, ni la loi du sabbat, ni tant d’autres lois religieu.ses sans l’observation desquelles il n’y a plus de Juif. Voir, en cet ouvrage, l’exemple de la violation donnée par ceux qui devraient veiller à la conservation de ces lois : « Le notnbre des observateurs du sabbat est si miiiimel » Univers Israélite, IV, p. 187, etc.; 1866. — Aussi quelques-uns ont-ils cherché en Israël à imiter l’œuvre, malheureusement si nécessaire chez les chrétiens , de l’observation du jour du Seigneur. Univers israélite, IX, p. 388; 1867. Lire Id., II, 1866; id., p. 68 à 72, etc., etc., etc.

Page 1